• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Roland Verhille

sur Comité Balladur : vers une présidentialisation rampante de la République ?


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Roland Verhille Roland Verhille 30 octobre 2007 16:27

Fort décevantes, d’une logique des plus douteuses, les propositions du Comité dit Balladur. Le Comité note bien l’acceptation présidentialiste du régime définie par le Général de Gaulle, suivie par la pratique sauf en période dite de « cohabitation » ayant fait apparaître la nécessité de clarifier les attribution respectives du Président de la République et du Premier ministre, acceptation présidentialiste accentuée par l’instauration du quinquennat et de l’ « inversion du calendrier électoral » en une évolution rencontrant l’adhésion de l’opinion publique. Le peuple n’a cessé d’approuver par ses votes aux référendums et aux élections législatives la présidentialisation de sa République. Il exige clairement un Président qui décide et qui agit, responsable devant lui. Le nouveau Président l’a entendu, l’a compris, et s’y plie. Malgré tout cela, sous couvert de rééquilibrer les institutions en renforçant les pouvoirs du Parlement, le Comité fait le choix clair de maintenir la responsabilité du gouvernement devant le Parlement et de limiter (en fait, réduire) le pouvoir du Président de la République. Il omet d’exclure sûrement toute période de cohabitation, ce qu’a tenté de faire le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral de manière illusoire. Le Comité dit Balladur est allé à l’encontre de la volonté du peuple. Il élargit le partage du pouvoir exécutif entre le Parlement et le Président de la République, à l’encontre de la déclaration de 1789 énonçant clairement qu’en réalité, il n’y a pas de Constitution en l’absence de séparation des pouvoirs. Il est allé à l’encontre de l’évolution continue bénéfique de la Constitution de la Ve République. Il amorce un retour au régime honni des partis, notamment au moyen d’une fraction de l’Assemblée nationale élue « à la proportionnelle ». Il soumet un peu plus le Parlement au pouvoir exécutif, soit celui du Président, soit celui du Premier ministre, en y rendant servile une majorité d’élus par divers moyens (dont le partage des postes les plus honorifiques et les plus rémunérateurs de la République). En bref, il y a régression, les politiciens ne cessent de s’accoquiner sur le dos des citoyens.


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès