Papon
est inculpé en 1983 de crimes contre l’humanité. Mais ce n’est qu’en octobre 1997
que débute le procès, après dix-sept années de batailles juridiques. Papon (ancien
préfet et ancien ministre) est accusé d’avoir fait déporter, entre juillet 1942
et mai 1944, près de 1600 juifs de Bordeaux vers Drancy. Le procureur général
requiert une peine de vingt ans de réclusion criminelle, alors que la réclusion
criminelle à perpétuité, réclamée par les parties civiles. Maurice Papon est
condamné à une peine de dix ans de réclusion criminelle, d’interdiction des
droits civiques, civils et de famille pour complicité de crimes contre
l’humanité
Mis
en liberté au début de son procès, Maurice Papon s’enfuit en Suisse en octobre
1999 à la veille de l’examen de son pourvoi en cassation. Arrêté au bout de quarante-huit heures dans un
hôtel helvétique, et aussitôt expulsé et est finalement emprisonné à la prison
de Fresnes, puis à celle de la Santé, dont il sort le 18 septembre 2002, après
trois années de détention, sur la base d’un avis médical concluant à
l’incompatibilité de son état de santé avec la détention le décrivant comme «
impotent et grabataire » alors que l’ancien prisonnier quitta à pied la prison
de la Santé. Il est alors assigné à résidence dans sa maison familiale de
Gretz-Armainvilliers en Seine-et-Marne, ou il organise sa faillite personnelle
afin d’échapper aux 4.5 millions de francs de dommage et intérêt .
il
y meurt le 17 février 2007 à l’âge de quatre-vingt-seize ans. L’avocat de
Maurice Papon, Francis Vuillemin, a déclaré que son client serait enterré avec
la légion d’honneur, affirmant dans un communiqué : « Je veillerai
personnellement à ce que l’accompagne dans son tombeau la croix de Commandeur
de la Légion d’honneur que Charles de Gaulle lui a remise de ses propres mains,
pour l’éternité. » Finalement le défunt a été enterré avec sa légion d’honneur,
les autorités ayant décidé de ne pas intervenir pour la retirer, à l’image de
la déclaration de Michèle Alliot-Marie : « La République a fait ce qu’elle
devait faire, il y a eu procès, il y a eu décision de justice, à la suite de la
décision de justice la République a décidé de retirer la croix de commandeur de
la légion d’honneur à Maurice Papon, il n’est plus commandeur de la légion
d’honneur, c’est tout. Ensuite ouvrir les cercueils, c’est quelque chose qui me
déplaît ».
La justice a toujours eut de la
compassion pour les fonctionnaires de la république. On ne mélange pas les torchons
et les serviettes