• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Alphaba

sur Déforestation et développement durable


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Alphaba (---.---.182.132) 1er août 2006 14:36

Tout d’abord, merci Demesure pour le lien que vous avez fournit : un auteur qui cite, réhabilite et enfin s’appuie sur le travail de ce géant de l’ethnologie que fut Alfred Métraux, plutôt que sur les billevesées à caractère raciste de Thor Heyerdhal dont s’est servi Jared Diamond pour élaborer sa thèse fumeuse, cet auteur-là mérite respect et lecture attentive.

Benny Peiser démontre, Métraux et d’autres chercheurs crédbles à l’appui, que Diamond a occulté ou ignoré (délibérément ajouterai-je) le rôle déterminant d’Européens dans la destruction de la population, de la civilisation et, plus ou moins directement, de l’environnement des Pasquans. Peiser a donc ma gratitude pour l’économie d’argent et de temps qu’il me fait réaliser : sachant grâce à lui que Diamond peut prendre des libertés éhontées avec la méthode scientifique ou, plus largement, avec ce que les anglo-saxons appellent critical thinking ce dernier fait désormais de ma liste d’auteurs dont je n’achète ni ne lit les livres (ce qui ne m’empêche pas de jeter un coup d’oeil à leur prose quand l’occasion se présente sur le web).

Déforestation et surfaces cultivables

Comme vous Forest Ent, la déforestation m’émeut : chaque fois que je me rends en Amazonie, je suis horrifié et attristé par les ravages que les colons métis et les mafias du bois font subir à la forêt (dans la région d’Iquitos [Amazonie péruvienne], on commence à voir apparaître des... dunes de sable blanc en pleine jungle. C’est irréel et affolant).

Maintenant, et cela a commencé à être évoqué dans ce fil par Thucydide et Demesure, si la déforestation est un sujet de préoccupation parfaitement légitime, y compris d’un point de vue scientifique, ce sujet entre en collision avec une autre préoccupation, tout aussi légitime, qui est de se demander comment l’on va nourrir les quelques 9 milliards d’êtres humains que comptera la Terre vers 2050.

On sait qu’aujourd’hui les surfaces cultivables permettent juste de nourrir la population humaine actuelle (en théorie bien sûr puisque diverses inégalités et injustices font qu’environ 13 % de la population mondiale souffre de malnutrition). Or durant le demi-siècle à venir, cette population va croître de près de 50 % par rapport à ce qu’elle est aujourd’hui pour atteindre un pic historique autour de 9 milliards (présentation panoptique [ONU, pdf]).

Même si le réchauffement climatique global se poursuit et permet, peut-être, de rendre cultivables des étendues qui l’étaient pas jusqu’alors, comme en Sibérie, les pertes probables ailleurs (pourtour méditerranéen par exemple), et surtout l’ampleur de l’accroissement démographique rendent inéluctable un accroissement des surfaces cultivables au détriment des forêts. Il va falloir se faire une raison, les forêts, en particulier les forêts tropicales, dont celle d’Amazonie, vont continuer de rétrécir...


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès