@titi
Bonjour,
Dans tout projet d’ampleur devant bousculer les
habitudes et usages préexistants, il devrait y avoir deux étapes :
une première étape d’explication/exposition des données engagée
par la puissance publique (et il me semble que sur le sujet de
l’éolien, les différents gouvernements ont souvent atermoyé,
manquant de transparence et de pédagogie faute d’un engagement
assumé), et une deuxième étape d’enquête publique qui présente
cependant un biais bien souvent dénoncé : seul l’avis du
commissaire enquêteur compte (même avec 90 % de réponses
défavorables), ce qui ne favorise pas l’acceptation. Cela dit,
l’intérêt commun doit effectivement être privilégié dans des
délais raisonnables, d’autant que l’éolien offshore présente
objectivement plus d’atouts que le terrestre.
Mais l’appellation « biens communs »
est plutôt associée aux infrastructures intégralement financées
par le budget de la nation : le réseau de voies ferrées, les
canaux, naguère les autoroutes, les barrages hydro-électriques, le
parc électro-nucléaire, la gestion des forêts domaniales, et par
extension les constructions collectives datant du Conseil National de
la Résistance (régime général de la sécurité sociale), ou les
ressources naturelles profitant à tout un chacun comme l’eau
qui va tendre à disparaître.
La tendance est à la privation, rampante avec les
partenariats public-privé (qui permet le pantouflage de bon nombre
d’ex haut-fonctionnaires), ou programmée en diminuant les
ressources des organismes (accorder une prime plutôt qu’une
augmentation de salaire permet le plus souvent la suppression de
cotisations qui n’alimenteront plus les caisses progressivement
asphyxiées, afin de favoriser le recours aux privés du type
BlackRock) ou bien l’ouverture à la concurrence sous la pression
des institutions européennes (Sncf, bientôt la découpe d’Edf…).
Il n’y a pas lieu d’être dogmatique si
le service rendu est supérieur, mais la privatisation des profits
associé à la socialisation des pertes pendant que la dette
augmente, cela ne peut guère s’apparenter à une saine gestion :
dans les comptes d’une entreprise, l’emprunt (dette à long
terme) sert à financer les investissements (rentabilisables) et non
les dépenses courantes ( rôle des crédits de trésorerie). En
d’autres termes, vendre à l’encan les bijoux de famille
témoigne d’une absence de vision à long terme préoccupante !