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Accueil du site > Tribune Libre > Se mettre au... vert, pour une vie en... rose ?

Se mettre au... vert, pour une vie en... rose ?

On nous prédit de plus en plus de personnes allant, par nécessité, rarement par choix, vivre dans les grands centres urbains. Souvent obligés économiquement.
Et il reste souvent la nostalgie du "retour". Un retour que l’on peut préparer avec patience afin de concrétiser ses rêves. 
La ruralité un espoir et une récompense. Et quelques chanceux qui peuvent joindre travail, ruralité et... le bonheur dans le pré. 

Témoignage :

Depuis notre retraite, prise en 2002, à la suite de quarante laborieuses années passées dans une vallée industrialisée alsacienne surpeuplée, nous jouissons du calme, du vert, dans le canton le moins peuplé de la Côte-d’Or. Un hameau contigu au Parc naturel du Morvan. http://www.parcdumorvan.org/

Vie bucolique, loin de grands centres, mais près de la famille et du monde entier grâce à internet.

Avantages certains, mais aussi certains inconvénients. Voyez vous-mêmes, si jamais vous pourriez être tentés.

Quitter les centres urbains, bassins de travail ?

Cela n’est actuellement presque possible que pour des retraités. Demain le télétravail sera de plus en plus une réalité. Je ne vois pas pourquoi nos grandes banques et autres entreprises de services ou administrations font faire du travail en Inde ou en Afrique, et que cela ne serait pas possible à partir des domiciles français campagnards de leurs employés.

Mon fils, codirigeant d’une PME strasbourgeoise (à 400 km), vient dès qu’il le peut, et en famille, faire du VTT dans cette belle région, tout en se reliant deux fois par jour à son entreprise pour se tenir au courant, voir ce qui est fait et donner ses directives. A tel point que de ses collaborateurs et surtout des clients ne se rendent même pas compte de son absence. Depuis quelque temps déjà, le haut-débit est accessible presque partout, même par voie hertzienne, avec du matériel performant et qui vient de chuter de prix. http://www.agence.francetelecom.com/mx/?tp=php&IDCible=1&type=3&code_rubrique=5-522942&WT.srch=1

Mais absolue nécessité d’avoir une voiture (voire deux pour un couple)

(mais ceci est vrai aussi pour les citadins)

Il y a quelques années de ça plusieurs épiciers, boulangers, bouchers, même un poissonnier, faisaient des tournées journalières dans ces campagnes. Mais ils sont à présent en retraite, ou alors la distribution moderne les a mis sur la paille. De notre hameau, il faut rejoindre la ville cantonale la plus proche, distante de 10 km pour trouver tous commerces, médecins, dentistes, bureau de poste, perception. Inutile donc, surtout avec du carburant de plus en plus cher, de lorgner sur un 4x4 du type tracteur pour être bien équipé. Vos véhicules actuels peuvent encore tenir un certain temps. Pour ma part, je rêverais plutôt d’une prochaine voiture électrique comme celle-ci :

http://objectifterre.over-blog.org/article-22216663.html

ou encore celle de l’ingénieur français Guy Nègre, à air comprimé.

http://www.aci-multimedia.net/bio/voiture_air_comprime.htm

en attendant que les classiques marques françaises, peut-être, se réveillent.

Mais aurez-vous l’âme d’un campagnard ?

Si, comme les Asiatiques, vous ne pouvez survivre qu’en groupe, alors vous risquez de ne pas vous plaire longtemps dans le « désert » tout relatif des campagnes. Par contre si depuis des lustres votre rêve est de quitter la promiscuité, les pollutions des agglomérations, alors votre rêve peut se réaliser.

Dans mon cas, ce fut le décès du dernier oncle de mon épouse, paysan-campagnard qui fut le déclic de notre décision d’accepter cet héritage, dans la famille à présent depuis au moins cinq générations.

Du reste, la plupart de notre voisinage est constitué de résidences d’abord secondaires, puis principales, de descendants du terroir. Comme eux, nous avons pendant près de dix ans (aussi pour des raisons de finances) retapé l’ancienne longère pour en faire un moderne et très confortable havre de paix où nos petits-enfants passent la plus grande partie de leurs vacances. Après une flambée récente des prix, partiellement due à la venue de Hollandais, Anglais, Allemands et aussi Parisiens, le marché s’assagit.

Un agent immobilier astucieux s’est spécialisé dans la vente de l’appartement parisien, contre l’achat d’une maison en campagne, tout en rendant encore un pécule intéressant pour la rénovation de celle-ci, compte tenu des prix élevés parisiens. Exemples : http://www.7utile.com/immobilier/index.php?agence=2110018

http://www.immobilier.notaires.fr/jahia/

Bricolage et... patience de temps, font plus que force, ni rage

Un des problèmes que vous allez rencontrer, tout comme moi, est celui des artisans qui seront à solliciter pour retaper la perle rare, mais défraîchie que vous aurez dégoté à un bon prix. Si vous n’avez vraiment jamais tenu des outils dans vos mains, ne vous imposez pas la corvée à l’âge de la retraite. Cela pourrait rapidement devenir un calvaire, puis un enfer. Mais vos voisins ayant réussi leur rénovation pourront utilement vous diriger vers les meilleurs et plus sérieux artisans de la région. Ce seront aussi ceux-là qui seront les plus sollicités. Donc une certaine patience. Mon truc pour que les artisans préfèrent aussi venir chez vous : les payer en lieu et heure au lieu de les faire poireauter des semaines, voire des mois. Ils se refilent aussi entre eux les bonnes adresses de clients.

En conséquence, ne faites pas commencer des travaux sans être sûr de pouvoir les financer. Attention les banques sont moins prêteuses.

Farniente : non. Jardinage : oui !

Si votre but est le farniente, alors restez dans votre cage à lapin (même si elle est dorée), car du boulot il va y en avoir même après que la baraque sera en état. Car vous aurez plus ou moins de terrain autour de chez vous. Enfin, votre lopin de terre. A agrémenter par des fleurs, une pelouse, et plus utile : un potager, voire un verger. Pour certains, le bonheur et l’assurance de savoir ce que vous mangez, du moins partiellement. Enfin vous serez récompensés par l’irrépressible désir de vos enfants et petits-enfants de venir le plus souvent possible dans « la maison de famille ».

http://www.jardiniersdefrance.com/fr/qui_sommes_nous/action3.asp

Autres plus : impôts et taxes moins élevés, x fois plus de surface habitable et de terrain pour vous, votre famille, vos animaux, vos amis. Vie généralement moins chère, possibilité de s’approvisionner de bonnes choses auprès de paysans locaux... Amap et leurs paniers de saison. http://alliancepec.free.fr/Webamap/index1.php

Les moins  : lieux plus éloignés, gens moins rapides pour vous servir (il faut apprendre à prendre leur rythme !), moins de shopping possible, donc moins de dépenses. Culturellement moins de spectacles, de conférences... Mais AV est à portée de clavier et internet est là pour éventuellement vider votre compte par des achats en ligne. Enfin moins de stress... mais qui s’en plaindra ?

Et pourquoi pas expérimenter une telle vie, en faisant des séjours en chambres d’hôtes ? http://www.chambresdhotesenfrance.fr/?gclid=CJWpqOeeqZUCFQ7sXgodzzeVjQ

Voilà tout le bonheur que je souhaite aux uns et aux autres prêts à revenir aux sources.


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33 réactions à cet article    


  • Yohan Yohan 1er septembre 2008 12:44

    Merci Eugène de rappeler les mérites de cette belle région


    • LE CHAT LE CHAT 1er septembre 2008 13:17

      merci Emile pour les charmes de la vie à la campagne . Pas de blème pour moi dès que je serai à la retraite , je viens d’un petit bourg de 1500 h , et j’ai les grandes mégapoles en horreur ! smiley


      • Emile Red Emile Red 1er septembre 2008 14:23

        Emile, c’est pas Eugène, mais où le plaisir d’Eugène ne crée pas de gène, Emile y vit aussi...

        Vive la campagne, même si les 4 bus journaliers à 4 € le ticket ruine le porte-feuille des gosses.


      • LE CHAT LE CHAT 1er septembre 2008 16:24

        @emile

         ma fourche a langué ! smiley


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 1er septembre 2008 17:36

        Merci Eugène pour cet article en plein dans l’ Emile ...


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 1er septembre 2008 17:42

        Foufouille est un médicament contre la bonne humeur , elle date de quand votre dernière éjaculation cher lavement ?


      • brieli67 1er septembre 2008 13:24

         c’est super luxe chez toi ! 

        Faut aller voir du côté Croatie Hongrie et désormais Bulgarie et Roumanie. Pas plus défavorisées que la Bourgogne .... Les NITC sont partout. En plus à 10 km d’un grand centre urbain c’est déja la campagne.
        Des artisans en veux tu en voilà. 

        Plus d’un s’est lancé dans une petite affaire hotellerie restaurant viticulture fruits et légumes... our améliorer son ordinaire. Peu regrettent leur choix ..... parmi les Autrichiens les Suisses et les Allemands du Sud.


