Il n’y a que vous pour ne pas avoir compris que ces concepts étaient ici utilisés dans leur sens courant et contemporain (même si je renie pas tout du jacobinisme « historique »). Du reste, le libre-échangisme pas plus que le protectionnisme ne sont réductibles à un courant politique donné.
Et je maintiens, n’en déplaise aux donneurs de leçons pédants, que la promotion des régions au détriment du cadre républicain traditionnel va de pair avec le libéralisme, (ainsi qu’avec l’européisme, dans une large mesure).
Ce projet de réforme territoriale en est une parfaite illustration. Il y a bien sûr un régionalisme qui n’est pas libéral, et un libéralisme qui n’est pas régionaliste. Mais ces deux idéologies se marient bien. Utiliser l’Union Européenne pour mettre les politiques néo-libérales à l’abri de la délibération démocratique, recréer de grandes féodalités dans le cadre de « super-régions », supprimer les assemblées départementales élues, renforcer les intercommunalités au détriment des communes en évitant de totalement les démocratiser... Il faudrait être aveugle pour voir que tout cela participe d’une seule et même logique. Baptisez-cela autrement que « libéral-régionalisme » si vous voulez, conceptualisez cela comme vous l’entendez, la logique est là et bien là, et « l’illetré de la politique » est plutôt celui qui refuse de la voir, préférant infliger à ceux qui n’en ont que faire de vagues leçons d’histoire des idées politiques totalement hors-sujet.