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Commentaire de SciFi

sur A qui profite l'exploitation de la misère étudiante ?


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SciFi SciFi 6 mars 2008 18:12

@Foufouille,

"Les études, c’est pas gratuit" : çà, j’en sais quelque chose : lire mon témoignage plus bas.

"sérieusement des petit boulot a la pelle c’est combien et quoi par rapport au nombre d’etudiant". Il n’y a pas vraiment de quantification. C’est opportuniste et ce n’est pas de "la propagande officielle".

Personnellement, à l’époque, je n’ai jamais vu de listes d’entreprises offrant des boulots étudiants. Les emplois étudiants sont plus faciles à trouver dans le sens où l’entreprise sait qu’il y a une limite de temps à l’engagement (il ne faut pas confondre le marché de l’emploi avec les jobs étudiants). Pour en trouver en été, j’ai fait des démarches actives (aller dans les entreprises), et j’ai surtout trouvé grâce à un réseau de relations. Donc des jobs, il y en a, il faut se bouger et pour les trouver et parler autour de soi. Les conditions ne sont pas toujours simples : une fois, j’ai trouvé un job loin de chez moi (je n’avais pas de voiture, seulement un vélo). J’ai eu un entretien avec un entrepreneur. Cela a été probant. Je lui ai dit qu’il me fallait trouver de quoi loger pas trop loin. Il m’a répondu "Ce n’est pas mon problème. Si vous voulez le job, soyez là demain matin à 8 heures". Il était 17 heures. Je me suis démerdé et j’ai eu le job. Ce n’est pas évident, mais il faut savoir ce que l’on veut.

En étant étudiant, il y a également la possibilité de faire du soutien scolaire à des lycéens. Ca rémunère bien si on le fait en direct, beaucoup moins bien si on le fait dans des structures (j’ai fait les deux). Ca, c’est facile à trouver. Si on est sérieux, le bouche à oreilles fait la pub.

Lorsque je suis sorti des études, je suis arrivé en pleine crise dans mon (futur) secteur d’activité. J’ai répondu a des annonces sur la France entière, me suis rendu à des salons de l’emploi à Paris. Rien n’y a fait : trop loin et sans expérience. Ma motivation n’avait pas d’importance.

J’ai finalement utilisé la même méthode que pour les jobs d’été : parler autour de moi. Quelqu’un qui connaissait quelqu’un savait qu’une entreprise cherchait près de chez moi. On m’a dit d’écrire en fournissant le nom de la personne que je ne connaissait pas. Cela m’a permis de décrocher l’entretien. La première question que l’on m’a posé, c’est : comment va la personne en question ? J’ai dit la vérité et on a embrayé sur l’entretien professionnel. Vu mon profil, le responsable savait que je finirait par chercher autre chose que ce qu’il avait à proposer et donc que je n’était pas le bon cheval sur qui investir. J’ai démenti, mais il avait raison et il le savait. Je lui ai demandé s’il connaissait des noms de personnes dans des entreprises susceptibles d’être intéressées : il m’a proposé de leur téléphoner directement. C’était plutôt sympa. Cela m’a permis d’être engagé par l’un de ces contacts pris à la volée. Donc : il faut se bouger et oser.

Avant ce 1er emploi, j’ai connu quelques mois de chômage. Cela m’a permis de constater que l’ANPE n’était pas vraiment une structure pouvant m’aider (absence de classification sur mon secteur, peu d’annonces, et quand il y en avait, après avoir fait 1 heure de queue, le poste était pourvu via une autre agence).

Concernant l’aspect culturel que vous abordez dans votre commentaire, désolé, vous vous trompez de structure. L’enseignement supérieur, lorsqu’il est financé par l’état pour raison sociale ou pour toute autre raison, n’a pas pour vocation l’enrichissement culturel de la personne, mais vise à offrir l’opportunité de faire un métier. Est-ce regrettable ? Peut-être. Mais savez-vous qu’il y a des problèmes de finances publiques dans le pays ? Actuellement, s’il y a des sous, il vaut mieux les donner à des personnes dans le besoin (petites retraites, etc.) plutôt que de financer des études de confort !

 


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