        • foufouille foufouille 1er septembre 2008 13:39

          en gros la campagne est reserve aux retraites proprietaires et aux etrangers. pour les autres direction la zup ?
          ds nos campagnes, il y a aussi des hlm et des pavillons a louer. des fois on a meme une autoroute ou des trains. sisi.
          plutot que deux voitures, il vaut mieux des pneus neiges montes sur jante. surtout ds le morvan
          au fait, on a meme des hyper....


          • Emile Red Emile Red 1er septembre 2008 14:35

            Je suis venu à la campagne en 1987 dans une maison qu’on pouvait qualifier de ruine, payée à l’époque 90 000 francs, je n’était pas très riche, je ne le suis toujours pas et ne suis pas non plus retraité.

            Mais modeler son interieur à son gout sans passer par un architecte ou un déco, faire ses meubles, monter sa cuisine, tirer les lignes électriques, faire sa plomberie, carreler sa salle de bain, donnent des ailes quand on voit arriver le résultat, quand on sait que les enfants grandiront hors du smog et du bruit.

            Se lever aux odeurs de rosée, aller aux champignons, sentir les saisons aux parfums de nature, voir le cycle de l’herbe et des feuilles, respirer la vendange aux couleurs de l’automne, entendre les millions de bruissements qui alimentent le silence, cela n’a pas de prix et qu’importe.


          • foufouille foufouille 1er septembre 2008 15:01

            j’ai dit ca pour l’article tres limite. car a part habiter pres du super, avec les feux rouges, on doit mettre aussi longtemps en ville pour faire ses courses. sinon, la neige ds le morvan, y en a pas mal


          • Emile Red Emile Red 1er septembre 2008 15:24

            Sauf qu’en ville tu peux prendre le bus, le métro, le tram, le vélo, qu’à la campagne à part le vélo d’agrément si tu ne t’appelles pas Poulidor, tu n’as que le choix de la voiture que ce soit dans le Morvan neigeux d’Eugène ou dans notre terrible Gironde estivale de ces jours ci. 


          • foufouille foufouille 1er septembre 2008 17:46

            10 km a velo = 1/2h....... sinon tu as des bus au moins deux fois par jour, des fois 3 ou 4. le covoiturage. et le boulanger peut te ramener des trucs si tu es trop fatigue pour marcher 2h.
            sinon tous les bleds bien gerer de +de 500h ont un petit super. le minimum en bourgogne est une petite epicerie tous les 5km


          • foufouille foufouille 1er septembre 2008 17:50

            pour le velo, tu as des velo couche d’occaz ou un kmx a 3 roue neuf, 780€ en angleterre
            avec ca tu peut faire des km. et certains roule a 40. tu peut aussi le fabriquer tout seul


          • Emile Red Emile Red 1er septembre 2008 18:23

            Rêves-tu ?
            La Gironde du nord est très vallonée, de là à y laisser son coeur en confession d’infarctus, niet Popof, le vélo est trop dangereux les routes l’étant tout autant. Reste la voiture et le bus 2 fois jour à 4 € le voyage d’une heure les dix Km...
            De boulanger en goguette, rien, ils sont tous outrageusement sédentaires et les superettes brillent par leur absence, reste le stop à la rigueur si le physique suit et l’automobiliste en passe de baver, mais je n’ai rien de Marylin encore moins de Monroe.


          • eugène wermelinger eugène wermelinger 1er septembre 2008 20:13

            Emile, votre témoignage est certes le meilleur pour montrer la réalisation du rêve du retour à ses sources.


          • brieli67 1er septembre 2008 18:35

            chômage divorce mutation ... 
            La revente de ces petits paradis est dificille voire impossible. Que de temps que d’énergies qui partent en fumées !

            Dans les villages les petits lots se font rares c’est parti pour le dépècement des gros corps de ferme pour un public différent. A vertu de résidences secondaires clean cossy de la nature pour les pavillionnaires des grandes villes.... 

            La France est un grand désert . La superficie bétonnée macadamisée dépasse à peine la superficie de notre plus grand département la Gironde. Y a encore quoi faire ...

             


            • eugène wermelinger eugène wermelinger 1er septembre 2008 20:19

              à Brieli 67 : si, il reste encore de bons petits lots dans notre pays. Et je pense qu’il vaut mieux valoriser notre patrimoine que de s’exporter en Hongrie ou autres pays de l’est. Est-ce toi qui a parlé de luxe ? En tous cas en ne peux pas dire cela du Morvan et de bien d’autres régions reculées. Maintenant si tu veux aller sur la côte, il te faudra être milliardaire russe. 


