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Tristan Valmour 16 mai 2009 17:57

J’ai de la sympathie pour les libéraux sincères, beaucoup moins pour les milliardaires qui administrent les think tank libéraux. Parce que leur ambition n’est rien moins que de détruire les Etats pour se substituer à eux. La puissance publique concurrence leur puissance privée.

 

D’autre part, ce qui me gène chez les libéraux, c’est l’emploi des mots « liberté » et « responsabilité » à tout bout de champs. Ils les emploient dans une acception très restrictive. La liberté ne se résume pas à choisir entre plusieurs options. Elle est intimement liée au savoir, au consentement éclairé. La responsabilité est liée au degré de puissance. Et l’homme est bien faible ; il réagit plus qu’il n’agit.

 

L’Homme est un être contradictoire. C’est à la fois un individu et un animal social. De cette contradiction originelle découlent les principaux problèmes que l’on peut formuler par des rapports antinomiques plus ou moins prononcés : égoïsme/altruisme ; inclusion/exclusion ; création/destruction ; humilité/orgueil ; domination/soumission…. Cette ambivalence humaine conduit à se poser la question essentielle : l’espèce progresse-t-elle par les individus ou par le groupe ? 

 

L’Homme est un opportuniste. L’individu, la société et l’espèce sont en perpétuelle mutation, l’Homme s’adapte à toute situation. Malgré cette faculté, seule perdure la nature ambiguë et contradictoire de l’Homme.

 

Toutes les sociétés humaines sont fondées sur ces contradictions et favorisent tantôt un aspect, tantôt l’autre, mais aucune n’est parvenue à limiter les excès qui découlent d’une inclination particulière, sauf de très rares sociétés premières.

 

Cela étant posé, les sociétés qui sacrifient l’individu au groupe, ou le groupe à l’individu ne peuvent fonctionner parce qu’elles ne respectent pas la nature ambivalente de l’Homme. Les unes comme les autres ne peuvent exister que par la contrainte. Contrainte de l’Etat pour les premières, contrainte de la propriété privée pour les secondes. Dans un monde fini, la propriété privée des uns prive de propriété les autres.

 

Le groupe a besoin de l’individu. Il doit favoriser son épanouissement et lui accorder une récompense spécifique pour ses mérites. L’individu a besoin du groupe. C’est grâce à lui (parents, amis, enseignants, médecins, etc.) qu’il s’est élevé. Pour cette raison, mais aussi pour ne pas déséquilibrer le groupe, la récompense doit être plafonnée. Les hyperfortunes que l’on connaît aujourd’hui déséquilibrent la société.

 

La crise ne vient pas du libéralisme qui n’a jamais été appliqué. Elle trouve son unique origine dans la constitution de grandes fortunes qui ont vampirisé le système d’échange de biens et de services.

 

Ce n’est pas difficile de comprendre que la Terre est une planète à la géographie finie aux ressources finies alors que la démographie croît. Un système qui permet l’accumulation infinie de richesses s’essouffle à un moment de son histoire. C’est comme une partie de monopoly : à la fin, il n’en reste qu’un.

 

Je suis intimement convaincu que le libéralisme serait parfaitement accepté s’il proposait le plafonnement des fortunes personnelles. Un plafond suffisamment élevé pour que l’individu tire le groupe mais trop bas pour que ce dernier se sente menacé.

 


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