@Finael,
Nous sommes d’accord sur le fait que le langage permet l’expression de la pensée consciente. Mais entre la pensée et sa restitution en unité compréhensible (utilisant une symbolique comme le langage par exemple), aussi bien que l’interprétation pour une construction de la pensée, il existe une incommunicabilité partielle. C’est sur cette incommunicabilité que s’appuient la plupart des ouvrages de Camus (Albert).
Les expressions langagières ne sont que des approximations de la pensée. La communication repose principalement sur l’explicite mais il existe une bonne part d’un message qui reste implicite. Dans la relation entre langage et concept, nous sommes assez d’accord, mais je préciserai que sans le terme (disons plutôt le sémème), il n’existe pas de concept correspondant ; mais cela ne signifie pas que pour tout concept il existe un signifié en correspondance.
Différentes approches, principalement en sémiotique, me semblent pourtant claires sur ces points ; que cela concerne Wittgenstein, Peirce, Jackobson, Rastier et bien d’autres.
Mon propos n’a rien de nouveau, Schank (psychologie cognitive), dans son principe de dépendance conceptuel tend à montrer que plutôt que de s’attacher au sens de chaque mot d’une phrase, on cherche à en cerner le sens de façon globale, en tenant compte de l’implicite. C’est aussi la meilleure des méthodes pour traduire convenablement d’une langue à une autre.
Si dans une approche conceptuelle, nous pouvons considérer qu’il existe une correpondance entre un sémème et sa représentation mentale (noèmique puis logico-philosophique), dans un discours, l’implicite (le non dit, l’émotion, ...) est traduit en représentation mentale de la même façon qu’un terme utilisé dans le discours.