Dans le Paris Match du 21 juillet, Pierre Moscovici , déclare « La gauche doit proposer aux Français unsentier de croissance qui permette de créer des emplois et de réduire la dette »
Oui juste un sentier cela suffit, pas un chemin départemental ni une route nationale, encore moins une autoroute, non vous avez bien lu juste un « sentier » de croissance, cela suffira pour créer des emplois en masse et réduire la dette publique vertigineuse.
C’est un énarque ancien ministre aux affaires européennes qui parle, pas un garde forestier qui lui s’y connaît en sentiers et chemins de traverse pour le plaisir et la sauvegarde de l’environnement.
Nous avons les élites dirigeantes que l’on mérite, des rétrécis du ciboulot qui voient petit, crise oblige ? pas sur. On ne peut pas créer du grand, du neuf, du large, on se contentera de petits sentiers.
Cette pathologie de réduction de l’ambition d’ou vient elle ?, essayons quelques pistes d’analyse :
-Le formatage des élites dirigeantes de l’Entreprise et de la chose Publique sur des grands principes de gestion et surtout de prévision, la grande arrogance des économistes, financiers et gestionnaires qui manipulent des tableaux de bord basés sur des indicateurs quasi essentiellement économiques et financiers, ne tenant pas compte de l’état d’esprit ni du bien être des parties prenantes, trop subjectif. Einstein disait « On compte tout, mais ce qui compte n’est pas compté ».
-L’option consumériste « business is good for jobs », cela relève désormais d’une prégnance politique mimant la logique business de la croissance régulière court termiste, d’ou la recherche à la loupe, voir l’incantation pathétique pour la relance par la consommation quitte à saupoudrer des enveloppes de misère sociale (RSA, CMU, PPE, etc).
Les USA viennent de découvrir la non corrélation de l’augmentation du PIB et de la consommation avec la création d’emplois, la crise est plus profonde, elle touche l’ETAT D’ESPRIT et modifie les grands modèles économiques connus.
-La lobotomie intellectuelle de penser aux investissements long terme, de peur qu’ils ne soient plus au pouvoir pour en bénéficier vu la réduction de la durée de leurs mandats sociaux et électoraux.
Cela se retrouve chez les PDG (SAP, BP, HP) qui cherchent à optimiser le court terme pendant leur mandat dont l’éspérance de vie se raccourcit à la moindre crise non économique : Mal être au travail, Négligence et arrogance, Harcèlement sexuel.
Et quand on y ose c’est du petit bras, du saupoudrage de basse cour comme le récent plan d’investissement national, qui arrose beaucoup donc ne plante rien.
Dans les entreprises c’est plutôt la course aux subventions et aides (ex CIR, et les 400 aides régionales, nationales et européennes liées à l’emploi, la R/D et à la formation) qui se substituent à l’investissement en innovation pour le moyen et long terme ;
Un exemple pour illustrer ce qu’il est possible d’envisager ou d’espérer : la CHINE, premier pollueur de la planète vient de planifier l’investissement de 750 milliards de $ pour les énergies renouvelables, afin de créer une filière industrielle intégrée lui permettant d’occuper le terrain des composants, équipements, systèmes et services qui seront nécessaire sur le marché mondial, « l’occasion fait le larron » !
La France mérite beaucoup mieux, elle a connu de grands hommes, des idées universelles, des ambitions industrielles, une grande politique sociale,la voilà ramenée à un projet politique de gestionnaires calqué sur une stratégie de Tableau de Bord,dont on ignore tout sinon sa largeur, sa profondeur, son horizon, un sentier de croissance, pas plus, circulez .
Elle a su faire et donner l’exemple dans le Nucléaire, l’Aerospace, les Télécoms, la Santé, le Luxe, la Distribution, l’Agroalimentaire, le BTP, les Transports, l’Automobile, les Infrastructures, l’Energie, …. Ses rares expériences d’entreprises européennes intégrées sont des succès (EADS par ex), comment réveiller cette fibre industrielle ?
Par la VOLONTE affichée d’une grande politique industrielle sur 30 ans avec nos partenaires européens et l’Allemagne en premier lieu . Entre nos 2 pays il existe près de 1000 structures économiques ou les états sont présents au capital, si on y arrive pour 5% d’entre elles c’est autant de petits EADS et d’AIRBUS en gestation pour attaquer les grands marchés et créer de l’emploi industriel, seule solution à long terme pour redonner du TEMPS à l’économique et rassurer le SOCIAL.
A défaut, comment voulez vous que l’on soit porté par de telles petites idées qui résident dans de si petites têtes ? circulez messieurs les dirigeants d’hier, ou proposez à vos collaborateurs et citoyens des projets ambitieux, motivants qui font SENS, vous y gagnerez l’engagement et la confiance des parties prenantes.