            • Yohan Yohan 1er septembre 2008 19:38

              Le principal reproche qui est fait à la campagne par certains bobos urbains, c’est le manque de culture. Moi qui vit à Paris, à moins d’une solide organisation, d’une patience à toute épreuve, de solides revenus , on peut faire une croix dessus. En province, le choix est peut-être plus réduit mais c’est possible.
              Cet été, j’ai même eu droit à une répétition d’un concert exceptionnel avec choeurs et orchestre, tout ce qu’il faut, à Vezelay et tout cela, en passant par hasard. Dose de culture à l’oeil bien sûr.


              • eugène wermelinger eugène wermelinger 1er septembre 2008 20:15

                à Yohan : Vézelay, mais c’est à côté de chez moi, ne manque pas de passer me voir !


                • Hilwe Hilwe 1er septembre 2008 20:20

                  Bel article vantant les avantages tout comme les inconvénients, de nos chères campagnes !

                  J’ai aussi cette nostalgie du retour. Il y a deux ans, j’ai quitté ma petite campagne creusoise (oui, oui vous avez bien lu "campagne creusoise"), et elle me manque bien déjà.
                  Et pourtant, quand j’étais encore au lycée, je ne rêvais que d’une seule chose : quitter ce bled ! J’ai commencé mes études, découvert la vie urbaine, le bruit, l’agitation, le stresse, les quarante minutes de transport en commun le matin, les quarante même minutes le soir. Depuis, j’attends avec impatience le moment où je reviendrai en Creuse, afin de retrouver ses collines verdoyantes, ses forêts, tous ses paysages que j’aime, le calme, l’air pur... avant de replonger dans le tumulte des grandes villes.
                  Comme quoi "se mettre au vert" de temps en temps (quand on n’a pas la possibité de le faire toute l’année) peut être une composante d’un certain équilibre de vie..... même chez les jeunes !


                  • Emile Red Emile Red 2 septembre 2008 12:50

                    Arghhh !

                    Abandonner la Creuse, quel crime, j’ai passé mes plus tendres vacances d’enfant à Moutier Malcard, et si aujourd’hui je vis à la campagne je le dois à cette Creuse que mes souvenirs embellissent tant et plus.

                    Où sont les gardons, les girolles, le cidre, le lac de Chambon, les noisettes captées du haut d’un vieux tombereau bleu .......


                  • Deneb Deneb 2 septembre 2008 06:53

                    Aller vivre à la campagne est onéreux. Quand on télétravaille, il faut quand-même se déplacer de temps en temps, une visite sur le terrain, rendez-vous extérieur etc. On a donc besoin de moyen de transport individuel, ce qui revient chèr, comme tout le monde le sait. En ville, on peut s’en passer, quand les transports en commun sont bien organisés, comme c’est le cas dans de nombreuses agglomerations françaises. L’internet est souvent moins performant à la campagne qu’en ville, donc handicap pour le télétravail. Entretenir une maison individuelle necessite plus d’energie et de moyens financiers qu’une habitation urbaine. Sans parler de la proximité des commerces, qui faut souvent défaut à la campagne.

                    Ceausescu voulait construire les villes à la campagne. On devrait faire plutôt l’inverse : aerer les villes, multiplier les espaces verts, les zonnes pietonnes, bref, mettre un peu de campagne dans les villes.


                    • jobsanter 2 septembre 2008 08:02

                      Bonjour,

                      Tout est finalement dans le titre : "Se mettre au... vert, pour une vie en... rose ?"

                      Là vie n’est jamais vraiment rose nulle part... mais elle peut être beaucoup plus galère à certains endroits qu’à d’autres.

                      Ce titre montre bien la bonne volonté de positiver (une forme de "décompression de la ville") quand on arrive dans ces lieux isolés malgré une certaine perception des problèmes que vous exprimez.


                      - Vous montrez bien que beaucoup de ruraux sont obligés économiquement de partir en ville pour vivre même s’ils sont plus "tranquilles" dans leur région.

                      Vous arrivez à la campagne dans de bonnes prédispositions puisque vous avez de l’argent à y dépenser et pas de travail à y trouver. C’est l’idéal pour les campagnes.

                      Vous avez la chance en plus, de ne pas être vraiment isolé en plein milieu du Morvan à 1 heure de la ville par les petites routes sinueuses.

                      Vous avez certes de la famille qui vient vous voir... mais qu’en sera-t-il de vos amis, de vos liens sociaux au bout de 10 ans ?

                      L’internet ne remplacera jamais les liens sociaux dans l’amité comme dans le travail... et dans les campagnes, on a vite fait le tour des sujets de conversation... le choix des amis de votre niveau social y est limité car il n’y a pas que le "télétravail" dans la vie.

