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Commentaire de Nemo

sur L'orthographe dans tous ses états


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Nemo 12 décembre 2007 15:34

A l’auteur,

Si je peux partager votre opinion sur les conditions nécessaires pour parvenir à une réforme profonde de l’orthographe du français, je ne vous suis pas quant à son opportunité.

S’il y a une chose qui arrive à m’exaspérer, c’est bien le raisonnement suivant : les jeunes d’aujourd’hui n’y arrivent pas, c’est trop difficile à apprendre, alors on va leur faciliter la tâche, on va réduire la quantité de connaissances à acquérir.

Si le but est de former des masses incultes, tout juste bonnes à produire leurs minutes de cerveau disponible, enfoncées dans leur canapé en prévision de leurs achats du samedi après-midi, soit.

Mais je tiens malgré tout à cette idée ô combien révolutionnaire : on n’a pas le droit de laisser tomber.

Parce que cela revient à baisser les bras, face au défi de l’éducation, que de -pour faire court- réduire les programmes pour les aider à réussir les examens.

Et comme cela ne suffit pas, on note sur 27, et au final on donne la note sur 20. Et on se retrouve avec une élève pas trop bête qui se retrouve avec une note moyenne au-dessus de 20/20 au Bac !!!

C’est de la DEMISSION, pure et simple. Ce que l’on fait depuis le lancement de cet objectif stupide (80% d’une classe d’âge au niveau du Bac), c’est de fabriquer des jeunes incultes, donc manipulables.

On abdique sur l’exigence, on abdique sur l’autorité. Comment voulez-vous enseigner quoique ce soit dans une classe, si tout le monde fait du bruit, si les portables sonnent sans arrêt, si les élèves n’ont plus auun respect pour leurs professeurs.

Le plus absurde dans tout cela, c’est que -une fois de plus- l’enfer était pavé des meilleures intentions. « C’est trop difficile pour ceux qui n’ont pas de »Capital social« de s’intégrer avec ce type d’exigences, on va les baisser, et ils auront plus de chances dans l’avenir ».

Le résultat est que les différences se sont accrues. Les élèves partant avec un « Capital social » élevé ont continué à en bénéficier, et à apprendre, avec une rigueur plus importante que les recommandations de l’Etat, les règles de grammaire, d’orthographe et d’expression orale, essentielles pour aller loin dans les fonctions d’encadrement.

Le fossé s’est creusé justement car les exigences ont été revues à la baisse. Ceux qui n’en avaient pas besoin pour se mettre à niveau les ont conservées ; ceux qui ne les possédaient pas par leur milieu familial ont cessé de faire l’effort de les acquérir.

Voilà pourquoi pour moi, votre réforme de l’orthographe n’est qu’un boulet de plus accroché à l’ascenceur social...


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