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Le déni de guerre

Par ces temps d’austérité les budgets militaires sont étrangement préservés en France, en Grèce également…

Avant tout débat budgétaire pour 2011 pour mardi prochain des « lettres plafonds » signée par Matignon sont envoyés aux Ministères ce qui fait que l’on sait les grandes orientations.

 Les « lettres plafonds » signées par Matignon, sont un document qui synthétise les crédits qui seront alloués de 2011 à 2013 au différents ministères. Dès mardi, le débat d’orientation budgétaire (DOB) commencera à l’Assemblée nationale, avant d’arriver jeudi au Sénat. Ce débat sera l’occasion pour le gouvernement de détailler sa stratégie de réduction des déficits publics de 8 % du PIB cette année, à 3 % en 2013, ce qui représente 100 milliards d’euros d’économies. Pour la première fois, ce débat sera suivi d’un vote. Le cadrage général est connu : de 2011 à 2013, les dépenses de l’État seront maintenues, en euros, au même niveau qu’en 2010, hors charges de la dette et des pensions de retraite. Comme par ailleurs les transferts en faveur de l’Union européenne augmenteront, les dépenses des ministères devront, en réalité, diminuer de 0,2 % chaque année. Mais le budget de la défense lui augmente de 3,1%.

1. En France le budget de la défense augmente de 3,1%

Trois missions échapperont à l’amputation que devront en général subir les autres ministères en particulier la santé, l’éducation, la culture, etc… : la Défense, l’Enseignement supérieur et la Recherche, et l’Aide publique au développement. L’arbitrage sur la Défense a été rendu la semaine passée par l’Élysée. La hausse des dépenses de 3,1 % en valeur de 2011 à 2013 permettra d’éviter des coupes dans les programmes d’équipement militaire en cours, même si les effectifs baisseront.Car ce qu’il faut bien considérer c’est qu’en dehors de l’Afghanistan où on envoie encore des troupes, les crédits seront de plus en plus affectés à s’équiper, à installer des bases, à augmenter les mégatonnes nucléaires aussi bien sur rafales que dans les sous marins.

Le débat budgétaire serait une excellente occasion de poser la question de la guerre en Afghanistan dont le coût ne cesse d’augmenter comme d’ailleurs d’interroger sur l’utilité de la base et sur la politique suivie dans le cadre de l’OTAN en vue d’une attaque de l’Iran. La France en 2009 a consacré à l’Afghanistan au moins 330 millions en 2009 (+40%). Le coût réel de toutes les opérations militaires de la France à l’étranger atteint 1,336 milliard d’euros qui n’est pas le budget total de l’armée mais simplement celui de nos expéditions militaires. Cette hausse de 40% s’explique par le fait qu’en 2008La France a décidé d’envoyer un millier d’hommes en renforts en Afghanistan. Coût supplémentaire : 150 à 200 millions, pour une facture totale de 300 millions d’euros en 2008. Qui osera mettre en cause dans « ces temps de péril » le budget de la défense ? Quel pèrils ? Qui nous menace en Afghanistan ? En iran ? Mais voyons c’est un enjeu de civilisation, les hordes islamistes contre les juifs, la deuxième guerre mondiale, l’hitlérisme et le communisme unis contre nos foyers européens et chrétiens… ne vous en occupez pas, on règle pour vous… Faites de l’altermondialisme, de la solidarité humanitaire, augmentez les rangs de l’extrême-droite… D’ailleurs les questions internationales n’intéressent pas les Français…

 Ce qu’il faut également bien comprendre face à une telle annonce c’est que des budgets comme celui de la recherche et l’aide publique au développement ne sont en rien comparables à celui de la défense et donc la hausse des dépenses de 3,1% dans ces temps de « rigueur » est vraiment le plus caractéristique, surtout qu’il correspond à une tendance mondiale -malgré la crise, les dépenses dans le monde consacrées à l’armement ne cessent d’augmenter. Le cas le plus extraordinaire est celui de la Grèce que nous analysons après celui de la France.

2.La contribution française à l’Europe augmente pour payer les agents européens alors que nous supprimons des fonctionnaires et bloquons leurs salaires.

Alors que pour bien mesurer la situation ce sont bien 100.000 postes de fonctionnaires qui seront supprimés entre 2011 et 2013. Rien que l’an prochain, 16.000 emplois disparaîtront à l’Éducation nationale.Grâce à cette coupe dans les effectifs, l’État économisera 1,5 milliard d’euros sur trois ans. Par ailleurs, le point d’indice, base de calcul des salaires des fonctionnaires, sera gelé en 2011.

