- La dictature est la concentration des pouvoirs aux mains d’un seul homme, ou d’un groupe d’hommes. Elle représente également le pouvoir absolu. Ainsi peut-on parler de dictature des lois physiques puisqu’elles exercent un empire absolu sur nos actions (qui ne peuvent entraver ces lois), ainsi que sur notre mode de pensée (même la représentation mentale de la réalité, et la capacité à la transformer nous conduit à nous soumettre aux lois de la physique).
- Le terme de « complot » a été employé par des lobbies pour conserver leurs pouvoirs et prérogatives. Ce vocable à la connotation péjorative renvoie aux salles obscures et secrètes, malsaines. Cela a pour résultat de décrédibiliser le locuteur qui emploie ce mot, et de détourner l’attention de ce qu’il dit. Au terme de complot, il faut substituer celui de « stratégie ». Or, personne ne peut nier que dès l’aube de l’humanité, des gens se soient rendus compte qu’ils pouvaient assouvir leurs besoins et désirs plus facilement s’ils pouvaient d’une part se rassembler ; si d’autre part ils pouvaient planifier. Ainsi dans les écoles observent-on des associations de parents d’élèves qui entendent peser sur les décisions. Il n’y a pas complot, mais bel et bien stratégie.
- Le sentiment révolutionnaire ne relève pas de la thérapeutique, mais du bon sens. Il participe à l’amélioration de soi et du groupe ; à la sortie d’un système inadapté pour entrer dans un système plus adapté. Ainsi parle-t-on de révolution technologique ou industrielle. Ne pas accepter son sort, ne pas se résigner est tout simplement souhaitable et admirable. L’être humain est de tous les mammifères le plus opportuniste, c’est-à-dire qu’il dispose intrinsèquement de la capacité à s’adapter. Le désir inconscient de changement fait donc partie de son patrimoine. Révolution = revolvere (latin) = retourner.
- Si Nicolas Sarkozy est qualifié de dictateur, cela n’est pas une marque d’antiparlementarisme, puisque NS est Président de la République, pas parlementaire. En revanche, ses derniers diktats qui visent à museler l’opposition font de lui un antiparlementaire. Je rappelle que le vote ne donne pas le blanc-seing, et le peuple a le devoir de peser au quotidien sur les décisions dont il est l’objet. C’est l’une des composantes de la démocratie. Toute autre vision est purement élitiste et antidémocratique.
- Ce n’est pas parce que de nombreux pays envient notre démocratie, qu’il nous est impossible de la parfaire.
- Une dictature intelligente est une dictature qui laisse l’apparence de la liberté. Liberté et dictature ne sont donc pas incompatibles. D’ailleurs, André Comte-Sponville, au sujet de la tolérance, disait que la République devait tout tolérer, même les manifestations anti-républicaines, à partir du moment où elles ne mettaient pas la République en danger. Dictature et liberté (ou illusion de liberté) ne sont ainsi pas incompatibles. Ainsi je pense que peu de personnes ont pensé aux dictature des lois de la physique, alors que nous pouvons nous mouvoir, malgré la pesanteur. Le tout est de trouver la ligne qui sépare la liberté et la dictature ; elle n’est pas si évidente.
- La démocratie représentative s’est muée en ploutocratie, et il vous suffira de lire mes articles sur les portraits sociologiques de nos députés pour vous en assurer. Notre démocratie n’est plus représentative. Nous sommes gouvernés par des médecins, des avocats et des fonctionnaires. Cela est extrêmement important dans la mesure où notre mode de pensée est dictée au moins autant par nos expériences que par les théories apprises. L’environnement sociologique (donc l’exercice d’une profession) est un facteur conditionnant.
- De Gaulle peut effectivement à certains égards être qualifié de dictateur ou au moins d’autocrate. Mais il a agi dans l’intérêt de la France, pas dans son intérêt personnel ni dans celui de certains groupes. Contrairement à Sarkozy. Le terme même de « dictature éclairée » est employé.
- « Mais il n’en demeure pas moins qu’un pays à forte population ne peut éviter de déléguer l’exercice de la démocratie à des représentants. » écrivez-vous. Ce présent de vérité générale n’a pas sa place puisqu’il existe des modèles alternatives, fruits de l’analyse systémique. Il est certain qu’en passer par l’analyse cartésienne des systèmes ne permet pas de trouver d’autres modes d’organisation des organismes complexes.
- Dans l’histoire parlementaire de notre pays, il est arrivé très souvent que des parlementaires de la majorité ne votent pas en faveur des lois proposées par la majorité. Ces parlementaires, députés de la Nation (et non de la circonscription), ont donc conservé leur libre arbitre. On observe toujours ce comportement, mais il se fait de plus en plus rare, d’où le signe d’une dérive vers une véritable dictature. D’autre part, les partis politiques sont devenus incontournables (ce qui était moins le cas autrefois), et pour se faire élire, il faut d’abord passer par le filtre du parti.
- Aujourd’hui, le rôle du Parlement est moins de légiférer que de retranscrire en Droit Français les décisions de l’Europe !
- Une véritable démocratie ne souffre aucune exception démocratique, et même Jean-Marie Le Pen (que je n’apprécie pas et dont je rejette la majorité des convictions, surtout la discrimination) a le droit de se présenter.
- Vous parlez de majorité, mais la majorité de se constitue par la publicité faite aux idées. Quand le temps de parole n’est pas réparti équitablement entre les différents courants, mais sur la base de situations antérieures, comment voulez-vous qu’une nouvelle majorité puisse se constituer ? Dans un tel système, seul le conservatisme bipartite peut perdurer, et le changement ne peut se produire de manière démocratique.
- Un parti peut être utile au Parlement, à partir du moment où on n’entre pas au Parlement avec l’esprit d’imposer la dictature de la majorité, et ici surtout celle du Président de la République. Malheureusement, encore une fois, les députés de la Nation (donc de nous tous) sont devenus les sujets des partis. Il s’agit d’un grave glissement !
- Comment pouvez-vous affirmer que le FN n’a pas la volonté ni la vocation à être majoritaire et à être une formation de gouvernement ? On disait cela des communistes, et pourtant, ils ont œuvré aux côtés de de Gaulle, puis de Mitterrand !
Ca y est, j’ai fini ma 1/2h d’Agoravox, et j’arrête. Salut à tous !