L’auteur semble reprocher à l’idéologie qu’il qualifie de « judéo-chrétienne » d’avoir privé l’humanité du bonheur qu’elle aurait connu si l’hédonisme de la Grèce antique avait pu s’épanouir.
Deux remarques :
Sur le fond, il faut savoir que l’hédonisme a déjà fait l’objet de réserves majeures de la part d’Epicure et d’Epictète il y a plus de 2000 ans, et que leurs arguments méritent d’être connus et analysés.
Les thèmes récurrents chez les penseurs hédonistes sont toujours les mêmes : l’amitié, la tendresse, la sexualité libre, les plaisirs de la table, la conversation, une vie sans trouble (recherche de l’ Ataraxie), un corps en bonne santé. Mais les marges de manœuvre sont étroites : un plaisir ne doit pas provoquer un déplaisir plus grand. Eviter douleurs et déplaisirs contraint à une ascèse, une hygiène de vie et une prudence dans ses relations avec les autres qui ne partagent pas forcément les mêmes convictions.
Il n’y a donc pas d’hédonisme sans discipline personnelle, autonomie de pensée (et non croyance), et expérience du réel (au lieu de foi). Le fait que la pensée hédoniste ait été souvent combattue par les régimes autoritaires religieux, philosophiques ou politiques, ne doit pas faire penser qu’une société autorisant l’épanouissement des individus serait dispensée de règles et de contraintes. C’est toute la différence entre un projet cohérent réaliste et une utopie.
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