On attendait François Fillon lors de son discours de politique générale. Le troupeau bêlant des medias nous avait à l’avance indiqué que, placé dans une position impossible par l’activisme du Président, son Premier Ministre transformé en une sorte de Grand Chambellan, coincé entre un Guéant et un Guaino, aurait bien du mal à nous convaincre de son autorité. Mais c’était mal connaître l’homme qui sous un abord affable cache un caractère en acier trempé ainsi qu’un goût certain pour le baston, dès lors qu’il s’agit de rosser du socialiste sectaire (pardon pour le pléonasme). C’est d’ailleurs ce qui me le rend sympathique. J’ avoue que celà n’a pas toujours été le cas. Je l’avais longtemps pris pour un ambitieux sans grande envergure, plus doué pour le compromis que pour l’action. Une sorte de Bayrou en mieux coiffé dont les prises de position virulentes contre Chirac et Villepin m’avaient paru devoir plus à la frustration d’un favori déchu qu’à une véritable réflexion de stratège à la conquête du pouvoir. En rencontrant Sarkozy, Fillon a très vite compris tout le parti qu’il pourrait tirer en montant dans le tout premier wagon accroché à cette fabuleuse locomotive. Je veux parler du tender à charbon, là où se tient le soutier, pelle en main. Le soutier c’ est le « chauffeur ». Celui qui met en chauffe la machine à grands coups de pelle. Exposé au feu brûlant qui sort du ventre de la bête, il s’épuise à y enfourner des briquets de charbon dans l’espoir bien vain de combler son inextinguible appétit, tandis que le mécanicien, le coude au portillon, fait donner le sifflet de sa Lison et toise d’un oeil conquérant sous son masque de suie à peine marqué de la trace des lunettes qu’il a relevées, les badauds qui accourent, lorsque le convoi entre en gare en sifflant comme un arbitre de la Bundesliga (respirez). Dans le jeu de la Bête humaine Fillon a tiré chauffeur. Il le sait et celà lui convient. La gloire ne sera pas pour lui. Au mécanicien de la General reviendront les applaudissements des voyageurs satisfaits. A lui l’opprobe si la chaudière explose ou si la machine est à court d’eau ou de charbon. Mais ce rôle il l’assume pleinement. Il n’en tire pas de fierté particulière ni de fausse humilité. Il fait équipe et connaît la part qui lui revient. Avant le voyage, il ont tracé la voie ensemble tous les deux. Et celle-là à quelques aiguillages près ne pourra plus changer. C’est celle d’une véritable rupture avec nos archaïsmes, celle qui nous rendra notre énergie créative et avec elle notre optimisme et la foi en notre avenir commun . Il en a décrit les étapes aujourd’ hui. La répartition des rôles est claire. Le mécanicien restera à la fenêtre, sifflera plus souvent qu’à son tour freinera aussi lorsque la machine viendra à prendre trop de vitesse ou même avant qu’elle ne démarre, comme on vient de le voir à propos des Universités, et triomphera lors des entrées en gare si l’horaire est respecté. Le soutier lui, s’affichera modeste entre son tas de charbon et sa chaudière. Il sait combien de coups de pelles le séparent de leur destination commune. Il fera le boulot.
08/07 09:05 - le pen la vie la vraie
Avoir 26 ans et écrire un article sur françois fillon ! Même les jeunes sont vieux maintenant, (...)
08/07 07:48 - Roues Libres
08/07 03:16 - Pierre JC Allard
@ taverne des poetes.. Supposons qu’au lieu de vouloir ramener la réalité au modèle, on (...)
07/07 23:08 - moebius
07/07 22:24 - moebius
07/07 22:20 - moebius
A l’heure du TGV vos métaphores thermodynamiques semblent un peu datés. J’imagine (...)
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
A propos / Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération