Aie.
Si justement, un salarié du privé, même avec un fort revenu, peut trouver injuste d’avoir sa retraite calculée sur ces 25 meilleures années. En général, la dernière année est la plus forte en revenus, donc moyenner avec 24 années moins bonne est mathématiquement moins intéressant que de garder les 6 derniers mois.
Vous pensez surement au fait qu’un fonctionnaire est « moins payé qu’un privé ». C’est vrai dans beaucoup de cas, mais l’inverse est vrai aussi dans beaucoup de cas. C’est difficile de dire simplement « dans le public on gagne moins » en comparant simplement des postes non comparables. Il y a des cas où c’est vrai, d’autre où c’est faux.
Et en moyenne, malheureusement pour les fonctionnaires qui ont des salaires inférieurs à leur équivalent privé, c’est faux : le salaire moyen d’un fonctionnaire est plus élevé.
Toujours concernant le déficit de ce régime, dire que le système peut s’équilibrer n’est pas un mensonge. Le mensonge est de ne pas dire clairement que, sans modification du rapport recette/dépense du régime de retraites des fonctionnaires, la dette de l’Etat, donc de nous tous, y compris ceux du privé qui « n’ont pas leur mot à dire » concernant ce régime, sera creusée de 800 milliards.
Sans considérer forcément tous les fonctionnaires comme des privilégiés, nous autres du secteur privé ne pouvons assumer 800 milliards de revenus supplémentaires pour leur régime, même répartis sur 30 ans, alors que nous avons du mal à maintenir notre propre régime.
J’ai lu plus haut que la question était « Est-ce que 12 points de PIB suffisent pour nos retraites ? ». Je répondrais à cette personne que 15 serait mieux, c’est sûr, mais que les 3 points d’écarts ne peuvent pas venir de prélèvements supplémentaires. On rebascule alors sur l’éternel problème des dépenses de l’Etat : si celui-ci réduit de 3 points de PIB ses dépenses d’un côté, alors à fiscalité égale il peut ajouter ces 3 points sur les retraites (sans améliorer notre assiette fiscale malheureusement).
La quadrature du cercle. On a beau chercher de tous les côtés, il faut soit améliorer les revenus, soit baisser les dépenses. Comme il est difficilement envisageable d’alourdir encore la fiscalité, l’Etat rationaliser ses dépenses, la première étape sur cette voie étant de voter un budget non déficitaire.