                      C’est vrai que l’on pourrait délocaliser les emplois vers les campagnes de France plutôt qu’en Inde ou en Afrique... çà coûterait guère plus cher vu les salaires dans les campagnes et sans prime de transport.

                      Le commun des mortels à la campagne, quand il travaille, gagne plutôt moins de 1200 euros par mois d’oû il faut retirer au moins 300 euros pour les déplacements... et quand on est en couple, il faut deux voitures... comme vous le dites. Vous notez bien aussi, une certaine flambée des prix dans les campagnes avec... la qualité en moins.

                      Même les commerçants ne font plus de tournées pour alimenter les villages. Il faut se déplacer à la ville (jusqu’à 150 km du Morvan pour une ville un peu commerciale)... sauf bien sûr pour les commerces de première nécessité. Qu’en est-il aussi pour trouver un artisan compétent et disponible qui devrait être un atout dans les campagnes ?... Comme vous le dites, ils ne viennent pas non plus très rapidement... voir jamais... mais ils disent toujours "oui". Le travail au black est finalement la seule solution palliative.

                      On découvre aussi rapidement le poids d’avoir une grande maison et un terrain... il y a toujours quelque chose à faire, c’est cher et épuisant quand on est retraité. Ce n’est jamais des vacances, en tout cas.

                      On peut toujours rêver à la voiture électrique mais ne n’est ni simple ni rentable, dans le Morvan, en plus.

                      On comprend vite que cette région, c’est moins de choses mais plus de dépenses. Quand à la culture et aux spectacles... ils sont... dans les champs... ou à la télé... ou sur l’écran d’ordinateur... un plaisir virtuel ou distant, en quelque sorte.

                      Vous avez aussi raison sur les chambres d’hôtes sont une excellente façon de découvrir le Morvan sans s’y enfermer... d’autant plus qu’elles ne trouvent pas toujours de clients même en juillet et août.

                      Vous percevez les problèmes, mais vous n’avez pas encore pris conscience de leur portée sur votre vie... et de son coût, pour certains.

                      Nous n’avons même pas abordé les problèmes de santé, la distance et les délais pour trouver un médecin compétent.

                      Encore une chance dans votre cas... vous pourrez faire le voyage à l’envers, le jour où...

                      J’ai bien aimé votre article pour son objectivité... même si vous ne subissez pas les invénients que vous signalez.

                      js


                      • eugène wermelinger eugène wermelinger 2 septembre 2008 09:57

                        Cher Job, je suis allé lire tes articles, qui se caractérisent tous les deux par une profond pessimisme de mauvais aloi. Par contre les commentaires de la plupart des internautes essayaient de te remonter le moral et de te donner des pistes à suivre pour changer ta vie en mieux. Et apparemment tu y es resté sourd. Tu es surtout enfermé non pas dans la belle campagne, mais dans les idées grises de ta tête.
                        Il y a aussi des riches qui se mettent dans de telles situations. Même avec un million en banque, tu trouverais encore le moyen de déprimer, en restant ainsi enchaîné à tes mauvaises convictions intérieures.
                        Voilà pour ma consultation. A zéro euro encore. N’en prends pas un coup de sang. Trouves aujourd’hui encore le moyen de rire un bon coup. Même de ma naïveté, si cela peut t’ aider. 
                        Il faudra que je vienne te rendre visite, mais gare au coup de pied qqpart !


                      • jobsanter 5 septembre 2008 08:26

                        Bonjour,

                        Depuis 8 ans sur 10 années dans le Morvan, je cherche à rentrer chez moi, en région parisienne.

                        Je ne suis pas du tout fait pour cette vie de solitude sans travail en se privant de tout. Une vie où tout, vraiment tout est compliqué.

                        Vous le précisez vous-mêmes, pour une partie... mais vous trouvez çà bien, cette dureté, cet enfermement..

                        Jusqu’au jour où votre santé sera détruite, où vous n’aurez plus la force de faire face, où vous prendrez conscience des dégats de cette longue chute... et là, quand il sera peut être trop tard, certains d’entre vous se poseront cette question "pourquoi suis-je venu là ?".

                        Et la réponse et dans ce même forum... je suis venu en grande partie parce que les forums, les télés, les magazines me vantent sans cesse les bénéfices de la campagne... alors que les gens des campagnes rejoignent les villes (paradoxal, n’est-il pas ?).