Cette coupe sombre tant dans les postes que dans les salaires est d’autant plus remarquable que comme nous l’avons vu la contribution de la France à l’Union européenne va augmenter, notamment pour financer la rémunération des agents européens de 6%. Mais ce n’est là que la cerise sur le gâteau d’une augmentation plus globale de la contribution française.

Mais cela ne suffira pas. Les dépenses de fonctionnement de l’État diminueront également de 10 % en trois ans, soit un peu plus d’un milliard d’économies. Là encore il faut noter que le gros de la baisse touche les 10 % des dépenses d’intervention (66 milliards d’euros au total) c’est-à-dire les aides sociales et les subventions.

3.Mais pour bien comprendre la situation européenne, il faut également s’intéresser à ce qui se passe en Grèce, le pays sous tutelle pour dépenses pléthoriques.

Le plan d’austérité de l’UE et du FMI impose aux Grecs de consentir d’importants sacrifices en matière de revenus et d’accepter un alourdissement de la fiscalité sur la consommation. En revanche, le budget militaire grec semble étrangement préservé de la cure.

Et pourtant, il est le plus élevé de l’UE (autour de 6 milliards d’euro) et le deuxième de l’OTAN si on le rapporte au PIB : 3% du PIB en 2008 contre 1,7% de moyenne dans les autres pays de l’alliance.

On entretient depuis toujours en Grèce l’idée de la menace turque favorisées il est vrai par des incursions quotidiennes des turcs tant navales qu’aériennes, situation totalement extraordinaire puisque les deux pays sont dans l’OTAN. Et que donc théoriquement ils se doivent aide mutuelle en cas d’attaque extérieure.

On constate des diminutions des dépenses de fonctionnement et des effectifs mais sans commune mesure avec les coupes drastiques partout ailleurs, mais il faut que l’équipement se poursuive ne serait-ce que pour encourager les Turcs à en faire autant disent cyniquement les marchands d’armes. En effet comment expliquer que ces dépenses pléthoriques aient échappé au contrôle tatillon de l’Allemagne dont les tabloïdes invitaient récemment les Grecs à vendre quelques cyclades. Parce que, le maintien du budget militaire grec arrange la France et l’Allemagne. Selon le député apparenté communiste Jean-Pierre Brard, la Grèce représenterait une part de 13% de l’industrie allemande d’armement.Et là il est clair que les industries de l’armement français et allemands jouent depuis des années à exaspérer les tensions entre grecs et turcs pour leur vendre alternativement des armes. D’où le fait que l’Allemagne et la France, principaux banquiers de la dette grecque ont pesé pour une austérité drastique sauf sur l’armement.

4.Replacer ces dépenses dans un contexte mondial :

Le dernier rapport annuel de l’Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (Sipri), publié le 8 juin 2009, indique que les dépenses militaires mondiales ont atteint un record en 2008 et tout laisse à penser que 2009 aura été également une année faste, 2010 s’annonce pleine de promesse.

Ainsi, les budgets militaires ont été estimés à 1.464 milliards de dollars, ce qui fait une progression de 45% en dix ans, et de 4% par rapport à 2007, à prix constants. Selon le Sipri, cela représente 2,4% de la richesse mondiale et 217 dollars par habitant. Par rapport à 2007, la hausse est de 4% à prix constant.

Près de 41% de ces dépenses militaires sont le fait des Etats-Unis, qui arrivent largement en tête du classement des pays les plus dépensiers en la matière puisque leur budget est supérieur à ceux des 14 autres principaux pays. Le budget de la défense américain a progressé de 67%, à prix courants, depuis 1999, pour s’établir à 607 milliards de dollars en 2008. La raison principale est l’engagement de Washington dans deux conflits, à savoir l’Afghanistan et l’Irak, qui, selon Sam Perlo-Freeman, un analyste du Sirpri, « ont coûté 903 milliards de dollars de dépenses militaires supplémentaires pour les seuls Etats-Unis ».

La France est traditionnellement le troisième pays le plus dépensier derrière la Grande-Bretagne avec 53 milliards de dollars, soit 5% des dépenses totales. cela dit ces derniers temps vu le bellicisme otanesque la Chine et la Russie ont fourni de gros efforts et le peloton de tête a peut-être un peu évolué, mais que l’on se rassure la France reste dans le peloton de tête.

L’institut suédois établit également un classement des industriels de l’armement en fonction de leurs ventes pour l’année 2007. Ainsi, Boeing arrive en tête, avec des ventes estimées à 30,5 milliards. Sur les dix premières sociétés classées, six sont américaines (Lockheed-Martin, Northrop Grumman, General Dynamics, Raytheon et L-3 Communications). Ces entreprises ont évidemment profité des augmentations successives des budgets alloués au Pentagone. Le premier industriel européen du secteur est britannique : BAE Systems, bien implanté aux Etats-Unis, arrive à la seconde place. Le spécialiste de l’électronique de défense français, Thales, se situe dixième.On sait les liens étroits qui unissent Thales et Dassault.

Peut-être que l’on commence à comprendre pourquoi notre belle France vit un tel déni de guerre… C’est à peu près aussi logique que la manière dont on convaincu que bien qu’appartenant tous deux à l’OTAN on a convaincu les Turcs et les Grecs que leur sécurité dépendait d’une course aux armements y compris en temps d’austérité.

Danielle Bleitrach


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22 réactions à cet article    


  • manusan 7 juillet 2010 12:09

    Que voulez vous, comme toute crise économique et sociale est suivie d’une guerre dans la grande majorité des cas, on préconise le fameux Si vis pacem para bellum.


    • zelectron zelectron 11 juillet 2010 10:01

      Si vis...
      Soit, mais ne vaut-il pas mieux une excellentissime petite armée plutôt qu’une grosse avec des armement de piètre qualité en nombre pléthorique (et encore...)


    • anty 7 juillet 2010 13:44

      Encore un pleurnichard

      Bien que sois plutôt contre les dépenses faramineuses pour la défense du pays

      Je dois constater

      que la plupart des pays s’arme constamment
      et pendant ce temps on ne peux pas rester les bras croisés

      la présence terroriste est une menace permanente
      la présence d’une force efficace est indispensable

      les conflits un peu partout sont une réalité
      auxquelles il faut parfois répondre

      pour toutes ces raisons l’armée et les dépenses qui vont avec sont encore une nécessité
      pour longtemps encore


      • paul 7 juillet 2010 14:56

        Si l’armée n’a pas à se plaindre, le quai d’Orsay lui, est un ministère sinistré, avec des coupes budgétaires sévères et 3 départs à la retraite non remplacés (cf.article de Rue 89).

        Védrine et Juppé lancent ce cri d’alarme :« l’effet est dévastateur, l’instrument est sur le point d’être cassé. Tous nos partenaires s’en rendent compte » .

        Kouchner-le zombie- gère ce ministère comme une ONG .Il y a l’OTAN, le G8, le G 20 .
        Au fait , il servait à quoi ce ministère des affaires étrangères ?


        • samir 7 juillet 2010 15:06

          Depuis Sarko nous alignons toutes nos positions sur les USA et Israel pourquoi maintenir un ministere des affaire etrangeres ?

          autant laisser les USA gerer notre diplomatie ca fait des economies


        • paul mohad dhib 7 juillet 2010 15:48

          tout a fait..
          salut !


        • paul 7 juillet 2010 14:57

          3 départs à la retraite sur 4 voulais je dire ....


          • LE CHAT LE CHAT 7 juillet 2010 15:34

            ben oui , on prépare des guerres et des complots de la CIA , comme ça Momo pourra faire encore des sagas interminables pour son fan club !  smiley


            • Geneste 7 juillet 2010 18:25

              Cet article est bourré d’erreurs et de préjugés. Oui, on peut remettre en cause nos engagements extérieurs. Mais au-delà de cela, les budgets indien et chinois de la défense croissent à un rythme de l’ordre de 15% par an. Et comparer les budgets en dollars est une erreur fondamentale, il faut comparer en parité de pouvoir d’achat ce qui ne donne absolument pas la même vision. Par ailleurs, la mondialisation a transféré notre industrie en Asie. Faire marcher l’appareil militaro-industriel est donc la seule façon de garder des compétences vitales en matière industrielle et encore cela ne suffit-il pas.
              Critiquer les Grecs est trop facile quand on connaît l’Histoire. 3% de leur PIB est le moins que l’on puisse faire quand on est dans leur situation. Par ailleurs, puisque nous sommes maintenant dans l’OTAN, il nous faut compter notre budget de la défense en normes OTAN, c’est-à-dire sans la gendarmerie. Cela nous amène à moins de 1,1% du PIB, loin de la moyenne... et de l’Allemagne !
              Enfin, en ce qui concerne la priorité budgétaire, nous sommes au dernier rang ou presque des pays dits industrialisés en termes de coût par étudiant dans le supérieur alors que nous sommes au premier pour les études secondaires. Des vases communicants ne sont donc pas aberrants.
              Au final, oui il y a une logique stratégique à vouloir privilégier la défense et l’enseignement supérieur et c’est une bonne décision.


