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Commentaire de jcm

sur Otage de la misère économique et sociale...


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jcm jcm 5 août 2007 09:24

A 58 ans je me trouve dans une situation assez voisine en Charente Maritime.

Visiblement « trop jeune » pour trouver un emploi, obligé de quitter le « logement » plus que sommaire que j’habite aujourd’hui, sans réserves financières et plutôt très isolé dans un petit village...

J’ai entrepris mais sans succès commercial et pensant arriver à relancer ma petite entreprise je l’ai conservée active, mais sans chiffre d’affaire, pendant plusieurs années puis en ai effectué la radiation à effet rétroactif au début de cette année.

A savoir : le fisc ne rembourse pas la taxe professionnelle au delà d’une année : quelques centaines d’euros qui auraient été mieux dans ma poche que dans une autre...

J’ignore si certains RMIstes sont paresseux mais je ne me compte pas dans leur effectif, car j’ai bossé très dur pour tenter de m’en sortir, sur quelques projets informatiques peut-être un peu ambitieux pour un homme seul.

J’ai (entre autres) dans mes cartons un travail non terminé sur un moteur d’analyse sémantique de textes (système qui permet de catégoriser un texte à partir des mots et locutions qu’il contient et qui permettent de définir le sujet traité).

J’ai abandonné ce travail qui me semblait trop long à terminer pour mettre au point un système de publication de contenu (site web) très simple à manier (utilisé dans le site en signature : geoclic.net).

Ce système n’est pas achevé : il n’est pas commercialisable en l’état actuel et il faudrait plus ou moins 6 mois de travail pour le finaliser.

6 mois au rythme que je tenais depuis quelques années : 10 à 15 heures par jour 7 jours sur 7.

Et il y a quelques mois j’ai craqué.

Immense fatigue, peur de tout, plus de force, pertes musculaires et j’en passe...

J’ai donc abandonné ce travail, acheté un appareil photo pour essayer de me faire un petit revenu grâce aux banques d’images (c’est possible mais cela démarre aussi chichement que lentement...).

Trouver un logement : pas le plus facile pour un RMIste !

Que faire, quelles solutions trouver pour vivre ?

M’attaquer à un projet qui ne me tiendrait pas assis 10 à 15 heures par jour et correspondrait à la fois à mes compétences, mes centres d’intérêt et à mes possibilités...

Ajouté à la photo le projet de me lancer dans la réalisation de poëles de masse, moyen de chauffage cumulant une grande efficacité énergétique et un confort optimal.

Mais sans logement : un véhicule (pas cher) que j’ai enfin trouvé et que j’aménage, dans lequel je vivrai et travaillerai.

Problème : avec un budget très réduit me donner la possibilité de disposer de suffisamment d’électricité et d’une connexion au Net pour pouvoir travailler la photo (envoyer des fichiers assez volumineux aux banques d’image).

J’ai donc investi dans une « Fonera » (mais il me faudra un accès internet pour la brancher) : système WiFi de FON maintenant assez bien soutenu notamment par Neuf Télécom.

Devenez « Foneros », cela aidera tous les nomades !

J’espère finir très vite l’aménagement du véhicule et prendre la route, mais où stocker les quelques petits mètres cubes d’affaires que je ne pourrai emporter ?

Problème non résolu... : tout jeter, perdre toute ma « mémoire matérielle » et un certain nombre d’outils ?

Première étape : la récolte des prunes dans l’agenais pour faire entrer quelques sous, mais suis-je assez jeune pour être admis à ce travail ?

Puis les vendanges ?

Cela en photographiant à tour de bras et en préparant l’étape « poële de masse ».

Il y a quelques mois je me suis cru mort, ou plutôt mourant, je me vois maintenant un avenir très incertain mais j’ai retrouvé des projets qu’il ne sera pas toujours facile de mener à bien, probablement.

Et je me sens de nouveau plutôt vivant, avec des hauts et des bas certes mais plus de hauts qu’il y a peu.

Je ne sais pas par quelle alchimie cela s’est fait, Jobsanter, mais cela tendrait à démontrer que l’on peut repartir avec un état d’esprit plus « battant ».

Cela ne tient pas au seul fait que l’on a un projet (puisque j’avais celui du système de publication entre autres), mais que l’on a à la fois un projet ET que l’on se sent capable de s’y attaquer avec un peu d’espoir de le mener à bien.

Nous avons à peu près le même âge, probablement autant de curiosité, de ténacité..., ce qui ferait la différence entre le sentiment que tout est perdu ou que quelque-chose peut encore se faire vient d’un état physique et mental que l’on ne maîtrise pas toujours mais que l’on peut tenter d’orienter.

Cet hiver (heureusement doux !) je me suis chauffé avec un petit four électrique de 1600 watts placé à mes pieds sous la table qui porte l’ordi, et hormis ce point chaud j’ai vécu dans le froid humide.

C’est la réalité, j’ai pourtant bossé plusieurs fois 35 heures par semaine finalement pour rien, avec le seul espoir de m’en sortir.

Les conditions précaires que tu décris, Jobsanter, il me semble les connaître de près (et ici j’ai fait court !).

Je repars avec le même espoir qui prendra d’autres voies : la vie est faite de successions d’espoirs et de boîtes de haricots, verts, rouges, blancs, de petits pois et de sardines (poissons bleus et omégas 3 !!!)... à moins d’un demi euro l’unité, achetées en masse une fois par mois à la ville (35 km parcourus avec parcimonie) quand le RMI est versé.

Putain de RMIstes !!!


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