                        Je voudrais, qu’en pareil cas, le retour soit possible. Mais pas un retour les poches vides, sans rien alors qu’on est venu heureux, avec la vie facile. On ne peut pas faire vivre les campagnes à n’importe quel prix, avec l’argent des villes, avec les vies de ceux qui n’y sont pas nés.

                        Tous ces services sociaux coûtent une fortune au pays... ces ramassages scolaires, ces transports de 2 ou 3 personnes en taxi, au prix fort sont autant de gabegies. Je n’ai pas demandé à être au RMI, je n’ai pas demandé à n’avoir pour seul travail que le bénévolat. C’est à la fois une perte de compétences, d’énergies pour le pays et une condamnation des vies.

                        Cette misère est trop chère pour moi... rendez-moi mon béton.

                        js


                      • eugène wermelinger eugène wermelinger 5 septembre 2008 11:20

                        Cher Jobsanter,
                        Permets-moi d’abord de continuer très amicalement à te tutoyer. (Je pense que tu as l’âge de mes enfants)
                        Je suis désolé de ton état.
                        Tu écris qqpart que tu as différentes compétences, déjà on voit que tu es cultivé et que tu écris bien. Même ton analyse est partiellement correcte. Tes commentaires pourront servir à ceux qui ne sont pas aptes à vivre à la campagne. 

                        Essaye de valoriser tes compétences, là où tu vis,ou dans l’agglomération régionale proche, ou à Paris. Tu parles de bénévolat : peut-être y rencontres-tu des personnes qui pourront t’orienter vers une vie intégrée ? Il faut aussi savoir demander, pour recevoir. Mets les choses en oeuvre, et dis-toi bien "qu’un imbécile qui avance va plus loin qu’un lettré qui reste sur place." Je crois que c’est très ancien comme dicton.

                        J’habite à 10 min de la Nièvre, mais peut-être aussi à deux heures de chez toi. Si tu souhaites que nous parlions tu as le moyen de trouver très facilement mes coordonnées. Aveuglé dans ta cage, il se peut que tu ne regardes pas du côté de l’ouverture, et qu’une autre personne peut la voir. 

                        Je trouve que c’est un bienfait que de pouvoir ainsi avoir tes contacts humains sur le Net.
                        Cordiale poignée de main. 






                      • jobsanter 7 septembre 2008 11:58

                        Mon <vous> s’adresse à l’ensemble des visiteurs.

                        Pas de problème pour se tutoyer. Nous avons sans doute une certaine proximité dans l’esprit d’entreprise (les diplômes en moins pour ma part). J’ai 60 ans dans 2 mois.

                        Tout ce que j’étais devenu avant d’arriver à Lormes, je le dois à des amis qui m’ont aidés parce qu’ils m’ont fait confiance... car sur le fond, je suis de milieu modeste... je viens de "la rue".

                        C’est cet isolement dans ce milieu rural d’aujourd’hui, sans ami, qui ne se préoccupe pas fondamentalement de l’autre voire qui en profite qui m’a fait tout perdre... et c’est contre cela que je me révolte.

                        Je ne voyais pas la campagne comme un isolement et un appauvrissement... car, à mon arrivée, par la présence d’un maire puissant (Christian Paul), il y avait beaucoup d’animations, des gens ouverts, des soutiens et des liens sociaux... je me sentais entouré... sinon, je n’aurais pas tenté l’aventure.

                        Je n’imaginais pas non plus le retour en arrière impossible... je comptais rentrer sur la région parisienne plus tard pour une fin de vie dans la "commodité".

                        Si un jour tu as l’occasion de passer par Lormes, c’est bien volontiers que je t’ouvrirai ma porte pour que tu vois par toi-même ce qu’il en est réellement.

                        Une promenade dans les rues aux volets fermés, aux maisons à vendre, aux façades délabrées permet de comprendre la déprime actuelle (qui n’est pas la mienne).

                        Le travail serait la seule respiration sur le monde extérieur à la Nièvre... j’ai eu de nombreuses initiatives pour participer à la vie locale... mais je n’ai rien à y apporter car ils ne veulent pas de moi. Je bouge trop de choses, je suis trop "progressiste" avec mon informatique et mon internet... mes idées de développement touristiques et économiques.

                        Depuis cette année, je suis membre d’une Coopérative d’Activités et d’Emploi à Dijon. Cà évite les risques d’une entreprise là où le chiffre d’affaire est incertain et où l’on ne couvre même pas ses charges fixes. Pourtant, dans la pratique professionnelle, j’ai d’excellents résultats.

                        Mes vrais clients se situeraient en Côte d’Or ou sur Paris... là où il y a besoin de résultats et de compétences... mais çà fait beaucoup de déplacements qui ont un coût en temps et en argent... et j’ai 60 ans, malgré tout, l’âge de la retraite... ce qui veut dire que je ne peux plus refaire ma vie... mais seulement travailler quelques années.