              • danielle bleitrach danielle bleitrach 7 juillet 2010 21:06

                je suis navrée, il ne suffit pas d’affirmer qu’un article est bourré d’erreurs et de préjugés pour le démontrer. Il y a erreur quand il y a erreur sur les faits et tout ce que vous soulevez ce sont des divergences d’interpétation de faits. Ces faits existent et on les trouve dans les rapports que j’ai cités. J’ai signalé effectivement qu’il y avait une croissance des bufget chinois et russes, mais votre critique me parait porter excluisivement non sur l’article mais sur la photo qui l’accompagne.

                Je ne critique pas les grecs, si vous lisiez mes écrits, vous sauriez que depuis le début de la crise j’analyse la manière dont ils sont spoliés, dupés, y compris par les banquiers français et allemands. En ce qui concerne leur armée, je dis au contraire qu’il y a des incursions turques mais j’affirme que l’hostilité entre grecs et turcs est largement entretenue, et que le surarmement grec a été réclamé en particulier par les Etats-Unis du temps où il s’agissait de lutter contre l’URSS. On a beaucoup parlé de corruption, de gaspillages, en particulier dans l’immobilier mais voir du côté de l’armement n’est pas inintéressant et dans les deux cas ce ne sont pas les salariés et leurs « primes » qui sont en cause mais bien des corruptions au plus haut niveau. Et je dis qu’il est tout même étonnant que l’Allemagne qui s’est montré si réticente à aider les grecs ait été moins intéressée à freiner leur budget de la défense.Je donne des chiffres et des faits que vous êtes incapables de contester résultat vous faites du brouillage en feignant des compétences sur des sujets que vous maîtrisez mal. Ainsi identifier l’enseignement supérieur et la recherche n’est pas nécessairement exact. Il est vrai que l’université est le parents pauvre de l’éducation nationale, en tant qu’universitaire je connais la grande misère des Universités mais je sais hélas à quel point le budget a peu évolué et combien dans ma propre université il demeure difficile de payer les heures complémentaires, voir les factures de chauffage...
                Mlaheureusement en finançant Thales et monsieur dassault, en doublant le nombre de troupes en Afghanistan dans une expédition catastrophique, et enfin en installant une base dans les Emirats, et en favorisant les mégatonnes nucléaires je ne crois pas que l’on développe l’Université, c’est-à-dire le véritable avenir de la france... les budgets restent sans commune mesure... Mais l’essentiel de la démonstration, c’est-à-dire une interrogation sur un fait : malgré la crise et les crises d’austérité imposées à tous, partout les complexes industrialo militaires (pour employer la terminologie d’Eisenhower qui mettait en garde sur la dictature de ce complexe sur les etats-unis) s’étendent, leurs budgets croissent...
                Bref, vos commentaires sont non seulement peu courtois et peu démonstratifs mais semblent souvent hors sujet et bourrés de « préjugés ».
                Danielle Bleitrach


              • Geneste 7 juillet 2010 23:14

                je suis navrée, il ne suffit pas d’affirmer qu’un article est bourré d’erreurs et de préjugés pour le démontrer. Il y a erreur quand il y a erreur sur les faits et tout ce que vous soulevez ce sont des divergences d’interpétation de faits.

                C’est déjà pas mal ! Par ailleurs les faits sont ce qu’ils sont, mais si vous faites un contresens dessus, il y a largement de quoi exprimer un désaccord. Or votre interprétation est à la fois un condensé de préjugés et d’erreurs d’appréciation voire de contresens graves !

                Ces faits existent et on les trouve dans les rapports que j’ai cités. J’ai signalé effectivement qu’il y avait une croissance des bufget chinois et russes, mais votre critique me parait porter excluisivement non sur l’article mais sur la photo qui l’accompagne.

                Absolument pas.

                Je ne critique pas les grecs, si vous lisiez mes écrits, vous sauriez que depuis le début de la crise j’analyse la manière dont ils sont spoliés, dupés, y compris par les banquiers français et allemands.

                On parle de défense. Je ne parle pas de la finance !

                En ce qui concerne leur armée, je dis au contraire qu’il y a des incursions turques mais j’affirme que l’hostilité entre grecs et turcs est largement entretenue,

                Il faudra me dire pourquoi alors. Comme vous le dites les turcs comme les grecs font partie de l’OTAN. On a plutôt tendance à essayer d’arrondir les angles. Mais le régime turc est une dictature militaire en réalité. Il faut donc bien se protéger surtout quand on connaît les détails de Chypre.

                et que le surarmement grec a été réclamé en particulier par les Etats-Unis du temps où il s’agissait de lutter contre l’URSS.

