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Commentaire de Absurde

sur C'est quoi les années zéro zéro


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Absurde Absurde 2 janvier 2009 11:41

Article hyper-passionnant, et j’applaudis de mes sept mains de mutant.

C’est vrai que dans les années soixante on était porté vers l’avenir. Dans mon petit quartier il y avait un "Bar de l’Avenir" (minuscule et tenu par deux petits vieux), on voyait des voitures aux lignes futuristes, des feuilletons dont l’action se déroulait dans le futur, des bandes dessinées mettant en scène des personnages bardés de gadgets, flanqués de lieutenants extraterrestres et de robots, partant à la conquête de planètes lointaines et de dimensions parallèle, bref, on se projetait. 

Là, depuis une petite dizaine d’années, on voit se mélanger toutes les époques de l’après-guerre au niveau du style, on nous ressort des Fiat 500, des Cox, des Thunderbird et des Mustang à peine redessinées, certaines bagnoles ont un design inspiré des années 30, les nanas retrouvent un look seventies, les ados découvrent les 33 tours de leurs parents, on baigne dans une espèce de nostalgie béate de ce qui n’a en fait jamais été... Car quiconque a un peu connu les années 60 et 70 peut dire que ce n’était pas, loin s’en faut, une époque si transcendante qu’ont l’air de le croire ceux qui n’étaient pas né en ce temps-là. Notez que ma génération (je suis né en 60) est tombée dans le même piège à propos des années 50, et qu’il se trouvait fort heureusement des contemporains de cette décennie pour nous rappeler qu’on voyait rarement des Cadillac bicolores pilotées par des rockers dans les rues de Massy-Palaiseau et qu’on entendait davantage Piaf et Chevalier sur Europe N°1 que MM Presley ou Gene Vincent. 

Le fait est qu’aujourd’hui, non seulement on peine à se projeter dans l’avenir, mais on a du mal à vivre le présent. Aucun courant artistique, littéraire, musical ne se dégage de la masse de micro-courants existants. Politiquement on a l’impression d’avoir fait le tour de toutes les utopies pour se rabattre sur un néolibéralisme par défaut qui, moi, me fait penser à cette obsession de l’argent qu’ont certaines vieilles dames qui ont été belles et qui sont revenues de tout. 





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