Numéro 19,
Puisque vous le dénoncez, il existe une chute du « travail bien fait » et plus généralement de la conscience professionnelle. Phénomène assez réccurrent dans l’histoire et qui a souvent marqué le déclin des civilisations. Mais sommes-nous encore une civilisation comme les précédentes. Les deux derniers siècles ont tellement modifié tout en profondeur qu’il devient difficile de généraliser.
Sûrement nous sommes passés à une civilisation de loisirs, où tout se doit d’être « ludique », qui n’accepte plus de souffrance sauf, étrangement, dans le domaine sportif qui vire parfois au masochisme pur et simple. Difficile dans ce nouveau monde d’inculquer des connaissances aussi particulières que l’orthographe avec un enseignement forcément peu créatif et des connaissances pas même satisfaisantes pour l’esprit puisqu’illogiques.
Oui, vous avez mille fois raison de le signaler, il y a un problème, chez l’homme contemporain, d’exigence vis-à-vis de lui-même, dû je pense à une sensation d’éphémère, applicable à tous les domaines de sa vie. Rien ne dure, tout s’évapore, tout est remplaçable et remplacé (travail, logement, conjoint), alors à quoi bon... On n’imagine même plus que la majorité des artisans (artistes) qui oeuvrèrent à la construction des cathédrales (compagnons du tour de France) ne virent jamais les bâtiments achevés. Et souvent ils le firent gratuitement. Autres moeurs...