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Commentaire de Philippe Vassé

sur Société générale : la « fraude des fraudes » : des faits et une hypothèse


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Philippe Vassé Philippe Vassé 28 janvier 2008 12:24

Snoopy 86,

Je n’ai pas effectivement ,et volontairement, accordé une importance à la plainte de la SG contre le jeune courtier Kerviel car cette plainte fait partie de l’écran de fumée qui cherche à masquer au public international le fond dramatique REEL des choses.

La thèse est tellement "incroyable" sur tous les plans que cette plainte n’a que pour vocation d’occuper la Justice pour qu’elle ne s’intéresse pas au fond véritable qui explique les déboures incessants de la banque. C’est une méthode brevetée de type "Clearsstream 2", mais qui pourrait elle aussi se retourner contre ses auteurs et initiateurs.

Le titre de la SG a plongé bien plus que les autres banques françaises, de puis plus longtemps et il continue sa descente. Nous ne sommes pas dans le même processus que BNP-Paribas et les autres banques françaises privées.

D’autre part, Citycorp a eu effectivement des problèmes, les a rapidement surmontés et a surtout mis les choses sur la table, avec changement de direction et aide intensive de l’Etat fédéral et de la FED. Citycorp est bien là et elle se refait une santé, alors que la SG plonge encore et encore.

HSBC a probablement aussi des "actifs pourris", mais ses capacités et réserves, y compris via l’aide de l’Etat chinois et de son poids financier étatique, sont ici des appuis lourds en cas de problème. Chacun sait que la Chine appuie de toutes ses force la banque "privée" HSBC....

Bref, la SG est devenue une cible potentielle d’OPA. Y compris l’économiste Elie Cohen dans "20 minutes" récemment évoquait la possible perte d’indépendance de la SG.

L’hypothèse, minoritaire voici encore quelques jours, tend à prendre corps et vie, avec la montée des nécessités et de la logique des marchés.-

 

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Société générale : Retour sur les circonstances controversées d’une gigantesque fraude
Siège de la Société Générale à La Défense- 20 minutes

La Société générale, une des trois premières banques françaises, a révélé jeudi avoir perdu 7 milliards d’euros, dont près de 5 milliards dans une fraude déjà qualifiée de « fraude la plus colossale de l’histoire de la finance mondiale. »

Le PDG de la société, Daniel Bouton, a expliqué que la fraude était le fait d’un « homme seul qui a construit une entreprise dissimulée à l’intérieur du groupe ».

Avec l’annonce d’une augmentation de capital de 5,5 miliards d’euros, il a estimé que la situation financière était « restaurée. » La confiance, elle, semble pourtant bien ébranlée, d’autant que certains doutent de l’explication avancée par la direction.

« Il est difficile à croire qu’une telle dissimulation dure un an »

« Il me semble étonnant que l’on puisse effectuer une telle dissimulation pendant un an, estime Elie Cohen, professeur d’économie à Science Po, interrogé par 20minutes.fr. La Société générale explique que la fraude est le fait d’un trader seul, expérimenté, qui avait travaillé en back office. Il est envisageable qu’un trader seul, en effectuant de mauvais paris, produise des pertes, mais il est difficile à croire qu’une telle dissimulation dure un an. Ce qui est plausible, c’est qu’un comportement aventureux, qui en temps normal aurait eu des conséquences limitées, provoque des pertes considérables en raison d’un retournement brutal de la situation. »

En tous les cas, ajoute Elie Cohen, « cela révèle des défauts au niveau de système de contrôle de la banque. La Société générale a réagi en annonçant une recapitalisation rapide. Mais c’est la marque d’un échec. »

C’est aussi, selon certains analystes, la marque d’une mauvaise évaluation de la crise qui secoue depuis quelques mois les marchés financiers.

« Plusieurs analystes financiers externes à la banque avaient décelé, avant les annonces de ce matin, que la Société Générale avait fait preuve d’une certaine légèreté », a remarqué Pierre-Henri de Menthon, rédacteur en chef à « Challenges ». « Le 19 janvier, par exemple, la société de bourse Exane-BNP Paribas expliquait que le nettoyage n’avait pas été fait dans les comptes et que la communication financière était défaillante. “La Société générale devrait passer 3 milliards d’euros de dépréciations d’actifs supplémentaires", expliquait la note d’Exane. »
C’est « le genre d’appréciation qui a contribué à faire dévisser le cours de la Société Générale fortement ces derniers jours », a ajouté Pierre-Henri de Menthon.

Quelles conséquences pour la Société générale et ses clients ?

« Tout d’abord, les petits épargnants n’ont pas de soucis à avoir, il n’y a pas lieu de paniquer », a assuré Elie Cohen. En revanche, à plus long terme, cela pourrait amener la Société générale à changer de stratégie. Jusque là, elle était la championne absolue des produits dérivés. Ce sont eux qui ont posé problème. On peut aussi se demander si à l’avenir elle pourra rester indépendante. »

Christina Lionnet


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