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Accueil du site > Actualités > Economie > La Méditerranée n’est pas loin de l’Atlantique…

La Méditerranée n’est pas loin de l’Atlantique…

A des années lumière de la Grèce, Washington et Wall Street ne se rendent pas (encore) compte qu’une contamination éventuelle de cette maladie, revenant à une simple perte de confiance des investisseurs en la capacité des Etats à rembourser leurs dettes, saperait l’ensemble des efforts et plans de sauvetage mis en place à grands frais ! 

 L’effet de contagion (ou de dominos) est pourtant consubstantiel aux marchés financiers, l’avant dernière conflagration d’importance ayant démarré en 1997 par la décapitation de la quasi totalité des monnaies du Sud-Est Asiatique pour finir en apothéose par l’effondrement d’une institution financière majeure dans le domaine des produits dérivés non sans avoir acculé l’Etat Russe à la banqueroute virtuelle... L’épidémie suivante ayant quant à elle été inaugurée une décennie plus tard par une liquéfaction du marché immobilier Américain ayant très rapidement infecté le marché du crédit mondial, vital pour l’activité économique, tout en décimant les Bourses du monde dit "développé" !

Aujourd’hui, notre système financier, mortellement touché par cette dernière crise, est toutefois maintenu sous respiration artificielle grâce à des analgésiques qui, loin de soigner le mal, ne font que calmer les douleurs en remettant à une date ultérieure la résolution de questions cruciales. Cependant, le problème est que cet acharnement thérapeutique n’a été rendu possible que du fait d’endettements Etatiques exponentiels ayant bénéficié de la complaisance d’investisseurs et de spéculateurs ayant jusque là joué le jeu de se porter acquéreurs de ces papiers valeurs émis par les Trésors respectifs de ces Etats avides de déficits.

Que se passe-t-il aujourd’hui en Grèce : ces mêmes investisseurs ont-ils subitement pris conscience de cette manière absurde et superficielle de relancer une activité économique ou commencent-ils prosaïquement à gagner moins d’argent sur ces opérations obligataires ? Toujours est-il que le marché de la dette souveraine se retrouve actuellement et au niveau mondial sur un siège éjectable, les festivités ayant été lancées par la Grèce qui a dû monter ses taux d’intérêts de plus de 60% en quatre mois (de 4.40 à environ 7.15%) afin de pouvoir continuer à se financer !

Dans cette course effrénée et sans merci que se livrent ces Etats assoiffés de liquidités, les Bons du Trésor Américain ont jusqu’à présent, - et grâce à la sollicitude chinoise - constitué une valeur refuge par excellence ayant conduit les investisseurs Asiatiques (et du reste du monde) à être même disposés à payer une surprime afin de s’en procurer. Pourtant, ce même mal qui touche aujourd’hui la Grèce (et demain d’autres pays Européens) fait des ravages aux Etats-Unis dont les déficits, autrement plus graves que les chiffres grecs, sont de l’ordre de 1’400 milliards de dollars pour 2009 et pour 2010.

Les Etats-Unis n’ont-ils pas grossièrement éludé jusqu’à présent, ignorant princièrement l’impact potentiellement ravageur de leurs déficits monstrueux sur la confiance des investisseurs et sur leur bon vouloir de continuer à financer le train de vie Américain ? Pourquoi cette vague en provenance de Grèce ne se transformerait-elle pas en tsunami inondant les Etats-Unis ?

Un effondrement obligataire, pouvant survenir du jour au lendemain, aurait des conséquences désastreuses sur une économie déjà chancelante via l’augmentation des coûts de financement des crédits immobiliers et à la consommation qui devraient suivre une logique envolée des taux des Bons du Trésor US... Difficile, voire impossible, d’imaginer des coûts de financement Américains en hausse de 60% !
 

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9 réactions à cet article    


  • Yvance77 10 février 2010 10:50

    Bonjour,

    Bon petit post comme souvent.