                On parle d’aujourd’hui, pas d’hier ou d’avant hier.

                On a beaucoup parlé de corruption, de gaspillages, en particulier dans l’immobilier mais voir du côté de l’armement n’est pas inintéressant et dans les deux cas ce ne sont pas les salariés et leurs « primes » qui sont en cause mais bien des corruptions au plus haut niveau.

                Confusion totale ! Le sujet c’est le budget de la défense, ce n’est pas la corruption supposée du marché de l’armement. Sachez qu’aucune arme fabriquée en France ne peut sortir du pays sans autorisation du gouvernement, quel qu’il soit.

                Et je dis qu’il est tout même étonnant que l’Allemagne qui s’est montré si réticente à aider les grecs ait été moins intéressée à freiner leur budget de la défense.

                Oui car l’Allemagne, comme la France et les autres européens a le souci de ses amis Grecs qui, eux, font partie de l’Europe.

                Je donne des chiffres et des faits que vous êtes incapables de contester résultat vous faites du brouillage en feignant des compétences sur des sujets que vous maîtrisez mal.

                A l’inverse de vous, j’ai quand même écrit un ouvrage sur la défense...

                Ainsi identifier l’enseignement supérieur et la recherche n’est pas nécessairement exact.

                Si vous voulez, dans les universités, discriminer réellement les budgets consacrés à la recherche de ceux consacrés à l’enseignement, je vous dis « chiche ». Et si vous plaidez pour une dissociation des fonctions de recherche dans l’université des fonctions d’enseignement, par exemple en créant 2 structures légales différentes, je vous redis « chiche ».

                 Il est vrai que l’université est le parents pauvre de l’éducation nationale, en tant qu’universitaire je connais la grande misère des Universités mais je sais hélas à quel point le budget a peu évolué et combien dans ma propre université il demeure difficile de payer les heures complémentaires, voir les factures de chauffage...

                Je vais pleurer ! Mais vous devriez demander à faire un stage dans l’armée et voir avec quel matériel nos soldats sont obligés de risquer leur vie. Un peu de décence !

                 
                Mlaheureusement en finançant Thales et monsieur dassault, en doublant le nombre de troupes en Afghanistan dans une expédition catastrophique, et enfin en installant une base dans les Emirats, et en favorisant les mégatonnes nucléaires je ne crois pas que l’on développe l’Université, c’est-à-dire le véritable avenir de la france...

                Amalgame total. Vous pourfendez Dassault, Thalès et autres, qu’’avez-vous contre eux ? Ne trouvez-vous pas ces gens aussi respectables que les autres ? Voulez-vous les brûler sur le bûcher de votre idéologie ? Quant à l’Afghanistan, ce n’est pas une question de budget mais une question politique. Faut-il y aller ou non ? Je suis du même avis que vous, mais ce n’est, encore une fois, pas une question de budget. Idem pour la base des Emirats. En ce qui concerne les mégatonnes, vous leur devez la paix actuelle. C’est la première fois que nous avons une période de paix aussi longue et cela est dû à l’arme nucléaire. Enfin, l’avenir de la France ne tient pas qu’à l’université, Dieu merci. Si on avait été un peu plus inspiré avant 1939, on n’aurait peut-être pas perdu la guerre en 6 semaines en 1940 et Hitler aurait peut-être commis moins d’atrocités.

                les budgets restent sans commune mesure...

                Il faut comparer ce qui est comparable. Le budget de la défense contre celui de l’éducation nationale. Là il n’y a pas photo et ce sont, a priori, deux missions régaliennes de l’Etat.

                Mais l’essentiel de la démonstration, c’est-à-dire une interrogation sur un fait : malgré la crise et les crises d’austérité imposées à tous, partout les complexes industrialo militaires (pour employer la terminologie d’Eisenhower qui mettait en garde sur la dictature de ce complexe sur les etats-unis) s’étendent, leurs budgets croissent...

                Ce n’est quand même pas le système militaro-industriel qui a créé la crise bien au contraire. Il ne faudrait pas renverser les rôles. Par contre, la crise est forte génératrice de tensions internationales et en conséquence, cela oblige à s’armer. 10 ans après la crise de 29 on avait la guerre mondiale. Il ne serait pas surprenant que les mêmes causes créent encore les mêmes effets au vingt et unième siècle.

                Bref, vos commentaires sont non seulement peu courtois et peu démonstratifs mais semblent souvent hors sujet et bourrés de « préjugés ».

                Non seulement mes commentaires sont fondés mais en plus, je vais ajouter une touche finale qui terminera cette conversation. Vous vous plaignez d’une annonce d’augmentation du budget de la défense de 3,1%, mais par rapport à quoi ? Quels sont les titres qui sont visés, comment, combien ? Comment cela se situe-t-il par rapport au contexte de la suppression de 54000 postes de militaires ? Et savez-vous que depuis plus de 30 ans, jamais une loi de programmation n’a été respectée, que l’Etat a toujours fait moins que ce qu’il avait promis en matière de défense. Soyons sérieux !


              • danielle bleitrach danielle bleitrach 7 juillet 2010 23:41

                préjugés pour préjugés les votre sont tout aussi massifs que les miens, vous pensez que les trusts de l’armement sont de bonnes personnes, certainement pour leurs familles et leurs amis, beaucoup moins selon moi au plan de l’intérêt général, celui de la REPUBLIQUE... Quelques boucheries en sont la preuve... Comme d’ailleurs les budgétivores, le fait que désormais le système est de plus en plus privatisé, mercenaire... Quant aux relations de monsieur dassault et de Thales, il n’y a que vous pour nier leur réalité...
                Donc si je reprends chacune de vos remarques elles sont totalement iséologiques... Et vous passez d’une affirmation à l’autre et quand votre mauvaise foi est démontré vous vous en sortez par une pirouette « les budgets ne sont jamais executés »... ou encore quand je fais allusion au rôle historique que l’on a fait jouer à la grèce face à l’URSS et qui s’est traduit pour elle par mille et une souffrances, par exemple le régime des colonels, nouvelles pirouettes « je parle d’aujourd’hui » de qui vous moquez vous ?
                Donc le mieux est d’arrêter là et de laisser les lecteurs juger... J’apporte des faits, et vous insultez à défaut de jamais démontrer... Laissons donc le lecteur juger du texte et de vos « argumlents » (sic)
                Danielle bleitrach


              • Didier 67 Didier 67 8 juillet 2010 08:14

                Bonjour Geneste,

                Vous écrivez : "Ce n’est quand même pas le système militaro-industriel qui a créé la

                crise bien au contraire".

                Bien au contraire ?
                Sans armée, pas de pillage des ressources naturelles.
                Sans pillage des ressources naturelles, pas de commerce international.
                Sans commerce international, pas de finance internationale.
                Sans finance internationale, pas d’armée.
                Sans finance internationale, pas de crise financière internationale.
                Sans crise financière internationale, le bonheur est dans le pré.


              • Geneste 11 juillet 2010 11:45

                @ didier 67


                Bien au contraire ?
                Sans armée, pas de pillage des ressources naturelles.
                Sans pillage des ressources naturelles, pas de commerce international.
                Sans commerce international, pas de finance internationale.
                Sans finance internationale, pas d’armée.
                Sans finance internationale, pas de crise financière internationale.
                Sans crise financière internationale, le bonheur est dans le pré.

                La prémisse de votre démonstration est fausse. Sans armée, il y a encore plus de pillages de toutes sortes qu’avec. L’armée représente l’Etat, la légitimité. On peut être en opposition avec la loi, penser que la loi est injuste, inique, mais l’Histoire nous apprend que l’armée est un profond stabilisateur social qui, au final, protège les plus faibles. Quant au lien armée crise financière, il n’y en a pas. L’armée est totalement étrangère aux subprimes et ce n’est pas elle qui a décidé d’aller en Irak ou Afghanistan mais bien le politique et le financier. L’armée n’est qu’un instrument.



              • raymond 7 juillet 2010 19:22

                Bien vu , le seul budget qui augmente et ici et partout, c’est le monde à l’envers.
                j’ai sérieusement peur de votre avenir.
                Si jamais les hommes verts arrivent bien en 2013 vous allez prendre quelque baffes....


