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Commentaire de Proudhon

sur Lettre ouverte à Bernard Kouchner


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Proudhon Proudhon 11 décembre 2007 20:35

Arrêter de nous ressortir ces fameux carnets en omettant de dire que tous les penseurs de cette époque dans leur grande majorité (même Jean Jaures) étaient anti-sémites.

Toujours nous sortir ces fameux carnets en occultant l’oeuvre immense de Proudhon commence sérieusement à m’énerver, même si je ne suis pas d’accord avec ses propos.

Tout ceci est fait pour dénigrer un des plus grand penseur de notre temps.

L’histoire a prouvé que c’est Proudhon qui avait raison face à Marx.

Je vais vous en apprendre une bonne à propos de l’anti-sémitisme. Hergé était anti-sémite. Hergé c’est quand même plus récent que Proudhon.

A propos de Jean Jaures voir :

http://www.anti-rev.org/textes/Herszkowicz98a/

Le socialisme français est fortement divisé à cette époque. Le Parti ouvrier français de Guesde et de Lafargue est le plus organisé. Les socialistes révolutionnaires d’Allemane, implantés dans le mouvement syndical, viennent de se séparer des possibilistes de Brousse. Millerand incarne l’aile droite du mouvement, les socialistes indépendants. Depuis 1893, une quarantaine de socialistes sont députés, parmi eux Jaurès, Guesde et Millerand.

Tous ont longtemps rechigné à s’engager, à l’exception des allemanistes et notamment de Lucien Herr qui mobilisera largement les intellectuels aux côtés de Dreyfus.

Avant l’affaire Dreyfus, Jaurès entretenait des relations somme toute cordiales avec des antisémites notoires comme Drumont et l’ancien communard Rochefort. En mai 1895, à l’issue de courtes vacances en Algérie et après la condamnation et la déportation de Dreyfus à l’île du Diable, Jaurès publie deux articles dans La Dépêche de Toulouse : « Sous la forme un peu étroite de l’antisémitisme se propage en Algérie un véritable esprit révolutionnaire », assure‑t‑il. Et Jaurès de reprendre à son compte les arguments du lobby antisémite contre la « puissance juive ». Il n’a vu que « l’usure juive » qui réconcilie contre elle « l’Européen » et « l’Arabe ».

Lorsque Zola lance son J’accuse, le 13 janvier 1898, les choses vont évoluer... mais lentement. Le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire d’Allemane s’est engagé dès décembre 1894 contre le conseil de guerre qui avait condamné Dreyfus.

« Étrangère à l’antisémitisme, c’est la coopérative d’impri­merie, dirigée par Allemane, qui publie en 1898 la belle Lettre des ouvriers juifs de Paris au Parti socialiste français : cessez de nous prendre pour des Rothschild ! »5

Comme on l’a vu, les parlementaires socialistes n’en sont pas là ! Le plus droitier d’entre eux, Millerand, ne se ralliera au camp dreyfusard qu’au tout dernier moment, le 31 août 1898, après le suicide du commandant Henry, auteur confondu du faux accablant Dreyfus ; la révision du procès devenant inévitable, le pragmatique Millerand s’y rallia.

L’évolution de Jaurès est plus rapide, mais non exempte d’ambiguïtés. En juin 1898, déjà acquis à la cause dreyfusarde, il déclare encore :

« Nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la fièvre du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de cor­ruption et d’extorsion. Mais nous disons, nous : ce n’est pas la race qu’il faut briser ; c’est le mécanisme dont elle se sert, et dont se servent comme elle les exploiteurs chrétiens. »6


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