• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Environnement > Les ours et les gens, une nouvelle manipulation de l’ASPAP

Les ours et les gens, une nouvelle manipulation de l’ASPAP

Le Parc national du Canada des Lac-Waterton a publié une brochure d’information aux visiteurs intitulée "Les ours et les gens", un guide sur la sécurité et la conservation sur les sentiers. La buvette avait publié cette brochure le 10 novembre 2007 parce qu’elle reprenait les "bons conseils" que les canadiens sont habilités à nous donner en cas de rencontre avec un ours. C’est en effet plus courant chez eux que chez nous. Dernièrement, l’ASPAP (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège-Pyrénées) l’a publiée aussi. Bien me dis-je, ils désirent éviter les ennuis et conseillers les promeneurs. Mais non, leur but est différent...

"La liste des recommandations appelle de nombreuses questions : les habitants des Pyrénées doivent t-ils au quotidien se soumettre aux mêmes règles de sécurité ? Nous invitons tous les vacanciers et amoureux des Pyrénées à consulter ce document, et à nous donner leur sentiment par mail ([email protected]), à la fois sur ce que vous attendez de votre séjour dans les Pyrénées, sur ce que vous inspire une rencontre potentielle avec l’ours." Le but est clair, à nouveau rependre la peur et la diffuser. Un appel à l’aide aux peureux.

On y voit 2 photos d’un sentier, prises à quelques heures d’intervalle par un appareil fixé à un arbre. Premier passage : un promeneur et son chien, deuxième passage : une ourse et un ourson de probablement deux ans.

Omissions de l’ASPAP

Par contre l’ASPAP ne reprend pas le contenu complet de cette brochure. Certains textes dérangent. Passons en revue les extraits que l’ASPAP ne publie pas :

  • Dans le titre : "un guide sur la sécurité et la conservation sur les sentiers" : eux préfèrent parler du danger de l’ours et la conservation de l’ours n’est même pas le dernier de leur soucis, c’est ce qu’ils combattent. On gomme.
  • Dans le sous-titre : "Votre comportement influera sur la survie des animaux sauvages". Inutile d’expliquer. L’ASPAP n’a pas envie d’influer positivement sur la survie des ours qui sont responsables, malgré leur antériorité historique, de "l’ensauvagement" des Pyrénées.

Au printemps, dans les villages

"Après l’hibernation, les ours émergent de leur tanière émaciés, et les sources de nourriture sont encore rares. La neige recouvrant encore les hauts sommets, les ours se rassemblent dans le fond des vallées pour trouver des pousses printanières. Les grizzlis optent pour les pentes avalancheuses ensoleillées et exposées pour y extraire avec leurs griffes des racines et des bulbes. Avec un peu de chance, ils y trouveront peut-être la carcasse d’un animal qui a succombé aux rigueurs de l’hiver...un regain d’énergie crucial, surtout pour les femelles qui viennent de mettre bas."

En France, il n’est pas "pastoralement" correct d’avaliser la normalité de la descente des ours dans les vallées pour chercher de la nourriture. C’est un comportement déviant des ours importés pour les adeptes de la biodiversité à visage humain. On a plutôt droit à « Quelles dispositions l’Etat envisage t-il de prendre pour que ces fauves soient cantonnés loin des villages, dans des zones plus appropriées à leur présence afin que de restituer aux zones habitées leur quiétude. » [Lettre de Yvon Saint-Martin, maire de Saint-Mamet, Henri Denard, conseiller général du canton de Bagnères-de-Luchon et Francis Ader, président de l’association de défense de l’identité pyrénéenne au sous-préfet. La Dépêche].

Magali Boniface : "Aujourd’hui, les équipes de suivi de l’ours courent dans la montagne pour tenter d’empêcher les ours de rentrer dans les villages. Nous mettons l’Etat en face de ses responsabilités." (Dans Libé Toulouse).On efface.

Le territoire de l’ours

"Les mâles se mettent à la recherche d’une compagne. Parfois, il leur faut parcourir de très grandes distances. Pour trouver de la nourriture et une compagne, les mâles ont parfois besoin d’un territoire de la superficie du Grand Vancouver." Il n’est pas bon de dire que l’ours ne peut pas être cantonné dans un parc. On oublie ce passage. Magali Boniface aborde le territoire de l’ours : "Si on travaille sur l’idée de créer une réserve pour les ours, nous sommes d’accord. Nous sommes prêts à y contribuer et à amener notre expertise. Dans cette perspective, nous travaillons sur un cahier des charges. Et nous sommes prêts à aller plus loin avec l’Etat. C’est le seul interlocuteur que nous reconnaissons." (Dans Libé Toulouse).

