L’auteur commence son propos ainsi : ""En ce début de nouvelle année, Les Echos rapportent une information inquiétante."" Inquiétant peut-être Mr Moreigne, mais inquiétant pour qui ?
Vous écrivez : ""Face à la crise deux approches s’opposent. L’une largement minoritaire qui prône un protectionnisme intelligent. L’autre, dominante, hantée par le spectre de la récession de 1929.""
La première, le protectionnisme intelligent serait tout simplement de démocratiser les décisions de l’OMC. Qu’au lieu de laisser les multinationales y faire la loi, les décisions y soient prises à l’unanimité des voix selon le principe : un pays concerné une voix pour les décisions. Aujourd’hui, les pays pauvres ne sont même pas présent lorsque des décisions les concernant y sont prises. Voir entre autres mon article "L’OMC, le bras armé de la main invisible". Au passage je remarque qu’un article qui traite du protectionnisme sans évoquer une seule fois l’OMC ne saurait être sérieux.
L’autre approche que ne cite pas explicitement l’auteur, est j’imagine celle que préconise d’Eric Le Boucher inénarrable protecteur des forts, et dont le titre de l’article cité est à lui seul un modèle de novlangue : "Résister au protectionnisme", une sorte d’oxymore : résiste-t-on à un gilet pare-balle ?
Il me paraît évident que le "libre échange" profite aux pots de fer contre les pots de terre. Il me paraît évident aussi que l’alternative imposée aux pots de terre par les pots de fer soit "peste ou choléra" : blocus économique ou pillage sans merci des ressources naturelles. D’un coté l’Afrique qui se voit offrir des décors de cartons pâte en échange de ses richesses naturelles (*), de l’autre Cuba qui a lourdement payé pour le savoir, de 50 années de blocus économique.
La globalisation capitaliste est un leurre, tous les pays pauvres le savent désormais. Et ce n’est pas le vice président équatorien qui me contredira, lui qui a dit : "la société équatorienne n’a pas à rembourser les " dettes illégitimes " laissées par des gouvernements aux ordres d’organismes financiers internationaux, eux-mêmes au service des créanciers privés."
L’Equateur met la finance sur le banc des accusés et répudie sa " dette illégitime "
(*) Pour en savoir plus, écouter "Terre à terre", l’émission de Ruth Stégassy du 3/1/9 sur France Culture : "industries extractives en Afrique : l’Europe mine l’Afrique". Le témoignage de Thérèse Mékombe (Pte de l’association des femmes juristes du Tchad) est particulièrement accablant.