Le cannabis est une pourriture totale, un destructeur de connexions neuronales doublé d’un vecteur de marginalisation. Le légaliser selon des finalités thérapeutiques, peut-être, à condition que ce soit scientifiquement encadré. Le légaliser pour que tout un chacun puisse se défoncer "dans les clous", ce serait n’importe quoi. Je suis sceptique quand on me dit qu’il n’y a pas d’accoutumance. Les fumeurs que je connais ne me donnent pas cette impression. Quant aux effets de cette dope dite douce, fréquentez des fumeurs et vous pourrez en parler mieux qu’eux, sachant qu’ils ne se rendent compte de rien. Les yeux explosés, dérivant dans leur parano, pilotant plus que conduisant quand ils prennent le volant, rigolant comme des nazes. Pas mieux que les alcoolos ordinaires que certains d’entre eux fustigent avant d’en rejoindre les rangs. Pas mieux non plus que les addicts aux dopes légales fournies par le bon médecin de famille pour une insomnie, une déprime, un stress dont la sophro permettrait, avec certes un petit peu plus d’efforts, de venir à bout.
Le cannabis est devenu une espèce de substitut de subversion. On en fume pour dire qu’on se ménage son petit pré carré de transgression cool dans un monde trop lisse et fliqué. On en fume et on dit qu’on en fume comme on disait jadis qu’on avait pris sa carte du Parti. Comme subversion, il y a mieux, sachant que le fumeur ordinaire engraisse à la fois les mafias de la dope, et ce à tous les niveaux, les multinationales du tabac, et M. Bolloré, qui fournit le papier. Puis ça devient une habitude comme le rouge limé servi au rade pendant qu’on scrute l’écran du Rapido, et l’habitude aveugle aux ravages des effets sans rien résoudre des causes.
Les causes sont multiples, on y est souvent étranger mais la prise de recul par rapport aux causes, la liberté qu’on retire de ce recul, le refus de faire comme le copain qui voudrait avoir l’air cool quitte à passer pour un blaireau... C’est pas de la morale que je fais là, je dis seulement que la dope, quelle qu’elle soit, est une autre forme de l’oppression. Après, vous pensez ce que vous voulez.