Les ours se défendent

"Les femelles sont des mères dévouées. Ici, dans les Rocheuses, les oursons grizzlis peuvent demeurer avec leur mère pendant cinq ans, période pendant laquelle ils apprennent à survivre en montagne. Les femelles défendent farouchement leur progéniture contre les mâles dominants et les autres menaces."

Mais non, messieurs les canadiens, en France, les ours bruns sont différents. Les femelles attaquent les chasseurs, voyez dans le Val d’Aran : "Cette attaque sans précédent l’amènera-t-elle l’Etat à reconnaître que les Pyrénées ne sont pas un vaste parc animalier, mais un territoire très fréquenté, ouvert, support d’activités économiques, agricoles, touristiques et de loisirs ? "(Site de l’ASPAP) et les mâles ont une force impressionnante, une détermination et un instinct de tuer, pas comme vos tapettes de grizzly. Informez-vous sur le site de l’ASPAP : "Attaque "infanticide" d’un ours mâle sur trois oursons dans les Asturies. Des images rares d’un évènement qui l’est moins, étonnamment bien moins médiatisé que les naissances ou les lâchers d’ours. La force impressionnante, la détermination et l’instinct tueur de l’ours brun ne seraient-ils pas bons pour l’image édulcorée et idéalisée du plantigrade ? Des images exceptionnelles dont la violence déchaîne les passions." Tremblez montagnards et touristes, ils descendent dans les villages, devant les écoles. Que vont devenir nos d’activités économiques, agricoles, touristiques et de loisirs ? Tout le monde fuit les Pyrénées à cause de ces ours différents de nos bons, chers, et placides ours herbivores disparus. On n’en parle pas.

Régime alimentaire automnal

"Les ours doivent absorber jusqu’à 35 000 calories par jour. Les ours à la recherche de nourriture se fraient un chemin en creusant, en poussant, en frottant et en arrachant ce qui se trouve sur leur passage. Ils laissent dans leur sillage d’importants indices....de gros trous creusés dans (la terre spermophiles et racines), des pierres et des troncs d’arbre retournés (insectes) et des arbustes complètement dénudés de leurs feuilles et de leurs fruits (jusqu’à 250 000 baies par jour, en saison). Que ce soit dans les clairières longeant la forêt, sur les sentiers, le long des routes ou dans les campings, qu’il fasse jour ou qu’il fasse nuit, peu importe : l’essentiel, c’est de se nourrir."

Vous rigolez ou quoi ? Au Canada, oui, pas en France ! Ecoutez Laurent Fabius (ministre d’Etat) : « J’ai toujours été frappé par le fait qu’on avait, importé des ours qui étaient carnivores alors qu’il existe des espèces d’ours brun qui sont herbivores et donc je trouve que là on est dans une absurdité totale ! » et l’ASPAP d’enchaîner : « En Slovénie, on entretient constamment 8 places de nourrissage (une pour 5000 ha en moyenne), (...) au total : 80 tonnes de charogne et 35 de maïs par an (...) Le nourrissage des ours bruns est une des activités régulières dans les méthodes de conservation des ours bruns en République de Slovénie. »

Pour l’ASPAP, habitués à la viande rouge saignante, les ours importés, sélectionnés sur base de leurs mauvais comportements (les slovènes exporteraient leurs ours voyous, comme à Cayenne !), deviendraient carnivores et se jetteraient sur les pauvres brebis non gardées et ... bientôt sur les hommes ! Voyez Hvala qui a sauvagement attaqué sans raison un pauvre chasseur avec de petits chiens ! « L’ours, c’est connu, n’attaque les humains que dans les fantasmes des associations refusant l’ensauvagement du massif qu’elles font vivre, les Pyrénées. » Tremblez montagnards et touristes, vous allez passer à la casserole. Hvala a besoin de calories. Inutile de reprendre cette partie.

Naissances en hiver

"Les ourses mettent bas au milieu de l’hiver....à condition d’être assez grasses. Les femelles de l’ours noir et du grizzli sont toutes deux capables d’implantation différée, c’est-à-dire que l’oeuf fécondé ne s’attache à la paroi de l’utérus que si la femelle a suffisamment de réserves de graisse pour allaiter ses petits. Minuscules et aveugles, les oursons (il y en a habituellement deux) naissent dans le confort d’une tanière sûre, où ils se nourrissent du lait riche de la maman qui dort."

Allez, allez, amis canadiens, pas de sentimentalisme avec ces sales bêtes. Les oursons sont des futurs monstres qui sont responsables de l’ensauvagement de nos belles montagnes sculptées par des décennies de pastoralisme. On a très bien compris la reproduction des ourses. C’est même pour cette raison que nous traquons Hvala. Sans doute gestante, nous nous efforçons de l’obliger à puiser dans ses réserves de graisse. Nous la poursuivons avec un hélicoptère ! Poursuivie, elle ne peut se nourrir ! Si on l’attrape, hop ! On la met dans un "parc", comme à Borce, si on n’y parvient pas, avec un peu de chance sa graisse aura fondu, et deux oursons de moins pour l’année prochaine, deux ! Pas con hein le gouverneur Francès Boya, député du parlement de Catalogne. Faudra penser à lui envoyer de quoi remplir son congélateur avec du Barèges-Gavarnie AOC ! Pas d’anthropomorphisme, on néglige ce passage.

La survie de l’espèce

Les ours peuvent vivre 25 ans à l’état sauvage. Malheureusement, sous l’action de l’être humain, un grand nombre d’entre eux meurent bien avant cet âge, réduisant ainsi les chances de perpétuation de l’espèce. Pour qu’une population puisse assurer sa survie, les naissances doivent contrebalancer les mortalités. Or, le grizzli a l’un des taux de reproduction les plus faibles de toutes les espèces de mammifères de l’Amérique du Nord.

Impossible qu’ils sont les cousins ! "Sous l’action de l’être humain, un grand nombre d’entre eux meurent bien avant cet âge" alors que nous crions sur tous les toits que si Palouma est tombée d’une falaise, la maladroite, que si Franska s’est payée une voiture, que si Boutxy "percute un minibus", que si Balou prend un pet, c’est parce que les ours "estrangers" ne sont pas adaptés aux Pyrénées qui elles, d’ailleurs ne sont plus adaptées aux ours, pleines d’éleveurs et d’agriculteurs qui entretiennent la biodiversité à visage humain et sculptent la montagne propre à grand renfort de feux pastoraux. Ils l’a font vivre avec un pastoralisme vivant, rentable et source d’emploi nombreux et durables. Faut tout leur dire à ces mangeurs de poutine ! Pas question, on gomme à nouveau.

L’habitat d’aujourd’hui : une course à obstacles

"Pendant des millions d’années, l’ours noir et le grizzli se sont progressivement adaptés à leur habitat. Ils sont pourvus d’une intelligence qui leur donne une chance raisonnable de survivre dans ce milieu. Mais les temps changent. Rapidement. Croissance démographique, prolifération des lieux aménagés, activités d’extraction des ressources et activités récréatives... les espaces sauvages sont envahis de toutes parts.

Plus que jamais, les ours ont besoin de l’habitat des parcs nationaux des Rocheuses. Mais leur territoire ressemble aujourd’hui à une course à obstacles. Pour comprendre les difficultés que doivent rencontrer les ours, imaginez-vous en plein coeur de l’été, en train d’errer dans les parcs nationaux de montagne : vous devez tenter d’éviter les foules qui s’assemblent partout sur votre chemin ...dans les villes, dans les campings, sur la route, sur la voie ferrée, sur les sentiers... mais vous devez quand même trouver le moyen d’obtenir suffisamment de nourriture pour survivre.

L’air des montagnes est pour l’ours une carte géographique invisible, qu’il lit avec habileté. Doté d’un puissant sens de l’odorat, il parcourt son territoire en se laissant guider par l’odeur de la nourriture et en s’éloignant des dangers qui se présentent sur sa route."

Non, pas bon, pas bon ! Il ne faut pas faire passer les ours pour des animaux aux capacités d’adaptation élevées. On s’efforce de faire croire aux français le contraire, qu’ils viennent d’un pays plat et qu’ils sont juste bon à faire les poubelles dans les villages.

On est parvenu à avoir un parc sans ours et des ours sans parc ! Merci Jean ! On taille des routes, on exploite la forêt, nos chasseurs ne les lâchent pas, toujours sur leur dos, près des tanières, dans les lieux de repos, avec des chiens. Mon Dieu, ça à l’air encore pire chez vous : dans les villes, les campings et les parcs ! Que Saint-Augustin nous en préserve ! Dès qu’ils s’approchent des fermes, on gueule déjà ! On oublie aussi, heureusement que vous aviez écrit avant un texte que l’on peut récupérer pour foutre la frousse à ces emmerdeurs de touristes citadins !

Qu’arrive-t-il lorsqu’un ours rencontre des êtres humains ?

"Deux choix et un moyen d’adaptation s’offrent à l’ours. Il peut modifier son parcours ou abandonner carrément le secteur, ce qui le prive d’un habitat important. Il peut se montrer agressif : il n’adopte généralement ce comportement que lorsqu’il est surpris de près et qu’il se sent menacé."

