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Commentaire de ZEN

sur Emmanuel Todd contredit Samuel Huntington


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ZEN ZEN 14 juillet 2008 19:25

Ceci dit , les Usa et l’Arabie Saoudite étant copains comme cochons (pétrole oblige), il ne faut pas oublier que Bush et les néocons -disons : les pétroliers-ont besoin d’ennemis...(malgré ses relations très intéressées et anciennes avec la famille Ben Laden> voir les enquêtes de Eric Laurent, jamais démenties à ma connaissance...


"Le courant "néo-conservateur" états-unien, surtout depuis le 11 septembre (qui a mis le vent en poupe à cette théorie), mais dont les principaux acteurs (Paul Wolfowitz, James Woolsey - et même Francis Fukuyama) fourbissent leur arguments et défendent leur programme géopolitique depuis l’ère Bush père, voire l’ère Reagan : Hégémonie états-unienne mondiale, guerre préventive, remodelage du Proche-Orient et extension mondiale (mais néo-coloniale) de la "démocratie" (voir not. le texte de James Woolsey sur la "quatrième guerre mondiale"). Ils financent d’ailleurs la chaire universitaire de "Gouvernement" qu’occupe Samuel Huntington à Harvard, et on peut rappeler au passage que ce dernier développe lui-même des points de vue très conservateurs et élitistes sur la société américaine depuis les années 1950 : dans un ouvrage paru en 1957, The Soldier and the State, il a fait l’apologie d’une vision impériale des USA et plaide pour la soumission de l’ordre démocratique à une garde prétorienne composée de l’élite militaire états-unienne.
En 1975, il rédige (pour la Commission trilatérale) un rapport consacré à l’évolution des USA intitulé Crisis of Democracy. Il y préconise une société plus élitiste, où l’accès aux universités serait raréfié et la liberté de la presse contrôlée. Aujourd’hui, Huntington est la coqueluche de l’extrême droite US... et ses thèses sont en honneur depuis les attentats du 11 septembre. Ce courant est soutenu par des organisations, lobbies et "think tank" puissants ou influents (mais pas forcément tous néo-conservateurs) tels que : * Le Washington Institute for Near East Policy (Winep) (déjà ancien, fondé en 1985) : les deux principaux promoteurs de la guerre contre l’Irak, Richard Perle et Paul Wolfowitz, en furent des membres éminents, de même que Daniel Pipes, "une des voix américaines les plus hostiles aux Arabes et aux musulmans" (Joël Beinin). Daniel Pipes, dirige d’ailleurs un autre "think tank", le Middle East Forum, qui a fondé, avec Richard Kramer et Steven Emerson, un lobby, Campus Watch, qui s’est donné pour tâche de "dénoncer" les universitaires Américains spécialistes du Proche et du Moyen Orient trop opposés à leur thèses, "qui ont souvent l’air de ne pas aimer leur pays", puisqu’ils sont souvent eux-mêmes "des Arabes du Proche-Orient qui ont apporté leur idéologie avec eux". Récemment, Daniel Pipes a été nommé par le président Bush membre du Conseil d’administration du United States Institute for Peace, fondation financée par le Congrès et qui a pour tâche de promouvoir la prévention et la résolution pacifique des conflits internationaux. Tâche pour laquelle l’auteur n’est pas forcément le plus qualifié, au vu de ses prises de positions arabo et islamophobes, telles que celles qu’on retrouve dans un article de 1990 publié dans la National Review, où l’auteur affirme que "les sociétés d’Europe occidentales ne sont pas prêtes à l’immigration massive de peuples à la peau sombre qui cuisinent des mets étranges et ont des règles d’hygiène différentes (...). Mais les coutumes musulmanes sont les plus préoccupantes"... (Jöel Beinin ; Dominique Vidal). Richard Kramer, membre du Winep et responsable de la revue du Middle East Forum (le Middle East Quaterly), a publié en 2001 un texte incendiaire contre les spécialistes américains du Proche-Orient qui se seraient montré incapables d’avertir le public américain des dangers de l’islamisme (sans aucunement remettre en cause le rôle et les lacunes du FBI et de la CIA). Quant à Steven Emerson, journaliste et réalisateur, il avait réalisé en 1994 un documentaire proclamant que les Etats-Unis servent de base arrière aux terroristes islamistes (Jihad in America), et vient de publier un ouvrage en ce sens (Les Terroristes qui vivent parmi nous)


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