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Commentaire de Roland Verhille

sur Du mauvais usage de l'économie en politique


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Roland Verhille Roland Verhille 13 février 2008 18:06

Très utiles explications, avec quelques réserves mineures. Ce texte et sa discussion complètent très bien les miens sur le PIB.

Oui, la relation entre l’économie et la politique est exécrable (Retif). Oui, les politiques sont d’une crasse ignorance en la matière (l’auteur). Oui, « il y a un pas entre corrélation et causalité » (l’auteur) Oui, les économistes « théoriciens » entretiennent des relations coupables avec les politiques, chacun d’eux confondant « le descriptif et le normatif » (l’auteur) s’auto désigne conseiller du Prince sans vraiment comprendre le fonctionnement de l’économie réelle. Oui, les politiques économiques ne sont que « démagogiques » (Black Ader). Elles en font que « corriger les effets pervers de leurs propres mesures » (« Black Ader), en se parant des plumes du paon et en accablant des boucs émissaires. Oui, les « détournements mystificateurs » (Sylvain Reboul) des politiques et des économistes ne font qu’obscurcir la « connaissance de l’économie » visée par Retif qui ajoute pertinemment « plus une soit disant autorité compétente y intervient de l’extérieur, plus elle en détruit le fonctionnement normal ». Et Zen s’y laisse prendre, en accablant « le capitalisme », bouc émissaire.

Mais l’auteur commet la même erreur que les économistes soviétiques en contestant par principe l’incorporation des services dans le calcul du PIB. C’est qu’il n’a pas une vue claire de ce que le PIB compte, ou plutôt doit compter : pas de la « valeur », pas des « richesses », pas « le bonheur » (ronchonnaire) mais les euros qui entrent dans le porte monnaie des gens et qui en sortent. Ceux qui s’activent en fournissant des services payants demandés par les autres créent des euros qui ne sortent pas des planches à billets.

Il commet aussi une erreur en reprochant au PIB d’exclure l’autoproduction ménagère, car les activités économiques sont constituées seulement par les échanges économiques sur les marchés (Encore Retif).

Il se fait des illusions en pensant que la « politique économique doit être coordonnée, cohérente et menées au bon moment. ». Ni les politiques qui la définissent et l’appliquent, ni les « experts » ne sont en mesure de le faire, et c’est une attribution violant la déclaration de 1789.

Si, l’économie est une science, dès lors qu’elle se borne à repérer et comprendre « les faits, rien que les faits » (Forest Ent.). « La maîtrise de la science économique permet à chacun d’y voir plus clair » (Céphale). Encore faut-il mettre le nez dans les chiffres (comptabilités nationales), ce que les économistes sont incapables de faire.

Enfin, mais si, les comptabilités nationales telles que conçues de nos jours sont sujettes à idéologie. Le PIB d’aujourd’hui, heureusement complété maintenant par le calcul du PIN (produit intérieur net), a exclu des facteurs de production le « capital fixe » en omettant d’en déduire le coût de celui des rémunérations de l’être humain. Elles en comportent d’autres stigmates, la réinjection dans le montant de la production économique de ses prélèvements sur les fruits de cette production. (voir mon article sur le PIB). 

 


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