Je suis franchement en désaccord avec cet article. Je pense que l’auteur ne cible pas correctement la cause des problèmes qu’il dénonce.
Effectivement, il est anormal de se faire étiqueter antisémite dès qu’on exprime un désaccord avec l’état israëlien. D’accord, il est anormal que le passage à tabac d’un français d’origine maghrébine par deux néo nazis soit passés inaperçus. Enfin, il est anormal qu’il y ai une telle unanimité dans la presse régulière.
Mais je ne vois pas en quoi, c’est une conséquence du sionisme ! La pensée sioniste n’a rien à voir là dedans. D’ailleurs, Einstein était sioniste. Mais son sionisme se basait sur la nécessité absolue d’un deal honnête avec les arabes : rien à voir donc, avec le sionisme des colons ultra orthodoxes ou de la LDJ. Sionisme est un terme fourre tout, par conséquent imputer ses problèmes à un terme qui recouvrent des idéologies très différentes, c’est se fourvoyer.
Pour comprendre il vaut mieux essayer d’isoler une autre raison. C’est l’intransigeance. Plus précisément une forme d’intransigeance qui ne fait pas que refuser qu’on appelle au génocide, mais qui va jusqu’à refuser toutes formes de désaccord, même minime.
"Avec moi ou contre moi" : c’est ainsi que raisonnent les extrèmistes de tout poil. C’est ainsi que raisonnent une partie des sionnistes. Pour cette minorité, oser dire que le bombardement du liban était une erreur stratégique est tout à fait égal au fait d’arborer un brassard nazi. C’est là qu’intervient un second mécanisme, qui peut cette fois toucher la majorité de la population, ou au moins l’élite. En effet, le nazisme fait partie du passé : nous avons pu mesurer l’ampleur de l’horreur nazi et de fait, cette idéologie est ce qui se rapproche le plus d’une forme de mal absolu. Du coup personne n’aime à être traiter de nazi. Et comme on se rend compte qu’un pays entier, composé à priori d’une majorité de gens normaux, à basculé avec une facilité déconcertante dans cette horreur, on doute de soi même et on a peur de devenir un vrai prototype de nazi sans même s’en rendre compte. Cette peur conjugué aux dénonciations hystériques d’une minorité extrèmiste pousse à la situation actuelle : un désaccord avec Israël peut faire vous faire accuser de nazisme.
Voila pour l’exemple de l’intransigeance avec le sionisme. Mais alors en quoi est plus l’intransigeance que le sionisme qui est la cause de ce mal ? Tout simplement parce que mon raisonnement se tient que ce soit avec le sionisme ou avec une autre idéologie.
Finkelkraut avait cerné ce problème il y a quelque année avec l’antiracisme. Nombreux avaient été les personnes lui reprochant d’assimiler l’antiracisme à un racisme anti blanc systématique, à une nouvelle forme de totalitarisme mûre pour le XXIème siècle. Moi même je pense qu’il avait tort de voir l’anti racisme comme cause. En revanche, ses craintes pour les conséquences de l’antiracisme était fondé, pour la même raison que celle exposée précédemment : l’intransigeance. On commence par dénoncer les mauvais traitements et l’exclusion subie par les minorités, et c’est une bonne chose. Mais au fur et à mesure on finit par justifier tout et n’importe quoi au nom d’une tolérance qui le devient de moins en moins : vous n’êtes pas d’accord avec l’excision ? Raciste ! Vous n’êtes pas d’accord avec le port du voile ? Intolérant laïcard ! Vous refusez de passer l’éternité à vous flageller pour le crime de l’esclavage commis deux cents ans avant votre naissance ? Esclavagiste !
Et ce raisonnement s’applique à de très nombreux domaine : le communisme (l’huma des années 50 en est l’exemple le plus sordide), le capitalisme (version Mac Carthy), le libéralisme (l’école de Chicago qui voit des communistes partout), la religion (les croisades, l’inquisition, les conversions forcées aux Amériques, mais également Al Qaeda, le djihad etc... Même l’athéïsme), les complotistes (si vous n’êtes pas complotistes, vous êtes forcément un neoconservateurs etc...)
De fait, ce qui mène au totalitarisme, c’est l’intransigeance. Cela donne d’ailleurs de nombreux résultats qui paraissent au premiers abords totalement paradoxaux ! Des personnes donnent dans le racisme anti blanc étaient au départ des antiracistes ; une personne rallié au communistes par antifacisme devient totalitariste ; un juif ultra orthodoxe va en appeller à l’éradication des arabes au nom de la mémoire de la shoah ; des libertariens vont interdire les publications communistes ; Au nom des palestiniens, on va assimiler à des nazis tous les juifs. Bref, par peur du nazisme, par peur du mal, et par manque de pondération, nombreux sont ceux à se donner corps et âmes à des idéologies malévolantes.
En sommes nous là ? Oui. Il n’y a qu’à voir ce texte. L’intention de départ est bonne : vouloir garder la possibilité d’une saine critique. Mais comme la cause est mal identifiée : on dénonce le sionisme qui s’insère partout. De là à ce que le sionisme soit remplacée par la "juiverie", le pas risque d’être franchi très vite. Certains le font déjà allègrement.
21/09 15:33 - Io Camille Kaze
un lien : http://www.rue89.com/2013/09/13/lex-pink-floyd-roger-waters-les-cochons-volants-antisemite
08/12 15:18 - Courouve
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23/08 18:48 - marc
Ffi Excellent. Je n’arrive pas à comprendre comment Shlomo Sand peut être aussi (...)
23/08 18:01 - marc
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