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Commentaire de Anti-OGM.info

sur Nano-bio-technologies, méga-business et macro-irresponsabilité


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Anti-OGM.info Anti-OGM.info 30 juin 2008 18:37

Walid,

Lorsque l’on débat, que l’on présente un sujet, on a nécessairement un point de vue à partir duquel on s’exprime. Ce peut être un point de vue idéologique, ou un point de vue factuel. Le point de vue idéologique est assez facilement reconnaissable, car il consiste à asséner des poncifs, des idées préconçues dans la discussion, qui parfois semble relever d’un bon sens, mais qui ne sont en fait pas du tout évident, et reposent en fait sur des raccourcirs simplistes : comme la science c’est le progrès, les OGM c’est la science, donc les OGM sont le progrès... ou des genres de raisonnements de ce genre, complètement infondés et à la surface des choses.

Les commentaires que vous citez indiquent qu’à un moment donné du dialogue, il y clairement eu une rupture. J’estime cela plutôt sain, car le dialogue a révélé la position idéologique des deux intervenants, qui ont préféré retourné les arguments contre l’intervenant, dans une logique conflictuelle, plutôt qu’approfondir la discussion et peut-être remettre en question leur argumentaire. Le commentaire de Hurlevent parlant de « conspirationnisme » dans le titre de l’article est assez révélateur d’une mauvaise foi ou d’un aveuglement dans le débat, et montre que la discussion n’était de toute façon pas possible à cet instant.

La génétique moderne est orientée idéologiquement et son vocabulaire a percé dans le domaine public. A partir du moment où l’on utilise les gènes pour parler de comportements, de psychologie, ou d’« amélioration », où l’on établit des politiques de recherche orientées de telle ou telle manière, on est dans l’idéologie. L’existence des OGM, leur dissémination et leur accréditation est un résultat de cette direction idéologique, qui se trouve également dans les grands programmes de séquençage du génome, et dans le « dogme central » de la génétique, qui tourne autour de la notion d’information. Non pas que les gènes n’existent pas, mais que la place donnée au gène semble réellement beaucoup trop simpliste et réductionniste.

D’autre part, on ne peut comparer le domaine physique et le domaine biologique, et parler d’innovations technologiques physiques comme l’électricité ou la machine en vapeur en comparaison avec les OGM. Cela n’a absolument aucune mesure. Enfin, concernant les levures, je n’ai pas répondu car il suffit de mettre des levures au soleil ou de les exposer à des UV pour que celles-ci mutent et se modifient donc génétiquement. Il s’agit de mutagénèse induite et non pas de transgénèse, ce qui représente des choses totalement différentes. Les levures génétiquement modifiées par transgénèse sont interdites en France dans l’alimentation, et leur utilisation pose également des risques au niveau sanitaire, risques qui sont différents des produits dérivés d’organismes génétiquement modifiés, comme des molécules de type insuline. Encore une fois la question essentielle qui se pose est celle du confinement des OGM et du principe de précaution, qui s’oppose (je ne parle pas de « combat ») à une logique purement industrielle et mercantile de dissémination de ce type de produits, et non nécessairement de produits ou molécules dérivées. Il y a une grande différence entre la consommation d’une protéine induite, et la consommation d’un organisme génétiquement modifié. Il y a là une différence fondamentale, et il n’est pas du tout contradictoire ou étonnant, comme le répètent certains promoteurs des OGM d’être contre les OGM agricoles, et d’un autre côté ne pas s’inquiéter de produits dérivés d’OGM confinés (à très grand tort appelés OGM médicaments, car ce terme est frauduleux : il n’existe pas d’OGM médicaments).

Aurélien


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