                        Jamais je ne retrouverai ma vie passée.

                        Je veux expliquer cela comme une sorte de testament à ceux qui croient que la campagne est un eldorado... c’est juste bon à ceux qui se contentent d’une vie minimaliste sans argent ni projets de confort, de culture, de relations sociales enrichissantes... à moins, comme toi, de ne pas dépendre de la région pour sa subsistance.

                        Je n’ai jamais vu un citadin réussir dans la Nièvre... cela existe peut-être, mais je n’en connais pas.

                        js

                        PS : le bénévolat que l’on me propose ne fait qu’occuper les gens actifs dans le cercle de la misère mais pas à leur ouvrir des portes pour en sortir. Je suis certes apprécié quand on ne me paye pas... mais reconnaître ma valeur, c’est me donner un salaire, c’est me rendre ma liberté et ma dignité. Ensuite, seulement, je pourrai faire du bénévolat si j’en ai le temps et l’envie.


                      • jobsanter 7 septembre 2008 14:26

                        Cette vie là, je ne l’aurai pas choisie...
                        je la comprends pour ceux qui renoncent à certains côtés de la vie moderne...
                        mais mon amour de la nature n’exclue pas le progrès, le confort, l’indépendance économique...

                        J’ai l’esprit pionnier ou du moins, créatif, dynamique... j’aime bien l’aventure mais pas les catastrophes... pas la misère fabriquée.

                        Je soutiens l’esprit d’échange et les solidarités, mais, là où je vis, il n’y a pas de solidarité (ou bien j’en suis exclus)... mes solidarités sont là où sont mes racines, mon histoire, mes copains d’enfance, ceux avec qui j’ai partagé des réussites...

                        Je n’ai pas fuis la ville en allant à la campagne... je voulais une autre page dans ma vie et j’ai trouvé une cassure, un emprisonnement dans la solitude.

                        Ma personnalité, mes aspirations ne peuvent attendre la fin de ma vie pour bénéficier de certains progrès et là où je suis venu, le maire s’occupait du développement de l’internet dans les zones rurales... il y avait du dynamisme et j’entrevoyais la possibilité d’y participer...

                        Et puis, tout s’est refermé sur moi... incendie, blessures, perte du travail, isolement et tout ce qui coupe du monde et de la société.

                        La misère n’est pas mon idéal de vie et encore moins quand elle est fabriquée par des gens qui en vivent.

                        Je ne veux pas me battre pour survivre mais pour progresser... pas mettre ma vie en danger mais augmenter mon plaisir de vivre dans la sérénité de la nature gérée socialement et économiquement.

                        Il y a des risques pour la santé à cet isolement et un coût élevé pour les villes qui, de fait, financent les campagnes sans revenus économiques.

                        Je n’ai pas choisi le sacrifice inéluctable et définitif de ma vie et de le comprendre qu’au moment où il est trop tard...

                        ces risques là, en France, ne devraient pas exister... imaginez les gens des campagnes qui sont nés dans la misère et qui n’en sont jamais sortis... là est l’injustice...

                        je n’ai pas choisi d’être parmi eux mais je les défends.

                        js


                      • jobsanter 7 septembre 2008 14:32

                        ce dernier message est une réponse à P@py, il se retrouve mal placé... mauvais clic ? js


                      • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 2 septembre 2008 09:41

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                        Salut Eugène,

                         

                        Très beau Pays que le Morvan, ( que je connais un peu, il y à 39 ans venant de Roanne ,je le traversais chaque semaine dans les deux sens ....pour me rendre à Sens pour effectuer ma formation de motard )

                         

                        J’aime bien ce Pays, car avec ses sapins c’est le principal auxiliaire du père Noël !

                         

                        De 68 à 82, j’ai aussi habitais en région rurale ( limite Monts de la Madeleine / Montagne Bourbonnaise ), outre les nombreux avantages que tu cites : qualité de vie, bon air, tranquillité etc , j’ai connu ( pendant quelques années ) aussi les servitudes que sont les transports scolaires ( nous devions suivant mon service ) faire 4 fois 30 bornes pour conduire les enfants à l’école ou au collège. Ensuite ça été plus facile, ramassage solaire pour le collège, et voisin ( qui bossait à l’arsenal de Roanne ( ceux qui fabrique AMX char Leclerc ) pour celui qui allait au lycée.

                         

                        Je me souviens qu’à l’époque que dans le budget, que le poste carburant était déjà assez conséquent,... alors maintenant pour ceux qui vivent loin des villes, celui-ci devient de plus en plus inquiétant !

