On retrouve intacts les clivages d’il y a deux ans. Ce vote était fondateur, on essaye de nous le faire oublier, mais il reste fondateur.
N’oublions pas que nos parlementaires auraient accepté cette Constitution à plus de 80%. Aujourd’hui, ce sont eux qui sont aux commandes de l’élection présidentielle et ils essayent indirectement de nous refourguer ce que nous avons refusé il y a deux ans.
Ce n’est pas un hasard si deux candidats ont eu les plus grandes difficultés à réunir les 500 parrainages. Ceux-là étaient très dangereux, ils ont prôné le Non et ils sont susceptibles de ramener vers eux les électeurs nonistes. L’un d’entre eux a été dégommé, il s’agit de Nicolas Dupont-Aignan. L’autre, parce qu’il s’est appuyé sur des collectifs citoyens efficaces, est passé d’extrême justesse, il s’agit de José Bové.
En conséquence, les nonistes de droite, qui ne sont pas d’extrême droite, se trouvent gravement démunis. Doivent-ils se résoudre à choisir entre le moins pire de Bayrou et de Sarkozy ? A moins de trouver que De Villiers est moins extréme que certaines de ses positions le font croire ?
Les nonistes de gauche, qui ne sont pas d’extrême-gauche, ont plus de chance, surtout que José Bové est soutenu par une large palette de citoyens, depuis les minoritaires de la LCR jusqu’aux socialistes anonymes, en passant par les alternatifs et les minoritaires du PC et des Verts. Même si la très grande difficulté qu’il a eu à réunir les parrainages l’a affaibli, José Bové peut redonner de l’éclat au Non à l’Europe anti-démocratique. Puissent les nonistes de gauche ne pas louper cette occasion !
Am.