Que pourrais-je te dire pour te réconforter ? J’ai tendance à penser que ce sont des gens comme toi qui font avancer notre démocratie, mais qui le paient trop souvent de leur personne. Qui sait ? C’est peut-être à cela qu’on reconnait un bon journaliste. Celui dont le travail ne dérange personne... participe à maintenir l’illusion que tout va bien en France et par là, se déhonore ainsi que sa profession, ses amis, sa famille. L’honneur, voilà un mot bien désuet à notre époque, car peu d’entre nous peuvent encore affirmer qu’il est intact... Ton honneur est sauf Denis et ce combat inégal, sans doute celui de ta vie, restera dans les annales du journalisme. Quand tu seras vieux, cette affaire sera pour toi et les tiens une grande source de fierté, en même temps qu’un exemple magnifique de courage pour les prochaines générations. Aujourd’hui victime broyée, demain martyre tombé pour l’exercice de la démocratie. Tu as toute mon admiration et mon soutien.