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Commentaire de morice

sur Cette chanteuse était un cas


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morice morice 5 novembre 2008 13:15

Lors d’un débat à l’Institut du monde arabe, à Paris, Selim Nassib a évoqué « son homosexualité qui était un secret de polichinelle ». Il a alors été vivement contesté par un public qui l’a accusé de manquer de respect à Oum Kalsoum. « En fait, explique-t-il, dans le monde arabe on peut faire tout ce qu’on veut pourvu que cela reste caché. Ce qui est sacrilège, c’est de le dire. D’ailleurs, quel est l’homme qui pouvait prétendre la dominer puisqu’ils étaient tous à ses pieds. Sa véritable histoire d’amour c’est avec son public qu’elle l’a eue. Si elle a épousé son médecin quand elle a eu cinquante ans, c’est sans doute que, malade, elle a eu peur de vieillir seule ! »

« Se marier, précise Frédéric Lagrange, c’est se soumettre à l’autorité du mari. Oum Kalsoum a voulu être maitresse de sa carrière jusqu’au bout. Refuser le mariage a été de sa part un acte de volonté remarquable car les célibataires sont l’exception en pays islamique... Il y a meme un hadith qui prétend que le mariage est la moitié de la religion. Pour dire "marie-toi" on dit "complète ta religion". Oum Kalsoum était, dit-on, avare, tyrannique, egocentrique, ne supportant aucune rivalité. « Quand on a sur les épaules une popularité qui pese plusieurs millions de personnes, remarque Selim Nassib, il faut une certaine force de caractère, on ne peut pas être une gentille jeune fille. »

VOUS TRICHEZ TOUT LE TEMPS CALITO, tout le temps.... c’est EVIDENT.

Les cheveux dénudés mais les bras toujours couverts, Oum Kalsoum gardera l’aura d’une femme offerte et intouchable. D’autant que, comme dans la grande tradition pré-islamique, elle chante au masculin : « un genre neutre mais non asexué, précise Frédéric Lagrange, une convention de pudeur qui permet toutes les combinaisons amoureuses. »
. Après la défaite de 1967, face à Israel, les marxistes égyptiens l’accusent, explique Sélim Nassib, « d’être l’opium du peuple, d’encourager les penchants sentimentaux des Arabes qui chantent l’amour pendant que les Israeliens se preparent scientifiquement à la guerre ». Oum Kalsoum décide donc de relever le défi et commence une tournée historique du monde arabe pour « remobiliser le peuple ».

C’est l’époque où elle chante un hymne pro-palestinien qui a injustement été compris comme un appel antisémite : « Je me souviens des coupoles dorées de mon enfance et maintenant je vois des fils de fer barbelés... J’ai un fusil, je vais aller combattre avec les feddayin. »
Que reste-t-il de tout cela aujourd’hui ? Pas ses chansons patriotiques que le public a vite oubliées. Mais ses complaintes désespérées qui font revivre avec délectation le psychodrame de l’amour inacessible et habitent les moindres échoppes des villes ou des campagnes : encore plus présentes que la voix du muezzin qui arrive par mégaphone du haut des minarets.

Même les islamistes les plus extrémistes la vénèrent lorsque dans El Atlal (Les ruines), elle chante « Donne-moi la liberté, dénoue mes mains ». Avec elle, les femmes cloitrées rêvent de passions galantes, les paysans récitent des vers, les hommes se vautrent dans l’amour impossible pour une diva mâtinée de madone qui incarne tout à la fois Dieu, l’amante et la patrie... Si certains jeunes lui préfèrent les rythmes dansants de la jeel music qui est un peu l’équivalent egyptien du raï algérien c’est, comme l’explique un chauffeur de taxi du Caire, que « pour apprécier Oum Kalsoum, il faut avoir vécu son premier chagrin d’amour. »

Eliane Azoulay...

qui a écrit aussi ceci monsieur le MANIPULATEUR :
« C ’est un voyage en forme de retour aux sources auquel nous invite ce soir le réalisateur Nicolas Klotz. Un rendez-vous avec le secret et l’intime, la prière juive et le chant sacré. La musique qui accompagne les rituels hébraïques, la hazanout, est l’une des plus multiples et des plus étranges qui soient. Venue du fond des âges, elle a traversé les siècles et les continents, l’horreur, la joie et les chaos. Fidèle à tous ceux qui l’honorent, elle s’est intimemenet bercée et nourrie des multiples cultures des juifs de la Diaspora, en signe de respect et d’humilité. Au plus proche des textes du Livre, la hazanout, rythmée par la prière, devient mélopée, cantilation, pour mieux se faire entendre. Mais si variée soit-elle, elle reste unique et universelle dans sa tradition : dans les synagogues du monde entier, elle est guidée par un maître cantor, un hazan, figure légendaire du judaïsme, nommé et délégué par la communauté pour s’adresser à Dieu par le chant."


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