Mon cher Paul,
Votre article est juste, votre article est bien écrit, votre analyse est pertinente, et j’ai bien aimé le lire, car il est plaisamment rédigé..
Mais il pêche par un excès d’optimiste qui consiste à croire encore à l’information telle qu’elle est toujours enseignée dans les écoles de journalisme.
Je crains que l’information n’ait évolué considérablement ces dernières années, et que désormais, l’information, c’est d’abord du spectacle. Dans les salles de rédaction des JT, on le sait : sans image, on ne passe pas un sujet. Et si on a une information qui à elle seule contient le spectacle, alors on fabriquera les images ou on se ruinera pour les acquérir. Désormais une chaîne doit d’abord faire du spectacle, car la survie, c’est le nombre de spectateurs qui permettent les seules recettes à savoir la publicité.
Les grands perdants de cette évolution, c’est la presse écrite, car faire du sensationnel est beaucoup plus difficile dans ce cadre (je parle de la PQN et de la PQR). Même le Monde, institution dans cet univers a été touchée par la baisse de recettes. C’est une évolution des moeurs, lente et inéluctable comme la montée des eaux dûe au changement climatique, et comme pour elle, sans savoir quand on sera exactement atteint.
Dans ce cadre, les politiques et les journalistes accrédités ne pouvaient que s’entendre : les uns parce qu’il sont les metteurs en scène du spectacle et qu’ils en vivent et les autres parce qu’ils en sont les acteurs et qu’ils en vivent aussi.
On le sait, un ministre, un président de Région, un président de Conseil Général, un président tout court et tous les politiques en général ont des relations ami/ennemi avec les journalistes. Ces politiques ont besoin de faire des "coups", de créer le spectacle. Et pour cela, un seul moyen, la presse et particulièrement la presse audio-visuelle.
Vous avez raison, les journalistes d’accréditation n’auront jamais les informations d’un journaliste d’investigation. Et l’épisode des cordes n’a jamais été qu’un épisode de la guégerre aussi profonde que pouvait l’être la guerre des boutons. Car pour les uns comme pour les autres, une seule chose compte : the show must go on.