Le prisme de Robert Faurisson est certainement influencé par le fait qu’il a perdu son emploi d’enseignant en raison des agissements de l’Union des étudiants juifs de France. J’ai déploré à l’époque qu’il assimile le révisionnisme à une Intifada et qu’il fasse aliance avec les islamistes.
Reste que c’est à ceux qui affirment les gazages homicides d’établir ce fait autrement que par une loi qui en interdit la contestation et, de fait, la recherche sur ce sujet.
Mais laissons Faurisson. On ne peut mépriser aussi facilement les réflexions suivantes :
Jacques Bouveresse, professeur au Collège de France, relativement à la réalité d’un événement historique (discussion avec l’historien de la littérature Paul Veyne) : « La croyance que les chambres à gaz ont existé est [...] vraie ou fausse, même si (peut-être) il est difficile de savoir ce qu’il en est réellement. »
le philosophe Jean-François Lyotard : "comment savoir que l’adversaire est de mauvaise foi tant qu’on n’a pas cherché à le convaincre et qu’il n’a pas manifesté par sa conduite son mépris des règles scientifiques ?"
Edgar Morin : « Il importe à mon avis de re-vérifier la chambre à gaz dans les camps nazis. Mais ce qui est établi sans conteste, c’est l’entreprise exterminatrice ».
Le philosophe heideggerien Jean Beaufret (1907-1982) écrivit à Robert Faurisson : « Nous assistons visiblement à la "définition" d’un dogme historique [...] ici, il ne s’agit pas de doctrine. C’est simplement, comme dit le Leibniz des Nouveaux Essais [1704], ’’un point de fait ou d’histoire’’ »
Je rappelle que la loi Gayssot est déplorée par la majorité des historiens et des juristes, que le Sénat l’a refusée, et qu’elle n’a pas été contrôlée par le Conseil constituionnel.