C’est un débat passionné, passionnel (à défaut d’être passionnant ?) qui nous est proposé ici...
Combien d’entre nous ont-ils déjà créé ? Et surtout combien d’entre nous vivent-ils de leur création ? Il me semble difficile de lever des boucliers contre tel ou tel dogme (car il d’agit bien de dogmes sous-jacents qui guident nos obédiences politiques...) sans s’être posé ces questions. Chacun des tenants ou des détracteurs de telle loi, de telle régulation, poursuit des intérêts tous personnels, et l’hypocrisie, sans doute, est de les faire passer pour des intérêts collectifs.
En d’autre termes, lorsque je crée j’entends bien obtenir une rémunération, quelle soit sociale, sociétale ou pécunière. Aucune oeuvre n’est « gratuite » si l’on veut bien convenir que la monétarisation n’est pas seulement une fonction binaire (argent / pas argent). Une copie gratuite, c’est un vecteur de diffusion ; un article sur le net, un moteur d’échanges, de liens, etc. Ce sont des rémunérations que recherchent certains artistes, pas d’autres. Les modalités d’éclosion de leurs oeuvres dans la sphère publique doivent faire partie de leurs droits.
Aussi sur le fond, peut-on discuter de l’opportunité du coût de l’Art ?
En revanche, sur la forme, des divergences peuvent survenir : quelles modalités ? quels barèmes ? quelles limites ? quelles sanctions ? Comme le soulignait un commentaire précédent : quid de la copie privée ? quid de la démultiplication des supports ? L’auto-régulation, le « laisser-faire » (ce qui est une fausse définition du libéralisme au passage...) est un concept idéal (en tant que modèle scientifique, comme l’infini par exemple) qui reste soumis à aléas...
Cependant, taper sur les majors comme l’on tape sur les « grands patrons » est une chose qui pourrait s’apparenter, n’en déplaise à certains - et toutes proportions gardées bien entendu - à taper sur les immigrés pour expliquer les mots d’une société. Les majors ont permis l’éclosion d’artistes qui n’avaient pas les moyens de se payer un équipement suffisant pour matérialiser leur art ni de le diffuser. Les majors permettent le subventionnement de « nouveaux talents ».etc. Ils remplissent une triple fonction - découvrir, matérialiser, vendre - que certains concurrencent en s’auto-produisant et s’auto-diffusant, soit. Mais cela a un prix, ce qui ne peut être contesté. En revanche, ce prix est-il (toujours) correctement fixé ? Peut-il (et non doit-il) être modulé en fonction des évolutions de notre société ? Ces questions me semblent plus productives que toute vision manichéenne et/ou lobbyiste.
Dernière chose : lorsque j’achète un vêtement (qui est une création en soi) ou un livre, est-ce que je me pose autant de questions ?
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
A propos / Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération