"Dans un monde de plus en plus mondialisé, le respect de la foi de chacun est une condition essentielle de cohabitation pacifique."
Je pense que tout tourne autour de cela. Car le "monde mondialisé" se traduit par "monde occidentalisé".
Khomeiny est venu au pouvoir après des années de luttes, qui commencèrent avec la mondialisation de l’époque : le colonialisme.
Il combattit des monarques, "amis" de l’occident, qui poussaient la perse vers un modèle turc.
La révolution iranienne na qu’un but : protéger l’héritage culturel et intellectuel développé depuis les temps pré-islamiques en perse.
Croire que cet héritage n’est qu’un salmigondis de rituels arbitraires et de lois moyenâgeuses relève de l’inculture.
Le problème des mollahs avec le bahaïsme, c’est qu’il se base sur un substrat chiite, mais le dénature profondément.
Lorsque l’ayatollah Khamenei (actuel guide de la révolution) dit : "La croyance en l’Imam Mahdi (que Dieu hâte son retour) n’appartient pas uniquement aux chiites, ni même aux musulmans. C’est l’attente de toutes les nations du monde, un espoir du genre humain qui permettra à l’Humanité de connaître le bonheur.", un bahaï ne dirait pas autre chose. Mais les ayatollahs sont des "universitaires", ils proviennent d’écoles ou l’on enseigne la philosophie, la jurisprudence et la gnose. Et ils n’admettent pas qu’on puisse tenir un discours aux implications théologique énormes, sans avoir la parfaite maîtrise de sa démonstration. Les ayatollahs ont une sainte horreur des discours simplistes de communion universelle qui font de chaque plouc mystique qui traîne un docteur en théologie auto-proclamé (c’est le problème auquel Ratzinger s’attaque ces temps-ci, arrêter les courants dits "catholiques’ qui font du grand spectacle à l’américaine, type évangélistes, et dont le discours est imprévisible).
Or, dans le contexte de mondialisation agressive cité plus haut, et la conservation du patrimoine intellectuel de la religion chiite étant le but affiché des mollahs, le bahaïsme constitue une menace, un vecteur de dénaturation vers l’universalisme et le relativisme mou de l’occident. Les mollahs sont résolus à toutes les méthodes pour la contrer.