Jacques Attali, on connaît ses talents. Une certaine capacité de toucher à tout et de survoler beaucoup. En résumé, de passer du rôle d’éminent conseiller de François Mitterrand à celui de président de la Berd, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, tout en brodant sur le changement du monde et le développement du nomadisme moderne - ou encore sur l’enseignement supérieur et le Web.
Convoqué par le juge Courroye, il a dû s’expliquer sur les honoraires qui ont été payés à son agence de conseils par Pierre Falcone, dans le cadre de l’instruction ouverte sur l’affaire de la vente d’armes à l’Angola et diverses opérations présumées de blanchiment.
Une convocation qui s’est soldée par une mise en examen pour « recel d’abus de biens sociaux et trafic d’influence ». L’influence en l’espèce aurait porté sur l’obtention d’un aménagement du redressement fiscal infligé à Falcone via ses sociétés.
Dans le pot-pourri qu’est l’affaire Falcone, qui mêle affaires immobilières, vente d’armes et des rémunérations diverses, Jacques Attali apparaît d’abord aux yeux des enquêteurs de la brigade financière sous la rubrique « Jacques A ».
L’affaire - qui porte notamment sur les armes vendues à l’Angola par Falcone et son allié, Arcadi Gaydamak, pour 510 millions de dollars en 1993 et 1994 - est pleine de surprises : les policiers le savent. Elle mêle la droite dure, le RPR et les socialistes, avec la présence de Jean-Christophe Mitterrand, de Gérard Peybernès, l’ancien responsable de l’association de financement du PS, qui a tenté de s’investir dans une opération de vente de camions militaires au Congo.
Interrogé le 1er décembre, Attali avait d’ailleurs admis ses relations avec Falcone, racontant par le menu un voyage effectué en sa compagnie à Luanda - « J’ai eu l’impression que monsieur Falcone disposait de la totale confiance du président angolais et de ses collaborateurs » - ou narrant une rencontre avec le gouverneur de la banque centrale.
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