@ demian
Bonjour mon cher Demian. Ravi de vous retrouver au hasard de ce fil. Je n’aime pas m’adresser à vous par l’intermédiaire d’une tierce personne, aussi je reprends directement avec vous quelques-uns des propos que j’ai fait passer à Cambronne.
Oui, pourquoi tant de mépris et tant de haine pour Bulgroz ? Votre mansuétude s’arrête où exactement ? Dans quelle sphère tapissée de post-it à usage des convenances ? Bulgroz est un peu bourrru, j’en conviens. Il a la dent dure. Mais il ne manifeste pas la haine de certains qui sévissent sur ce même fil. Il critique le Coran. C’est son droit. De même que Reboul passe son temps à critiquer les cathos et que les hezbollaphiles ne savent parler que de complot sioniste. Soyez plus éclectique dans votre mépris.
Bulgroz a du courage de se coltiner avec la bande de chacals qui colle à ses basques. Il se défend très bien.
Vous parlez d’Ibn Arabi. Personnellement, j’ai le « Traité de l’amour » dans ma bibliothèque, mais je n’ai jamais pu en lire plus de 10 pages. Le mythe de « l’aimé » me gonfle prodigieusement. C’est un truc pour les élites. Allez demander à un berger de l’Atlas, encore plus à une petite bergère à la peau tachée par la gale comme il m’est arrivé souvent d’en rencontrer, si elles sont parées pour s’embarquer là-dedans. Le thème était à la mode un peu partout, au XIIIème et XIVème siècle et il a été repris par Thérèse d’Avila. Maître Eckart s’y est cassé les dents. Procurez-vous, si vous ne l’avez pas déjà fait, les controverses que Ramon Llulle (Raymond Lulle) entretenait avec des savants musulmans à Tunis et à Bougie à la fin du XIIIème siècle. C’est franchement rébarbatif et tout ça a fini dans le puits sans fin de l’incompréhension la plus totale.
Et puisque vous évoquez Rimbaud, doit-on vous rappelez que dans une Saison en Enfer il parle de la « sagesse batarde du Coran »... A méditer peut-être...
Patrick Adam