Je me répète donc : l’image de la maternité ne relève pas seulement de l’ordre privé mais de la contrainte publique dans la mesure où
1) d’une part elle concerne le soin des enfants qui relèvent de la responsabilité sociale tout autant que de celle, privée, de la mère ou du père ; on le voit immédiatement lorsque justement ces soins ne sont pas suffisants ou conformes à des normes d’hygiène et éducatives socialement validées, la justice peut à tout moment intervenir dans l’intérêt de l’enfant en le séparant de ses parents. Ainsi les enfants ne sont pas la propriété privée de leurs parents, mais sont élevés en vue de devenir des individus autonomes dans une société démocratique, pluraliste et libérale. C’est pourquoi la société a un droit de regard public sur la manière dont les parents s’en occupent et les éduquent (même et surtout lorsque les parents prétendent assurer la totalité de leur éducation)
2) D’autre part, du point de vue de SR, l’image de la maternité associée à la fonction de responsabilité politique qu’elle revendique signifie que pour elle (et pour moi) son exemple vaut pour l’ensemble des femmes qui veulent assumer le double fonction sociale qu’est le travail et la responsabilité et la fonction maternelle. La question de la place de la femme dans la société est, pour elle (et pour moi) un problème politique majeur et donc une question publique centrale. Elle a voulu par là affirmer une revendication « féministe », à savoir que les fonctions de pouvoir social ne sont pas incompatibles avec la maternité afin de briser le préjugé machiste qui produit ce qu’on appelle l’effet « plafond de verre » que Laurent Fabius a parfaitement exprimé par la question : « Qui va garder les enfants ? ». La première division sociale du travail reste encore celle entre femmes et hommes dès lors que notre société a encore tendance à exclure les femmes du pouvoir social, politique et/ou économique à cause de la maternité.
Donc, pour résumer, je dirais que nous ne sommes pas d’accord sur deux points :
1) Nous ne mettons pas la différence entre public et privé au même endroit (voir mes autres commentaires). Ainsi La famille et la maternité concernent autant la vie privée que la vie publique. Disons que la famille est une justement une zone de chevauchement entre les deux. Par contre sont de la sphère exclusivement privée la sexualité et les modes d’expression des affections et des sentiments et les éthiques comportementales personnelles et relationnelles, dans la mesure où ils restent non-violents.
3) D’autre part je considère que chacun est libre de révéler ce qui dans sa vie privée peut avoir un sens politique pour tous, ce qui est explicitement le cas
3) Enfin dans les cas de défense de sa liberté individuelle, contre la tyrannie de l’opinion ou celle d’une régime politique totalitaire, le droit de mentir sur sa vie privée, voire publique clandestine, peut être une nécessité pragmatique incontournable. (ex : Clinton, les résistants). Contre la tyrannie et plus généralement contre toute forme de domination, tous les moyens sont bons, car la liberté est le principe de tous les principes démocratiques.
Merci de m’avoir permis d’expliquer plus clairement la complexité de ma position.
25/06 14:37 - Vilain petit canard
@ Sylvain Reboul Vous dites plus haut « ont été obligés d’annoncer qu’ils ne (...)
22/06 09:09 - LE CHAT
@sylvain Reboul Fafa est mal placé pour faire la critique , il se pipolise aussi , tout le (...)
21/06 20:58 - Sylvain Reboul
« C’est tout à fait incroyalbe d’écrire cela et je n’ose imaginer ce qui vous (...)
21/06 20:31 - Sylvain Reboul
21/06 19:05 - Marsupilami
@ Sylvain Reboul Très bon article, très bien enrichi par tes échanges avec Icxs Pey. Dommage (...)
21/06 18:56 - Sylvain Reboul
Je pense que nous avons donné les éléments suffisants d’une réflexion de fond sur un (...)
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