Pour une fois, je suis d’accord avec Florentin Pfiffard et en désaccord complet avec Zen.
Le Christ était un rebelle. Il n’a jamais enseigné la soumission aveugle à l’ordre établi, que ce soit l’ordre religieux " le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat " ou politique " rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ". Il a défini la laïcité à une époque où l’ordre public et l’ordre religieux étaient confondus (l’empereur était une divinité).
Il a eu des mots très durs contre les pharisiens qui enseignaient une application aveugle des préceptes de la loi juive. C’est parce qu’il s’en est pris à l’ordre religieux que les religieux l’ont livré aux Romains... en l’accusant de s’opposer à l’impôt, ce qui démontre à quel niveau ils se sentaient menacés ! (Voir l’épisode des marchands du temple.) Jésus est mort d’avoir posé les bases de la critique à l’obéissance aveugle à l’autorité. À ma connaissance - je sais que je serai immédiatement repris si je me trompe - aucun philosophe n’avait posé les choses aussi clairement avant lui, Diogène de Sinope récusait tout ordre social quand le Christ enseigne que la désobéissance sociale n’est nécessaire que lorsqu’elle s’oppose aux exigences d’un ordre moral universel fondé sur l’amour et supérieur aux lois. Aimer même son ennemi, jusqu’à en mourir.
L’amalgame entre l’ordre religieux et l’enseignement du Christ découle d’une méconnaissance profonde de cet enseignement.
Dans le cas de l’expérience de Milgram, l’enseignement de l’Evangile incite clairement à refuser de s’en rendre complice, s’exposant ainsi aux conséquences de cette désobéissance.
On pourra toujours dénoncer les chrétiens qui s’écartent de cet enseignement mais c’est un contresens complet que de prétendre qu’ils deviennent des bourreaux du fait du message du l’Evangile.
Sarko usurpe l’enseignement du Christ en appelant à sa façon aux racines chrétiennes et au sens du sacrifice. Il veut les instrumentaliser afin de se fondre dans le moule néo-cons pour motiver une guerre intérieure et extérieure contre l’Islam. Mais ce n’est pas plus mal : il va se planter complètement. Les Eglises chrétiennes n’ont d’avenir que dans le rappel à une résistance à toute forme de violence jusqu’au sacrifice de soi-même.
Ce qui n’est évident pour personne.