Je pense qu’en général la concurrence est bénéfique sous un certain nombre de conditions - qui sont de moins en moins respectées : grand nombre de petits acteurs, exigence de retours sur investissements raisonnables et découragement par la puissance publique du gaspillage et de la « vente de vent », comme vous dites. Je ne découvre rien, tout celà est connu, mais le système est tellement accro au profit à court terme qu’il en vient à saper ses propres fondemments.
Le problème c’est que, lorsque la crise dont on parle se produira, ce ne sont pas ceux qui l’auront provoqué qui casqueront.
L’autre limite est sectorielle : oui à la concurrence sur le marché des ponçeuses, des pneus de voitures ou des friteuses, mais non, dix fois non sur des grands besoins de base, pour lesquels l’infrastructure est unique, le produit indispensable, le politique de réduction de la consommation et de maîtrise de l’investissement nécessaire. On en arrive naturellement à exclure La santé, les transports férroviaires, l’éléctricité, l’éducation et certains autres secteurs qu’on aurait jamais eu l’idée de laisser à des interêts privés après-guerre. Celà n’a pas empéché les 30 glorieuses.
Gains nuls pour la collectivité, enrichissement de quelque uns au détriments de tous les autres, catastrophes probables, impossibilité de mener une politique publiques, machines à gaz nécessaire pour créer de la fausse concurrence sur des marchés qui ne sont pas fait pour ça... Et on continue d’y croire. Ce n’est plus de l’idéologie c’est de la religion.
Et puis c’est aussi un problème existenciel : le problème de la commission c’est qu’elle n’est pas là pour gérer un « optimum » concurrentiel, ce qui lui permetterait de se remettre en question ou de faire machine arrière, elle est là pour augmenter la concurrence, point. Elle ne peut qu’avancer sans jamais s’arrêter. Pareil pour la liberté de circulation des capitaux d’ailleurs