Les madeleines, elles sont recouvertes par l’écume du quotidien, la marée des jours qui s’additionnent, et qui se soustraient à ce qu’il en reste...
C’est notre vie en peau de chagrin qui les déshydrate en poudre de mémoire...
Parfois, au crépuscule de nos pauvres destinées, quand le cerveau part en vrille pour refuser un présent condamné, dans le brouillard des temps mélangés, ou bien quand disparait un des témoins de notre temps qui passe, elles ressurgissent, d’une présence qui s’impose sur l’ écran blanc de nos nuits noires, et de nos jours gris..
Non, je pense qu’elles ne meurent pas, les madeleines, on ne nous les reprend pas ; on les garde, enfouies, jusqu’à les emporter avec nous dans nos derniers refuges...
Est-ce que les asticots s’en repaissent, ou bien plutôt s’envolent-elles sur les ailes de nos âmes transhumantes jusqu’à se transmettre aux survivants, aux suivants....
Chaque morceau de nous qui part avec les autres, les proches, ceux qui nous avaient accompagné jusque là, faut bien que ça aille quelque part, et qu’est-ce qu’on en sait si on ne le retrouvera pas, le cimetière des émotions, une fois passée la dernière porte, avec tous ceux qui les ont partagées avec nous, pour rassembler toutes les parcelles, choisir lesquelles on reprendra, s’en gaver ensemble, jusqu"à plus faim...
Dans le grand magasin des souvenirs, elles nous attendent, les madeleines : c’est ceux qui les ont partagées avec nous qui nous les gardent bien au chaud...
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