Non, ils sont agressifs bien plus souvent que cela ! Ils vont croire que si Hvala a attaqué, c’est à cause du comportement des chasseurs. Des chasseurs qui lâchent les chiens sur l’ours qui se repose, ce n’est pas grave quand même ? En France, c’est la norme en tout cas. On passe

"Lorsqu’il y a affrontement grave, l’unique solution consiste parfois à éliminer la bête, ce qui représente une perte pour l’écosystème."

Ca c’est bon, enfin, le début de la phrase. La fin là, sur l’écosystème, c’est dépassé. Nous on a progressé, on parle de biodiversité à visage humain, d’entretien de la montagne et de sauvegarde des espèces domestiques menacées, de pastoralisme durable/ Pouvez pas comprendre, fait trop froid chez vous pour avoir des brebis.

"Il s’accoutume : à force de rencontrer des humains, l’ours en vient à perdre sa crainte naturelle et se montre de plus en plus audacieux. Il est alors beaucoup plus susceptible de s’introduire dans un camping ou dans des lieux habités, là où il a le plus de chances de trouver de la nourriture ou des déchets qui traînent. Diverses études révèlent que les grizzlis ainsi dénaturés sont trois fois plus susceptibles de mourir de causes liées à l’activité humaine."

Ah enfin, vous commencez à comprendre. Chez nous on en est là ! Si Hvala s’est retrouvé face à face avec ce "Pobre Luis" c’est parce qu’elle n’a plus peur de l’homme, ni des gentils chiens. La preuve ? Au lieu de s’enfuir face au chiens de chasse, elle a fait face et à mis une raclée au "pobre Luis". Quelle agressivité, quel manque de respect des activités humaines ! C’est une dénaturée ! Bruno, Bruno, un nouvel adjectif à utiliser : dénaturée, cela changera de "ours à problèmes". Merci les gars, merci.

"Si encore il n’y avait qu’une seule menace. Les effets cumulatifs de l’activité humaine sur les ours :

  • Construction de maisons et de centres de villégiature
  • Enlèvement et élimination des ours dénaturés
  • Collisions sur les routes et la voie ferrée
  • Croissance démographique
  • Extraction des ressources
  • Abattage du bois d’oeuvre
  • Construction de routes
  • Activités récréatives
  • Braconnage
  • Chasse"

Ah, vous voyez, vous aussi vous avez des "montagnes vivantes" ! Ah non, merde, on ne peut pas l’utiliser. On dit partout que les Pyrénées n’ont plus de grands espaces sauvages comme au Canada, que "les Pyrénées ne sont pas un vaste parc animalier, mais un territoire très fréquenté, ouvert, support d’activités économiques, agricoles, touristiques et de loisirs". Si c’est la même chose chez vous, alors notre argument ne tient plus. On passe.

"Vos décisions sont importantes. Il suffit de trois secondes pour envisager les répercussions de vos actes sur les ours et pour faire un choix qui contribue à protéger l’espèce. "

Là les cousins, vous êtes lourds à la fin : l’ASPAP NE DESIRE PAS PROTEGER l’espèce Ursus arctos. D’ailleurs les ours de chez nous sont des étrangers maintenant. N’allez surtout pas faire croire que tous les ours bruns sont de la même espèce. Les nôtres Môôssieurs sont des ours gaulois, petits, clairs, végétariens, calmes... enfin étaient, René M. a flingué la dernière femelle, merci René. As-tu un congélateur ? Faut trier, faut trier, ils disent n’importe quoi les Canadiens, ils n’y connaissent rien aux ours brun. Hein Magali ?

Magali Boniface "Nous sommes prêts à amener notre expertise. Dans cette perspective, nous travaillons sur un cahier des charges. Et nous sommes prêts à aller plus loin avec l’Etat. C’est le seul interlocuteur que nous reconnaissons." Ah l’expertise ours des ultrapastoraux, une expertise ours à la Sarah Palin !

Consultez le texte intégral de cette brochure qui est téléchargeable en pdf et consultez la version expurgée de "ce qui gêne" l’ASPAP sur leur site. Lamentable manipulation de l’ASPAP.


Moyenne des avis sur cet article :  4.27/5   (11 votes)




Réagissez à l'article

2 réactions à cet article    


  • porat 8 novembre 2008 10:07

    Bravo pour ce véritable travail de journaliste qui va chercher l’info, au-delà du superficiel et des faux semblants.
    J’espère que la décision sera prise de continuer le renforcement de la population ursine ainsi qu’une véritable protection de son milieu naturel.


    • PUCK 9 novembre 2008 22:50

      Savez vous ce qu’est devenu Balou ?

      Plus de nouvelles depuis qu’il a disparu après avoir été blessé par un chasseur .

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès