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Commentaire de Tristan Valmour

sur Réforme de l'enseignement primaire : attention danger


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Tristan Valmour 6 mai 2008 12:17

 

Rebonsoir Voltaire

 

Permettez-moi d’intervenir de nouveau au sujet de votre article sur trois points liés à votre article, puis un autre qui est connexe :

 

Le rapport PISA. Je crois que ce rapport n’évalue strictement rien et ne peut refléter l’état d’un système éducatif. Pire, il va inciter les systèmes éducatifs à se réformer pour obtenir les meilleurs notes à cette évaluation ultime. C’est avant tout un instrument de propagande politique, pas un instrument de mesure. La France est certes mal classée dans ce rapport, mais une étude menée par des établissements financiers anglais et américains sur notre système éducatif ont montré que la France restera pour les investisseurs parmi les 10 premiers pays, en raison de son système éducatif. D’autre part, d’autres rapports affirment encore que le système français est le meilleur au monde pour la moitié des élèves, inadapté pour l’autre. Méfions-nous de tous les rapports.

 

Les évaluations en général. Il existe trois types d’évaluation : les évaluations sommatives, formatives et normatives. Notre système privilégie les évaluations sommatives (noter un devoir, avec pour référence la moyenne) quand les meilleures évaluations sont formatives, puisqu’elles permettent de déterminer le degré d’acquisition des compétences, notamment selon la taxonomie de Bloom. Les évaluations formatives sont également utilisées par Howard Gardner et les écoles qui se sont inspirées de ses travaux (key schools, projet spectrum, etc.). Ces écoles qui utilisent les Intelligences Multiples obtiennent d’ailleurs des résultats supérieurs de 20% aux autres écoles (y compris lorsque des évaluations sommatives sont pratiquées), avec très peu d’absentéisme et de violence, tout en cultivant une motivation très importante.

 

L’enseignement des sciences et l’influence sur les autres disciplines. Vous l’avez fait remarquer à juste titre : introduire les sciences dans l’enseignement augmente les compétences dans d’autres domaines. Rien d’étonnant à cela. Si les sciences expérimentales développent en premier lieu l’intelligence logico-mathématique, elles sollicitent aussi l’intelligence corporelle/kinesthésique et visuelle/spatiale, voire interpersonnelle (en binôme) et intrapersonnelle. Einstein avait d’ailleurs une intelligence visuelle/spatiale aussi développée que la logique/mathématique, et c’est ce qui lui a permis de découvrir la loi de la relativité.

 

L’introduction des nouvelles pédagogies et la métacognition. En France, nous sommes très en retard sur ces domaines par rapport au Canada, à la Belgique (pour citer les pays francophones), mais surtout à des pays d’Asie, comme Singapour. Pour conduire les apprenants (de l’enfant à l’adulte) à réussir, il faut d’abord définir son profil (parce que deux personnes apprennent de différentes façons), l’inviter à pratiquer la métacognition (introspection sur sa façon d’apprendre), puis utiliser les travaux sur la pédagogie, très efficaces : la gestion mentale (La Garanderie), la médiation cognitive (Feuerstein), les Intelligences Multiples (Gardner), et évidemment la pensée latérale (de Bonno). Je ne vais pas citer les autres car cela prendrait plusieurs pages, je le ferai sans doute dans des articles. A Singapour, par exemple, des cours de réflexion. Ca n’existe pas en France, ni en Angleterre, or c’est très efficace. Pour ma part, j’ai toujours employé ces pédagogies avec mes étudiants comme avec les adultes (cadres sup et dirigeants) que j’ai formé. La réussite a toujours été au rendez-vous, cela a décuplé les performances de chaque individu.

 

Au plaisir de vous lire.


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