                • Proudhon Proudhon 7 juillet 2010 19:34

                  Voir les reflexions de Fidel Castro sur la guerre nucléaire qui se prépare.

                  http://www.granma.cu/frances/reflexions/28jun-reflexions.html



                  • jjwaDal jjwaDal 7 juillet 2010 22:14

                    J ’écoutais tout à l’heure la conférence de Jared Diamond (TED Talks) sur les raisons de la disparition de civilisations antérieures et l’un des points majeurs est l’isolement de l’élite des conséquences des désastres que son incompétence, imprévoyance ou amoralité entraînent.
                    Quand le bénéfice à court terme pour l’élite a pour corrolaire l’augmentation des conséquences néfastes à long terme pour la collectivité, les décideurs ont toutes les ressources identifiées par la psychologie pour nier la réalité, la minimiser, voire l’ignorer purement et simplement.
                    Au milieu du chaos économique/environnemental planifié par les élites (via OMC, FMI , WB) les armées sont fondamentalement là pour maintenir le status quo et donc le libre accès au pillage final. Jared Diamond comme Wes Jackson parlent implicetement de « Petri dish economics » où la « richesse et santé » de la population bactérienne dans la boîte de Petri atteint son maximum juste avant de s’effondrer face au manque de ressource.
                    Les armées sont là pour maintenir la trajectoire centrée sur l’effondrement social et garantir les privilèges face à l’armée croissante des esclaves économiques.
                    Nous sommes bien plus proches du Moyen-âge ou de l’âge des ténèbres que nous ne voulons le voir.
                    L’armée des USA est aujourd’hui le pire ennemi que les USA aient jamais eu à affronter et la pire catastrophe à gérer (ingérable) via ses ponctions financières relevant du vampirisme. J’ai surveillé le premier budget d’Obama. En voyant le budget du Pentagone, je savais où ils allaient.


                    • Massaliote 8 juillet 2010 09:52

                      Notre pays peut faire des économies dans bien des domaines mais pas dans celui-ci : Le budget de la Défense Nationale ne DOIT pas être diminué. Il est essentiel pour une Nation d’avoir une armée dissuasive garante de la sécurité du teritoire national. Je suppose que l’auteur et les doux rêveurs pacifistes bêlaient il y a quelques années « plutôt rouges que morts ». smiley


                      • danielle bleitrach danielle bleitrach 8 juillet 2010 10:28

                        je suis aussi attachée que vous à la défense nationale, et même à un nucléaire défensif. Mais depuis pas mal de temps il n’est plus question de ça... Il y a eu le discours de brest de jacques Chirac je crois que c’était en décembre 2005, qui a complètement montré un bouleversement de la doctrine nucléaire française et ce sur deux points :
                        du défensif du territoire on est passé à l’offensif avec porte avions et avions (chers à monsieur Dassault équipés de têtes nucléaires)
                        de la défense du territoire on est passé à la défense de « nos intérêts »...

                        Si on ajoute à cela l’armée de métier dont on diminue sans cesse les effectifs sur le territoire pour augmenter le caractère mercenaire.. ; Au point de confier à des sociétés privées le soin de garder nos ambassades, les Etats-Unis sont en avance sur nous dans ce domaine, mais allez voir justement les spécialités de Thales, il s’agit de fournitures électroniques mais aussi de services mercenaires..

                        Donc il faut effectivement savoir de quoi on parle exactement, le patriotisme d’accord, les intérêts mercenaires du pillage avec des sociétés privées du type de celle de Dick Cheney comme haliburton.. ; Le bradage de notre nucléaire, l’absence de contrôle de l’assemblée nationale...
                        priver les français de leur protection sociale pour engraisser des mercenaires et des intérêts privés non !!!
                        Danielle bleitrach


                        • danielle bleitrach danielle bleitrach 8 juillet 2010 10:45

                          j’allais oublier l’essentiel, que signifie l’indépendance nationale quand nous sommes de plus en plus spécialisés dans une intégration à l’OTAN ? Là encore il s’agit d’une rupture avec la doctrine gaullienne.. ;
                          DB


                          • easy easy 11 juillet 2010 11:49

                            Déni de guerre !
                            On peut dire ça, en effet.
                            Mais tant de choses sont déniées ou en tous cas non dites !

                            Le plus souvent ce n’est pas par lâcheté ou par hypocrisie qu’on ne les dit pas, mais par urbanité, par courtoisie, par diplomatie, par art de vivre. Alors non, on ne doit pas dire que chaque chose qui n’est pas dite est déniée.

                            Depuis la nuit des temps les gens se sont organisés au moins en groupuscules en plaçant à leur tête celui qui leur semblait le mieux à même soit de les protégers des ennemis soit d’effectuer des razzias.

                            Instinctivement, même un Alain Finkielkraut, même un BHL, même JF Kahn, même une Arlette Laguiller, chercheront à placer en tête un vercingétorix, un Pétain d’avant sa trahison, un Charles de Gaulle ou un Hugo Chavez si des loups venaient à traverser nos frontières.

                            Tant que chacun voit le spectre des loups très éloigné, le choix d’un chef ayant du mordant et une volonté de combattre reste un peu secondaire. Mais selon les personnes, leur état mental et les moments, on peut voir ce spectre se rapprocher et l’exigence martiale devient alors plus forte.

                            Quand ce spectre est lointain, le fait qu’un chef se soit gavé de caviar ou qu’il ait usurpé le trône peut lui faire perdre son crédit. Mais quand la menace est proche, on s’en fout de ses malversations et de ses coucheries, pourvu qu’il soit brave au combat sur le champ de bataille, pourvu qu’il nous mène à la victoire.
                            Quand on se sent attaqué par des loups, on exige de notre chef qu’il les tue. On ne veut plus d’un saint, d’un Gandhi, d’un Dalaï Lama on veut un Roland de Roncevaux, un Godefroy de Bouillon, un Charles de Gaulle et même un Gilles de Rais tant on attend un saigneur.

                            Notre évaluation permanente de notre président actuel prend en compte, même inconsciemment, ce facteur du loup. En ce moment, le facteur loup (même interne) ne semble pas intense et les Français n’acceptent pas les malversations au sommet. Mais il suffirait que la menace de loups (ou de pandémie ou de météorites) nous apparaisse soudain plus pressante pour que nous évaluions notre chef davantage sur sa capacité à les réduire (jusque là, nous aurons pris acte qu’il n’a réussi à réduire aucun de nos plus petits loups)

                            Nous préférons avoir un chef teigneux, mais ne se dit pas. Ca ne se fait pas de reconnaître qu’on préfère avoir un chef fort, capable de livrer le feu, de faire feu. Ce n’est pas du déni c’est de la diplomatie. Pour vivre ensemble et en paix, il faut davantage parler de paix et d’amitié que de guerre et de jalousies.

                            Le port d’une arme sur soi a longtemps été la règle (sous Louis XIV, il y avait un loueur d’épée pour ceux qui n’en avaient pas, à l’entrée -libre- de Versailles). Chacun pouvait donc stresser à la vue des armes des autres et on prit l’habitude de ranger les lames dans des fourreaux. Une arme ou fourreau ça a un certain sens qui peut même être très apaisant, une arme dégainée en a un tout autre (un parallèle avec le pénis dégainé ou pas, flacide ou en érection, peut être fait)

                            Montrer ses dents, ses armes a toujours été une problématique (certains sont même allés jusqu’à se faire limer leurs canines pour paraître moins agressif). Il a toujours fallu montrer qu’on en avait mais qu’on préférait ne pas s’en servir, tant que possible et jusqu’à une certaine limite. De tous temps, on a organisé des parades militaires en y conviant ses voisins. Inutile de dire tout l’implicite, le non-dit que cela constitue. Ce n’est pas pour autant du déni. Ce n’est pas parce qu’on ne dit pas à sa voisine qu’elle est laide (alors qu’elle l’est vraiment) qu’on est dans le déni de sa laideur. On ne le lui dit pas afin de maintenir un climat de paix, afin de ne pas provoquer de réactions vives, afin de ne pas la blesser gratuitement. 

                            Se préparer au combat tout en prônant la paix a toujours été un paradoxe à gérer pour les dirigeants. Il y est contamment question de diplomatie et le terme, la démarche, l’action ne sont jamais niés. On porte le titre de diplomate pour annoncer clairement qu’on va travailler de la carotte et du bâton.

                            Là où ça commence à être limite faux-cul c’est quand on appelle son armée La Défense Nationale alors qu’on l’envoie tuer des gens en savattes à 5000 km de la Nation.

                            Enfin, s’il y a déni, qui le porte ?
                            Au niveau international et par les dirigeants étrangers, nous sommes perçus, sans aucune équivoque, comme étant en guerre en Afghanistan. Pas de déni à ce niveau là.
                            Par contre dans notre pays, les uns les autres, nous nous posons en non agresseurs voire en soigneurs du Monde et nous passons effectivement sous silence le fait que notre Défense tue chaque jour, avec notre argent, des gens qu’on ne connaît pas et qui ne nous ont jamais rien fait. (Nos chefs militaires répondront qu’ils n’y agressent personne et que ce sont les rebelles au pouvoir en place qui, les harcelant, les obligent à riposter)

                            Dans notre propre pays, il y a donc chaque jour quelques milliers de personnes qui ne parlent que du combat livré en Afghanistan et qui le réalisent pendant qu’il y en aet quelques millions qui parlent de tout sauf de ça.


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