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Commentaire de Philippe Vassé

sur Créationnisme et dessein intelligent : échec total à l'Est


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Philippe Vassé Philippe Vassé 3 août 2007 05:36

A Michel Maugis,

Merci de votre sereine et intéressante réponse à mon modeste texte.

Malheureusement pour moi, je n’ai pas ici- là où je réside- les documents écrits et oeuvres complètes de Lénine, ni les moyens de les acheter, ni le temps matériel, d’effectuer des recherches sur les deux termes qui ne sont pas à mon sens des mots d’ordre, mais plutôt des formules polémiques servant à frapper l’imagination des lecteurs des textes politiques de l’époque.

La première expression a peut-être été formulée indirectement par d’autres auparavant, mais je me rappelle nettement, ayant étudié l’Histoire des révolutions russes à l’Université, des textes de Lénine que nous, étudiants de ce moment, avions lu et devions analyser, commenter et mettre en perspective (textes de congrès du POSDR, divers brochures polémiques) où l’expression était donnée et redonnée. Comme elle l’a été par les personnes que j’ai citées (Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht et Léon Trotsky dans plusieurs de leurs écrits et discours publics)

Il en est ainsi de la seconde expression qui est peut-être de la main de Karl Marx, lequel était aussi un excellent polémiste et un très bon inventer de formules fortes imagées, mais que Lénine a largement popularisée et fait sortir des livres.

Ceci dit, je ne suis pas spécialiste de la bibliographie des recherches en paternité d’expressions politiques, je le reconnais humblement et m’en excuse auprès de vous.

Je voulais seulement remettre les phrases dans le contexte et avec le sens que leurs auteurs leur ont donnés, dans ce que j’en ai lu.

Ceci étant, mes faiblesses « littéraires » sur ce point reconnues, à lire « l’Anti-Dühring » ou « Dialectique de la Nature » -que j’ai gardés avec moi avec les livres de S J GOULD-, il me semble que, outre le soutien naturel des deux amis allemands (Marx et Engels) aux thèses de Darwin, ils aient tous deux rejeté tout déterminisme inéluctable ou de forme dogmatique en quelque science que ce soit, y compris pour l’histoire humaine et sociale.

Leur notion explicite de lutte des classes en est la plus claire démonstration. Là où il y a lutte, l’issue est incertaine puisque potentiellement ouvrant une double alternative : victoire de l’une ou l’autre classe.

Et ce que j’ai lu des deux hommes sur la dialectique telle qu’ils la conçoivent ne semble pas se résumer à la définition que vous en donnez, mais se veut l’expression de la lutte permanente de forces opposées qui, par leur action contradictoire, génèrent sans cesse des situations nouvelles en surmontant ces contradictions et en en créant de nouvelles, mais sans direction pré-établie et prévisible.

Comme Darwin le démontre de son côté dans ses deux livres les plus célèbres sur la nature : l’évolution n’obéit à aucune direction pré-déterminée ! On en revient ici au sujet du fil.

Sachant que le principe d’évolution non pré-déterminée, ouvert, hasardeux, est le centre de la théorie de Darwin que les dogmatiques de toutes sortes réfutent et refusent, car cela ne peut renvoyer à une intervention intelligente ou à un dessein créateur génial.

Et pourtant, il n’y a pas de déterminisme naturel, pas plus que dans la vie sociale.

Les deux hommes et leur oeuvre commune auxquels vous vous référez soulignent cette permanence des contradictions, mais surtout que rien n’est déterminé par avance par les seules forces objectives, ici sur le plan social.

C’est d’ailleurs pour cela que toute leur vie fut consacrée à l’organisation de partis révolutionnaires, comme Lénine le fera après eux, et notammennt à partir de l’ouvrage qui est leur base programmatique d’action commune : « le manifeste du parti communiste » , qui est tout sauf déterministe puisqu’il met au centre la notion de « parti organisateur » de la classe ouvrière en vue de permettre son émancipation, et selon les auteurs, celle de l’humanité.

Mais, en disant cela, mon objectif essentiel est de démontrer que les deux hommes, comme Lénine, s’inspirèrent des travaux de Darwin et de ses partisans scientifiques. Ce qui ne fut pas l’inverse du côté de Darwin qui ne montra pas un grand intérêt pour le marxisme -voir sur ce sujet S J GOULD qui parle des relations épistolaires en Marx et Darwin-

Bien évidemment, ce qui est dit plus haut ne reflète que mon analyse que je ne prétends pas ni vraie pour l’éternité, ni la vérité révélée.

Bien cordialement vôtre


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