A l’assaut de la Montagne magique
Rêverie. Découvrez le Mont-Racine, point culminant du Jura neuchâtelois, en passant par le mystérieux sentier des statues. A quelques kilomètres de la frontière française.
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« J’ai l’impression d’être Harry Potter ! », lance Gaêtan, 10 ans, qui d’ordinaire n’aime pas la marche. Le garçon s’amuse à lancer des sorts à ces sculptures en bois, environ une centaine, dispersées sur la première moitié du parcours. Pieuvres, loups, fleurs, créatures imaginaires peuplent une forêt qui prend des allures de bois enchanté. Les reflets du soleil sur les formes des statues renforcent cette sensation d’être le personnage d’un conte, entre Peter Pan et Alice aux pays des merveilles.
Car le sentier est vivant. Depuis 40 ans, Georges André Favre, sculpteur de 75 ans à l’âme enfantine, enrichit régulièrement le sentier de nouvelles créations. On retrouve donc tout au long du parcours des esquisses, des débuts de sculptures, que la rêverie du promeneur pourra compléter à sa guise. On y entend aussi des voix. Celles des enfants qui lancent des appels aux statues, celles des parents qui jouent le jeu. Ou c’est peut-être celle des sculptures, plus vivantes qu’on ne le croît ?
Au bout d’une heure de montée sans grande difficulté, la forêt et ses étranges statues se retirent, et l’on retrouve les steppes verdoyantes de la face nord du Mont Racine. Ici, l’alpage reprend ses droits et l’espace s’ouvre à mesure que l’on continue sur le sentier. L’horizon apparaît bientôt et se confond avec le crête du Mont Racine. En ce début de printemps, la montagne, ornée à sa base d’une couronne d’épicéas, surgit au dessus de quelques névés paresseux, encore hésitants à partir pour de bon.
Le Mont-Racine, magnanime, laisse alors au marcheur éprouver sensation de doux vertige, entre ciel et terre, là où les vents se confondent avec vigueur et décoiffent les chevelures. En contrebas se tapisse le village des Geneveys-sur-Coffranne et, plus loin, le lac et et la chaine des Alpes, presque à portée de main.
En rejoignant les Grandes-Pradières, sous nos yeux, les murs de pierres sèches, les pâturages boisés et fleuris composent une peinture presque irréelle. D’ici, on amorce la descente, soit vers la Charbonnière pour boucler vers la Sagne, soit pour reprendre le Sentier des Statues à mi-chemin. Au retour, chamois et chevreuils vous feront sans doute l’honneur d’une visite.
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