A Non666 (IP:xxx.x2.195.174) le 6 février 2009 à 12H41
je vais tenter de vous répondre.
1. Le mode de scrutin n’est pas constitutionnalisé mais régi par des lois organiques beaucoup plus faciles à modifier. Je l’ai d’ailleurs déploré en son temps (avril 1985 par exemple, une décision de Mitterrand qui entraîna la démission de Michel Rocard).
2. Ce mode de scrutin uninominal majoritaire à deux tours, il date de 1958 et n’a eu qu’une exception, mars 1986 (proportionnelle à la plus forte moyenne dans les départements). Michel Debré (qui est le premier inspirateur de la Constitution) n’avait pas eu gain de cause car il voulait un seul tour, sur le modèle britannique. Donc, Nicolas Sarkozy, né quelques années auparavant, n’y peut rien même s’il en a profité comme le PS en son temps (Jospin et Mitterrand). Rien de nouveau donc sur la prétendue "dictature" qui arrive par ce mode déjà très ancien de représentation (les seuls changements depuis 50 ans concernent les sénateurs élus pour un mandat plus court, plus nombreux à la proportionnelle et avec un corps électoral représentant plus les zones urbaines ; c’est peut-être insuffisant mais nettement mieux qu’il y a 50 ans).
3. Le contrôle de l’exécutif est effectivement la 2e mission (d’égale importance) du Parlement avec le fait de légiférer. Effectivement, à ce titre, tous les courants d’opinions peuvent y recourir, ce serait normal. Mais parallèlement, le fait majoritaire est un élément important. La IVe République est désormais lointaine, mais l’absence de majorité rendait très difficile l’action gouvernementale. A titre personnel, je ne suis pas contre une dose de proportionnelle, d’autant plus que le scrutin majoritaire ne garantit pas une majorité absolue à tous les coups (exemple : juin 1988).
4. A priori, je ne connais aucune loi, organique ou constitutionnelle, qui fasse ou ait fait de l’ostracisme contre un parti politique particulier. Si je me trompe, merci de m’en indiquer les références. Et dans tous les cas, une telle idée serait contraire au principe d’égalité inscrit à l’article 4 de la Constitution.
5. Je souscris à votre analyse sur la recrudescence du régime des partis, mais elle n’est pas récente ; c’est depuis plus de 20 ans. Jacques Chirac : Premier Ministre ET président du RPR de 1986 à 1988, Alain Juppé : Premier Ministre ET président du RPR de 1995 à 1997. Je regrette que le Président de la République ait participé personnellement à la réunion d’un parti (l’UMP) car il représente en principe l’ensemble des Français.
6. Je ne suis pas favorable au bipartisme mais j’expliquais que l’élection présidentielle directe et l’union de la gauche a rendu inéluctable la constitution de deux groupes gouvernementaux. Ici par exemple :
http://rakotoarison.over-blog.com/article-22868673.html
7. Si on prend quelques partis en particulier :
- NPA/LCR : à ma connaissance, j’ai encore entendu très récemment qu’il ne s’agissait pas d’être au gouvernement. Culture d’opposition ? Ni alliance avec le PS (contrairement aux PCF et PRG), ni objectif de devenir un jour majoritaire (avec 8 000 militants, on peut comprendre).
- MPF : allié à l’UMP. En Vendée, c’est patent. Idem que le NC.
- Debout la République : difficile à dire puisqu’en juin 2007 (date des dernières législatives), il était inclus à l’UMP. Reste à savoir si l’UMP & cie mettra des candidats contre lui en 2012 (je n’en ai aucune idée).
- Verts : alliance avec le PS.
- FN (nous y voilà) : le FN a été violemment contre le RPR et plus particulièrement contre Jacques Chirac depuis très longtemps. Le FN a fait en sorte de laisser un candidat PS minoritaire gagner en juin 1997 dans plusieurs dizaines de circonscriptions (triangulaires), mais n’a cependant pas été la cause de la victoire du PS (qui a gagné avec un plus large écart). Inutile de rappeler le 2e tour de 2002 évidemment. Jamais le FN n’a voulu gouverner avec le RPR (à la différence de Bruno Mégret et de son MNR). Et dans une alliance, il faut de toutes façons être deux, jamais l’UMP (ou RPR/UDF) n’a voulu faire une majorité nationale avec le FN (certains se sont risqués à des alliances locales, notamment Jean-Claude Gaudin en PACA en 1986 ou Charles Millon en Rhône-Alpes en 1998), ce qui clôt le débat. Si vous trouvez des déclarations de Jean-Marie Le Pen réclamant une majorité gouvernementale avec le RPR de Jacques Chirac, je suis preneur : date, lieu, contexte et citations.
- MoDem : c’est délicat à bien analyser avec si peu de recul. Il a refusé toute alliance aux législatives (mettant même des candidats contre des anciens UDF-bayrouïstes), s’inscrit contre le bipartisme mais toute sa stratégie vise plutôt à remplacer le PS dans ce bipartisme.
8. Sur les rôles respectifs du Président de la République et du Premier Ministre. On peut le déplorer, mais rien de changé depuis 50 ans. De Gaulle faisait signer des démissions sans date à ses Premiers Ministres (constitutionnellement, il n’avait pas le droit de les renvoyer). Pompidou renvoya Chaban-Delmas au moment où les députés lui avaient renouvelé leur confiance (1972). Chirac a démissionné en 1976 car il n’avait pas de pouvoir. Mitterrand dirigea tout, avec un sommet : sous Edith Cresson (1991-1992), Bérégovoy la court-circuitait en travaillant directement avec Mitterrand. Raffarin, Juppé et De Villepin étaient des Premiers Ministres pas moins loyaux avec Chirac que ne l’est François Fillon avec Nicolas Sarkozy. Enfin, seul constat : Matignon devient maître en période de cohabitation. Où est l’avancée de la dictature ? Toujours l’effet de la Ve République, rien de neuf. Pas forcément satisfaisant non plus.
Cordialement.
09/02 09:13 - jcl44
Amusant. Selon les dires même de notre Roi, il aime à rencontrer les citoyens mais lorsque (...)
09/02 08:13 - Polemikvictor
Voila des propos subtils et nuancés qui mettent en valeur le vrai démocrate.
09/02 05:16 - lespacearcenciel
Et pour aller encore plus loin, voici uniquement pour toi, cher Auteur, cette petite histoire (...)
09/02 04:56 - lespacearcenciel
"Quand on lit, sur Internet, et en particulier sur Agoravox, un certains nombre (...)
08/02 18:05 - Polemikvictor
J’aime quand un democrate utilise le qualificatif primaire pour ses adversaires, cela (...)
08/02 15:42 - Nathan
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