Je vous rappelle que les tenants du non ne sont majoritaires dans notre pays que s’ils s’allient avec ceux qui veulent tout simplement sortir des institutions européennes existantes et mettre en cause tout les traités déjà en vigueur, pour en revenir à une position de souveraineté nationale intrangisante.
Au point donc où en est notre débat, il ne peut, me semble-t-il, se poursuivre valablement que si vous me dites si vous souhaitez poursuivre la construction européenne ou si vous pensez que le France doit, en l’état actuel des choses, se replier sur le non de 2005 pour sortir de l’Europe telle qu’elle est.
Et si, comme je le crois, vous souhaitez cette poursuite tout en refusant l’Europe telle qu’elle est et telle qu’elle s’est peu à peu développée depuis 1953, quelle Europe souhaitez-vous ? et pensez-vous que celle-ci soit acceptable par nos partenaires signataires de tout les accord antérieurs qui continuent, que vous le vouliez ou non, à nous engager ?
Ma position est non pas cynique au mauvais sens du mot, mais simplement réaliste et donc, si vous voulez, aussi cynique au bon sens du terme (le cynisme est aussi une philosophie tout à fait honorable), en cela qu’elle s’interroge sur les chances pour le non de renverser partout en Europe les rapports de force et les règles du jeu existants sans sortir de l’Europe réelle.
Le traité de Lisbonne n’est qu’un traité de plus et son refus ne ferait que pérenniser les traité antérieurs, sans aucune des améliorations qu’il introduit pour quiconque veut poursuivre la construction européenne dans un sens plus démocratique (pouvoir du parlement, majorité qualifiée).
C’est pourquoi je suis fondé à vous poser ces questions préalables à une nécessaire clarification des termes et des enjeux du débat.