Je ne partage pas tout à fait votre analyse.
Un PS très affaibli est dangereux pour l’UMP :
- il permet au mécontentement de se manifester en interne. D de Villepin par exemple prépare sa candidature, mais celle-ci n’aurait aucune chance d’aboutir si le PS était fort (aucun élu ne prendrait le rsique de faire perdre don camp)
- il regonfle mécaniquement François Bayrou, qui est l’opposant le plus dangereux pour Nicolas Sarkozy.
C’est bien sûr le second point qui est critique : si le PS est affaibli au point que Bayrou se qualifie au second tour, les chances deviennent égales, tandis que Nicolas Sarkozy conserve une belle longueur d’avance en cas de duel avec un(e) candidat(e) de gauche (le FN a disparu, et un président sortant a toujours l’avantage).
La crise du PS est donc bonne à court terme pour l’UMP, qui craint beaucoup le résultat des élections intermédiaires (européennes, régionales), mais dangereuse à moyen terme. C’est la raison pour laquelle vous verrez l’UMP s’acharner sur Bayrou plutôt que sur le PS à partir de 2010.
En revanche, je partage votre analyse sur la sociologie du PS : une partie des couches les plus défavorisées sont parties vers Besancenot, tandis que les classes moyennes se tournent vers Bayrou. Pire, Bayrou est plus compatible avec la France profonde que les dirigeants PS très parisiens. C’est la raison pour laquelle Ségolène Royal a adopté une attitude beaucoup moins intellectuelle, mais qui heurte l’appareil.
Le PS a pourtant la chance de dominer les collectivités locales, qui devraient être le terreau d’une recomposition et d’une fertilisation par la base, mais il semble que l’appareil soit trop figé pour permettre une vraie modernisation. Bref, c’est mal parti.