                         

                        Autre bonne chose,... pour compenser les dépenses carburant,le chauffage coûtait disons que dalle, sois j’aidais un paysan à livrer dubois, ou j’en faisais moi-même, et j’avais un très grand jardin, et une grande basse-cour . ( entre poules, coqs, canards,dindes, pintades et lapins, plus d’une centaine de bêtes.)

                         

                        @+ P@py

                         

                         

                         

                         

                         

                         

                         

                         

                         

                         

                         

                         


                        • eugène wermelinger eugène wermelinger 2 septembre 2008 10:00

                          Bien dit Papy Gilbert,
                          Merci pour ton coucou.
                          Et pour Job : prends -en de la graine, le Papy est d’un bon conseil. 


                        • Gilbert Spagnolo dit P@py Gilbert Spagnolo dit P@py 2 septembre 2008 11:49

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                          @ Eugène et @ Job,

                           

                          Pour réussir un « retour à la terre » si vos moyens financiers sont disons « limités », cela nécessite, je pense une certaine philosophie... et un esprit un peu pionnier !

                          Ensuite, il ne faut pas rester les pieds dans le même sabot,.... pour faire simple il faudra certainement se bouger le luc ! ( travaux, jardins, et comme je l’ai dit dans ma première réponse aide aux voisins en échange de bois par exemple )

                           

                          @ Job ,je fais te dire quand j’habitais à la campagne, en mon boulot de fainéant motard CRS et- police urbaine, les travaux de réfection, le jardin, la basse- cour, transport des momes,et même de faire en famille des balades en forêt, j’vais te dire mon gars, je n’avais pas le temps de geindre, ... et si le web avait existé, sur que je n’aurais pas eu trop le temps de m’y attarder non plus !

                           

                          T’in juste deux anecdotes.

                           

                          Lorsque nous nous sommes installés dans ce petit hameau à 820 m d’altidute, nous avons demandés le téléphone...QUE NOUSAVONS OBTENU....AU BOUT DE 7 ANS !

                           

                          Dans l’hiver 69/70 lorsque j’étais en déplacement de 50 jours,une nuit la neige est tombée, et le matin non épouse a été obligée de sortir de la maison par

                          une des pénètres,même que l’électricité a été était coupé ...que 24 heures juste poursauver le contenu du gros congel style bahut , et elle à vécue avec nos 3 momes 3 dans le hameau qui a été isollé pendant près d’une semaine VO ( chemin communal )bloqué par les congères, nos plus proches voisins ( 400 m environ ) le père et son fils sont venus lui rendre visite en faisant à la pelle un passage à travers les congères de neige, t’in même pour de protéger de la neige ces derniers s’étaient entourés chacun de leurs deux jambes avec une boge ( grand sac à patates ) !

                          Au bout d’une semaine, c’est mon épouse avec notre Méhari et les chaînes à neige accompagnée des voisins (armés de pelles ) qui sont descendus au bourg (15 km ) faire des courses.

                           

                          Voila , ce n’est pas de la préhistoire, c’était juste il y a 40 ans.

                           

                           

                          @+ P@py

                           

                           

                           

                           

                           

                           

                           

                           

                           

                           

                           

                           


                        • jobsanter 12 septembre 2008 13:03

                          J’aurais tout fait pour ne pas mourir... çà va mal, je suis déjà tombé malade, bien tôt cette année...
                          Je vais voir le médecin cet après midi pour avoir des antibiotiques.
                          J’étais allé lundi à la coopérative pour une réunion à Dijon et j’ai du attraper çà sur la route.
                          De plus, ma vieille 309 de 1988 a perdu son pot d’échapement... encore des frais en perspective.
                          Hier soir, il pleuvait à torrent et j’entendais un bruit anormal dans le couloir.
                          Je suis allé voir. Çà m’a semblé être la pluie contre la porte métallique de l’entrée.
                          Un peu plus tard, en entrant dans la chambre, je me suis rendu compte que le plancher était inondé.
                          C’était l’eau qui tombait du grenier par le toit percé. Les gamelles n’y suffisaient plus.
                          Heureusement, le lit n’avait rien. Çà a plu juste à côté.
                          Vous voyez, c’est pour des choses comme çà que je veux rentrer chez moi... je ne supporte plus cette solitude et ces mauvaises nouvelles qui me poussent toujours un peu plus vers la seule porte de sortie possible... pas celle de la vie... pas celle de mes souvenirs.
                          La campagne, c’est malheureusement pour moi le sas de la fin.
                          js

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