Bonsoir,
La réforme dont vous parlez s’appelle la "RGGP" dont je vous passe le développement.
S’il s’agit ni plus ni moins que de faire le ménage dans la fonction publique, essentiellement d’Etat puisque l’Etat n’a plus la main sur la territoriale et que l’hospitalière manque cruellement de personnel, il n’empêche pas moins que la fonction publique française souffre de nombreux maux.
Je suis fonctionnaire - je déteste le terme- et force est de constater que le système touche ses limites.
Je ne citerai que plusieurs "cruelles" lacunes et autres dysfonctionnements pour simplifier l’ampleur de la réforme sur le fond à envisager :
- Simplifier le millefeuille administratif en supprimant clairement des échelons type département et en fusionnant les petites communes à l’échelle de l’intercommunalité
- Cesser de recruter des cadres A+ sur concours type administrateur et énarque : sans terrain, il n’est pas possible de faire et décider lucidement et efficacement. Il faut former des cadres, mais on ne devient pas PDG en réussissant un concours.
- Repenser de fond en comble les "DRH" et autres directions de service vers un management opérationnel des compétences, sur des "carottes" propres au service et sur des leviers permettant de motiver les troupes.
- Couper nettement ce qui relève du politique de ce qui relève du technique en coupant sous les DGA l’influence du politique : les chefs doivent être des gens compétents, pas des politiques. Au niveau DGA ça se discute, en dessous, c’est contre-productif.
- Définir des champs de compétences complets, propres et clairs pour chaque niveau et clarifier le paysage parapublic type "SEM", "associations", offices HLM et "partenaires multiples et variés"
- Ne pas dépasser un certain "ratio" emploi public/emploi privé pour ne pas faire peser sur les emplois et donc les entreprises tout la charge de l’Administration
- Réduire considérablement le nombre d’élus en France pour plus de pragmatisme, de responsabilités et d’efficacité.
- Nommer à la compétence, aux projets réalisés, à la mise à l’essai plutôt qu’à l’incompétence, la médiocrité ou tout simplement au "débarassage d’usage".
- Etc etc...
Et oui, il n’y a pas que le point d’indice qui inquiète les fonctionnaires.
Bosser pour des cons et faire de la merde sans pouvoir le dire, ça aussi, c’est une réalité qu’un nombre incalculable de fonctionnaires vit tous les jours... et croyez moi, on est nombreux à le penser.