    La ou la raison la plus simple serait de mettre fin au regime speculatis et de revenir aux fondamentaux c’est a dire « l’investissement » , et bien non ils font comme si de rien n’etait.

    A desesperer

    A peluche


    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 10 février 2010 15:23

      La bonne question à poser est : est il normal que les Etats puissent s’endetter ?

      On devrait interdire aux Etats de s’endetter !


      • Francis48 10 février 2010 17:06

        Bonjour et surtout merci pour la qualité de vos écrits que je parcour avec beaucoup d’intérêt .
        Par contre en ce qui concerne votre article j’ai eu un petit sourire en vous lisant car si dans l’absolu votre vision est juste je me demande si vous croyez vous même à ce que vous dites.
        Les états unis ne sont pas un pays quelconque loin de là et leur façon de réagir dans le passé laisse entrevoir facilement leur réaction face à un problème majeur.
        Pour exemple il me vient à l’esprit la guerre du Koweit dont vous ne pouvez pas en ignorer les véritables enjeux.
        D’autres part les bruits de conflits entre la chine et les états unis n’ont pas du vous échapper non plus.......
        Bref votre article en tant qu’exercice de style voire en tant que sonnette d’alarme pour la France me plaît bien mais je doute fort qu’il soit visionnaire.......ni réaliste.

        Cordialement
        Francis


        • Michel Santi Michel Santi 10 février 2010 19:05

          Je comprends bien votre point de vue mais c’est en dénonçant inlassablement les Empires que l’on se met en accord avec sa conscience ... faute de mieux en effet.


        • Francis48 10 février 2010 20:16

          C’est un point de vue que je respecte car il est difficile de luter contre ce sentiment d’impuissance qui nous envahi au fur et à mesure que l’on découvre les manœuvres déloyales de certains gouvernements.

          Cela ne date pas d’hier et cela continuera demain hélas car l’explication de tous ces problèmes économique et politique résident avant tout en nous même.

          C’est dans la nature humaine qu’il faut en chercher les causes premières.

          D’ici quelques jours je posterai un petit topo ou je citerai de longs passages du livre d’Alexis Carrel : l’homme cet inconnu et j’espère que vous prendrez le temps de le parcourir pour me donner votre point de vue voire même l’enrichir de votre analyse.

           

          Cordialement

          Francis

           


          • BA 10 février 2010 21:57

            D’après le Fonds Monétaire International, en 2014, quelle sera la dette publique par rapport au PIB  ?

            La dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB.

            La dette publique de la France sera de 95,5 % du PIB.

            La dette publique du Royaume-Uni sera de 99,7 % du PIB.

            La dette publique de la Belgique sera de 111,1 % du PIB.

            La dette publique des Etats-Unis sera de 112 % du PIB.

            La dette publique de l’Italie sera de 132,2 % du PIB.

            La dette publique de la Grèce sera de 133,7 % du PIB.

            La dette publique de l’Islande sera de 134,1 % du PIB.

            La dette publique du Japon sera de 239,2 % du PIB.

            C’est à la page 30  :

            http://www.imf.org/external/pubs/ft/spn/2009/spn0921.pdf

            Ce n’est plus de l’endettement.

            C’est de l’hyper-endettement.

            Conclusion : aujourd’hui, certains pays ont l’air invulnérables. Tout le monde croit qu’ils sont solides. Mais en réalité, ces pays se déclareront en défaut de paiement, eux-aussi.


            • ddacoudre ddacoudre 10 février 2010 22:20

              bonjour ba

              la seule question est de savoir qui ça va ruiner, ce sera peut-être une bonne occasion pour que les état donc les peuples reprennent leur pouvoir d’émettre de la monnaie..

              car quand l’on dispose des hommes des technologie des biens ,quand nous disposons de l’abondance où est le problème. peut-être dans nos relations humaines.

              cordialement.


            • ddacoudre ddacoudre 10 février 2010 22:14

              bonjour michel

              Durant ces plus de trente dernières années l’augmentation de la part du capital par rapport à celle du travail a accru, et est parti à la recherche de placements financiers à haut rendement.

              Je ne crois pas aux crises, lorsque tous les ans on est en crise soit c’est une erreur de diagnostic soit c’est une maladie de longue durée. La dette n’est pas pour un État une difficulté majeure si elle dispose d’une puissance productive efficace et d’une bonne capacité innovation et de recherche. Ce sont là trois facteurs qui enracinent la confiance et font accepter les déconvenues prévisibles. Cela ne veut pas dire qu’il n’en résulte pas des conséquences, quand c’est la capacité de remboursement de la dette. qui sert de référence sur des critères que les préteurs ont établi.

               les États prendront les mesures pour en compenser les incidences et prendront des mesures pour diriger les capitaux disponibles vers des investissements productifs en se soumettant aux placements spéculatifs. sauf que cela, ce sont les citoyens qui paient par l’austérité

              La spéculation si elle est humaine car dépendante de notre nature qui rechercher toujours la facilité, est la plaie du système capitaliste même si l’on peut comprendre que c’est par ce truchement que se font et défont des richesses assurant ainsi le renouvèlement des personnes à l’exception des quelques spécialistes qui réalisent leur plus valus toujours aux bons moments.

              Je ne crois pas que la solution viendra de notre raison il nous est impossible de quitter notre mode de vie comme un croyant son symbole.

              Pourtant ce que j’espère « irraisonnablement » c’est une lucidité des citoyens devant seulement un système.

              S’assurer une durabilité d’un système libéral n’a pas que des défauts, sauf à ne pas vouloir comprendre qu’il y a un seuil ou la richesse ne sert à rien, si elle n‘a pas une utilité communautaire, hormis satisfaire son ego.

              Cela, d’autant plus que la "souveraineté du peuple" a le pouvoir de dessaisir tout particulier de sa richesse, mais ce n’est pas tant cela qui est important.

              C’est surtout, que l’évolution de notre civilisation s’est construite sur la technologie.

              Cette technologie se manifeste aujourd’hui par la puissance de cerveaux qui ne sont pas les nôtres, les ordinateurs, et il y a un danger à leur confier notre existence, si leur puissance ne peut-être comprise de ceux qui y sont soumis, si le moindre incident les pousse à la panique et à la paranoïa, si les hommes ne peuvent pas comprendre leur destin au moyen de leur être sensible.

              Ceci n’est pas en contradiction avec le fait que toute notre activité sociale ou/et notre univers puissent être traduis en langage mathématique, il n’est d’aucune vérité il sert comme tu l’expliques aux puissances et aux seigneurs de s’opposer via la monaie, pendant que les populations se rendent aux jeux du cirque dont elles sont les acteurs.

              je ne crois pas à des solution immédiate sauf si la population se révolte se qui me surprendrais au plus haut point.

              cordialement


              • Francis48 10 février 2010 22:34

                Si ce scénario se révèle exact et hélas il y à de fortes chances pour que certains chiffres soient inférieur à la réalité, je crains le pire.
                Il n’y a pas de pays invulnérables et l’histoire des civilisations le démontre mais ce que l’histoire recente nous apprend également c’est que certains pays ne reculent devant aucune bassesses pour faire reculer l’échéance.
                Mais le véritable danger ne réside pas dans la dette puisque un état ne peut être en fallite
                mais dans la montée en puissance de la chine qui commence à vouloir faire entendre sa voie sur le plan international et surtout qui commence à faire de l’ombre aux états unis.
                Je me souviens de ce qui est arrivé au Koweit lorsque celui ci avait menacé les états unis de retirer tous leurs capitaux du marché américain....( bien peu de gens savaient q’à lépoque le Koweit par le biais de ses placement détenait un tiers de l’économie MONDIALE) .On connait la suite.......

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