• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Babalas

sur L'intercompréhension entre langues de même famille : est-ce l'avenir ou une imposture ?


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Babalas 21 février 2008 09:44

Bonjour, Bonjour....

Il y a quelques incompréhensions que je souhaite éclaricr avant de répondre aux dernières questions. Je ne sais pas ce que vous entendez par "niveau académique", mais c’est hors sujet ici : Si on a des sujets qui pour la plupart sont allé à l’école jusque 18 ans, c’est une petite minorité qui a l’occasion de poursuivre sur des études universitaires. Les langues sont apprises, parlées, utilisées dans la rue ou dans le cadre privé. Et les versions des langues ne sont pas des standards, donc pas académiques.

Il ne faut pas parler de "en Afrique..." ou de "multilinguisme africain", mais plutôt de multilinguisme des métropoles des pays africains, car les situations sont très différentes entre le monde rural et le monde urbain. De même, lorsqu’i y a des phénomènes de ségrégation géographique entre riches et pauvres, les pratiques linguisitques sont très différentes.

Les remarques faites dans un autre post à Skirlet n’étaient pas anodines : "Africain", certes, mais d’une mégalopole, d’une petite ville, ou des campagnes ? Issu d’un milieu riche et éduqué, ou la langue coloniale est appréciée, ou d’un milieu populaire ou l’on se mélange ?

Skirlet se permet encore de mettre en doute ma bonne foi : "Alors pourquoi garder les langues coloniales, facteur d’inégalités ? Et dans quelles langues se fait l’instruction ? Si vous dites que ces locuteurs des 12 langues les parlent au même niveau (équivalent bac ou université), il sera vraiment difficile de vous croire."

Laissez moi vous décrire le cas d’un individu, vous saisierez mieux de quoi il s’agit, et vous mesurerez mieux l’impact du milieu social : Lebo est né en 78. Il est évlévé par sa grand-mère en seSotho d’abord, puis par sa mère en Xhosa, qu’il quittte à l’age de 13 ans. Il se retrouve dans les rues de Soweto et est receuili par des gangsters. A 15 ans, il porte un AK-47 sur l’épaule... C’est la fin de la lutte anti-apartheid, les temps sont durs... Dans la rue et avec les gangsters, il ne parle que l’Iscamtho, qui par nature développe des compétences dans les langues qui le composent. Il apprend dans son adolescence le Zulu, qui est l’une des Linguae Francae locales, et ses connaissances en seSotho lui permettent de comprendre le Tswana et le Pedi. Puis, au milieu des années 90, il va en prison, ou il apprend le Shalambombo et dans une certaine mesure l’Afrikaans. En sortant de la, il vie quelques années avec un femme Ndebele, dont il a une fille. Celle-ci est élevé en Ndebele par sa mère, en Xhosa par sa grand-mère maternelle, en Iscamtho et seSotho par son père... Et ses amies dans la rue peuvent parler n’importe la quelle des 9 langues indigènes officielles, plus l’IScamtho eventuellement... Vous commencez à comprendre quel genre de parcours amène à ce niveau de polyglottie.

Pour ce qui est de l’éducation, la loi stipule maintenant que chaque enfant est éduqué dans sa langue maternelle jusqu’à 8 ans, et à partir de 10 ans l’éducation est uniquement en anglais. Cela pose des problèmes énorme, puisque l’Etat va considéré tel enfant comme Zulu ou Tswana, et l’envoyer dans une école correspondante. Mais en réalité, parler le Soweto Zulu et le Zulu standard, c’est très différent, et la compréhension du standard est parfois très lacunaire.

Je ne comprend pas pourquoi vous imaginez qu’on parle de niveau "traducteur". On parel d’une maitrise de la langue dont l’objet est l’échange avec les autrees, partout tout le temps. En clair, c’est de la langue orale, toujours.

En Afrique du Sud, les langues coloniales ont été conservé d’abord parce que les coloniaux ne sont jamais partis. Ensuite, on touche à l’un des paradoxes des Etats Africain : il ont été constitué hors de n’importe quelle réalité sociale. Alors c’est pour faire marcher un Etat ARTIFICIEL et développer artificiellement des identités que l’on conserve les langues coloniales. MAis ce même processus peut être fait avec d’autres langues (ex : le Swahili en Tanzanie) ou avec un système multilingue donnant une part belle aux langues locales (voyez le Nigéria). Mais ces problèmes éventuels ne se posent pas dans la vie de tous les jours

S’il y a des difficultés en termes d’éducation, il suffit d’une administration multilingue pour résoudre la plupart des problèmes. Et quant la population est multilingue, les fonctionnaires le sont aussi. En matière éducative, il s’agit selon moi de permettre la reconnaissance de plus de langue dans le système primaire, quit à switcher à l’anglais plus tôt.

 

Comme vous l’avez compris, il ne s’agit pas d’un niveau de langue qui leur permettra d’écrire des rapports gouvernementaux dans chacune des langues. D’abord parce qu’on a affaire à des gens qui écrivent peu. Ensuite parce que socialement, la langue standard n’a aucune valeur : on ne la parle pas, on l’associe aux millieu rural, aux ploucs en somme. mais lorsque dans votre rue vous avez 8 langues représentées, et que l’apartheid ou la pauvreté poussent la solidarité jusqu’à l’extrême, vous finirez par les connaitre toutes suffisamment pour AVOIR UNE CONVERSATION SOUTENUE dans cette langues. Ce qui ne veut pas dire que vous n’incluerez pas des mots d’une langue que vous maitrisez mieux s’il vous anque quelques choses. Cette quatre langues de toute facon, votre interlocuteur la maitrisera surement. Alors bien sûr, du fait du milieu urbaion, les langues convergent, et des formes typiques d’une langues mais compliquées pourraient disparaitre. Mais le contact entre langues ne laisse aucune langue intacte.

 

Enfin, pour Johannesburg, petite explication historique : à la découverte de l’or à la fin du XIXe, on a importé des ouvriers de tous les pays, et même du Mozambique ou du Zimbabwe. Le multilinguisme extrème est là une réalité depuis 120 ans. Alors vous imaginerez qu’un efant qui nait dans cette environnement, qui peut-être 3 langues à la maison, qui ira à l’école dans trois autres langues différentes parce qu’il n’y a pas les bonnes écoles à proximité, qui se mariera avec un personne parlant encore une ou deux langues différente, etc... Et bien cet enfant deviendra très polyglotte très naturellement...

Maintenant je suis à cours de temps, mais n’hésitez pas à demander plus d’info...


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès